Entreprises françaises : l'audace d'innover pour perdurer !
Et si le plus grand risque était de ne rien changer ? Face au décrochage français, oser innover permet de libérer du temps, financer ses ambitions et retrouver un avantage compétitif.
En cette semaine, alors que les journalistes couvraient l’ouverture du Salon de l’Auto, j’entendais sonner l’oraison funèbre de l’industrie automobile européenne, désormais dépassée par une Chine longtemps perçue, dans ce secteur, comme un acteur de la sous-traitance. Une pierre de plus dans le jardin de l’économie française qui n’en finit pas de décrocher. Pourtant, certains fleurons industriels, parfois tricentenaires, prouvent qu’innover et transformer ses pratiques restent la clé de la longévité. Face au risque de décrochage, une seule issue : cesser d’attendre et retrouver l’audace d’innover.
L’économie française tourne au ralenti : au deuxième trimestre 2026, le PIB est resté stable, selon l’Insee. Au quotidien, on voit un décrochage qui s’annonce comme durable. Un ressaisissement collectif s’impose pour dégripper la machine et l’innovation apparaît comme une voie incontournable. À l’heure où l’intelligence artificielle transforme les métiers et les organisations, nos entreprises disposent de nombreux atouts pour gagner en efficacité et financer leurs ambitions. Mais trop souvent, une même question freine le passage à l’action : "Qui l’a déjà fait ?". Plutôt que d’expérimenter, certaines préfèrent attendre qu’un pair ou un concurrent adopte un changement ou qu’il se généralise. Une prudence qui peut coûter cher, comme l’illustre l’industrie automobile européenne, aujourd’hui contrainte d’accélérer sa transformation face à des constructeurs chinois qui ont su prendre une longueur d’avance. L’audace commence précisément là où s’arrête l’attentisme.
Un des premiers mantras que j’ai découverts dans la Silicon Valley m’a particulièrement marqué : "Fail fast, learn faster, and scale what works". Autrement dit, accepter de se tromper vite pour apprendre encore plus vite, puis déployer à grande échelle ce qui fonctionne. Car l’échec n’est pas l’ennemi de l’innovation mais bien souvent son point de départ. À force de vouloir anticiper chaque risque et sécuriser chaque décision, les entreprises finissent parfois par freiner leur propre transformation. Le véritable risque n’est pas de se tromper mais de changer trop tard, ou pire, de ne jamais essayer.
Le monde anglo-saxon cultive une approche du risque bien différente, transformant le changement en levier de compétitivité. Un exemple marquant : ce client britannique qui avait exigé douze mois d'exclusivité sur son marché pour déployer une technologie émergente. Loin de temporiser, son pari était de prendre une longueur d'avance décisive en transformant radicalement l'exploitation de sa data et le service rendu.
La gestion des voyages professionnels ne fait pas exception : innover, notamment en déployant des solutions technologiques avancées, est un levier de performance à bien des égards. Chez Navan, nous le constatons chaque jour : simplifier la gestion des déplacements professionnels permet de libérer du temps mais aussi des ressources financières. À l’échelle de grands groupes dont les programmes de voyages représentent parfois des centaines de millions d’euros, une optimisation des dépenses même de “seulement” quelques points peut dégager des moyens considérables, susceptibles d’être réinvestis dans l’innovation, la recherche ou le développement de nouvelles activités. La transformation des programmes de voyages peut devenir un véritable levier de compétitivité.
À l’inverse, l’attentisme a un coût souvent sous-estimé. Le temps passé à reprogrammer un vol annulé, à rassembler des justificatifs ou à saisir des notes de frais représente autant de temps qui n’est pas consacré aux clients, aux projets ou à la création de valeur. Ces coûts invisibles s’accumulent tandis que d’autres entreprises modernisent leurs pratiques et prennent de l’avance. Or, optimiser la gestion des voyages professionnels peut permettre de réaliser 10 à 20 % d’économies sur les budgets concernés, soit des montants considérables à l’échelle des grands groupes. La véritable question n’est donc plus seulement de savoir combien coûte le changement, mais combien coûte le fait de ne pas changer.
Le changement produit aussi un "dividende humain" : moins de temps perdu dans les démarches administratives, moins de stress face aux imprévus et davantage de disponibilité pour les clients et les projets. Ce temps rendu aux équipes leur permet de mobiliser leurs compétences et de prendre des initiatives. Il donne à la transformation un bénéfice tangible au quotidien. Une différence qui, pour certaines entreprises, peut s’avérer décisive pour leur pérennité.
Dans un contexte économique exigeant, les entreprises françaises doivent avoir le courage et l’audace d’impulser le changement. Innover est devenu une question de survie pour nos entreprises. C’est la seule voie pour enrayer le décrochage de l’économie française et lui permettre de retrouver sa place sur le devant de la scène.
La France qui a développé le TGV et qui a vu naître le Concorde possède (encore) tous les atouts pour porter de nouvelles ambitions. Nos entreprises peuvent faire renaître cet élan en se donnant le courage d’être précurseurs, en donnant à leurs équipes les moyens d’innover et en cultivant la confiance nécessaire pour impulser le changement.
Par Zahir Abdelouhab, SVP EMEA chez Navan