Si vous touchez ce salaire en 2026, vous faites partie des salariés les plus pauvres en France : l'Insee fixe les seuils de pauvreté
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Si vous touchez ce salaire en 2026, vous faites partie des salariés les plus pauvres en France : l'Insee fixe les seuils de pauvreté

Faites-vous partie des travailleurs les plus pauvres du pays ? Du revenu médian aux seuils des 10% les plus pauvres, voici les chiffres clés de l'Insee qui définissent la hiérarchie en 2026. Analyse des chiffres qui marquent l'économie française cette année.

En 2026, c’est un chiffre qui divise la France : 2 200 euros nets par mois, soi le salaire médian. C'est à dire que la moitié des travailleurs du pays gagne plus que cette somme et l'autre moins. Mais cette frontière ne suffit pas à trancher une question centrale : fait-on partie des salariés les plus pauvres ?

Pour y répondre, il faut se plonger dans la Base Tous salariés, vaste ensemble de données actualisé chaque année par l’Institut national de la statistique (Insee).

En l’analysant, on y découvre les métiers les moins payés : les esthéticiens, coiffeurs salariés, fleuristes, buralistes et surtout les apprentis boulangers, bouchers et charcutiers, officiellement la profession la moins bien rémunérée en France. Au milieu de ces tableaux, un chiffre ressort.

1 820 euros. Etre payé sous ce seuil, c’est faire partie des 30% des salariés les moins bien payés du pays. Mais le seuil diffère d’un travailleur à l’autre. Pour un homme, il passe à 1 880 euros par mois et pour une femme, il tombe à 1 760 euros.

Appartenir aux 10% des salariés les moins bien payés implique de toucher un salaire mensuel inférieur à 1 490 euros. Cela signifie donc que 90% des travailleurs perçoivent une rémunération supérieure à ce niveau.

De l'autre côté de l'échelle sociale, les 10% des salariés les mieux payés gagnent 4 330 nets par mois et le 1% le plus élevé, 10 260 euros. En clair, là où un salarié très riche doit attendre moins de dix mois pour toucher la coquette somme de 100 000 euros, il faudra plus de cinq ans pour un salarié très pauvre.

Précisons que ces chiffres sont exprimés en équivalent temps plein et ne s'appliquent qu’aux salariés du privé, y compris alternants, stagiaires et bénéficiaires de contrats aidés, hors salariés de l’agriculture et des particuliers employeurs. Dans la fonction publique, la donne change.

Pour appartenir aux 10% des fonctionnaires de l'Etat les moins bien payés, le salaire mensuel doit être inférieur à 1 707 euros nets. Le seuil est plus élevé dans la fonction publique hospitalière : 1 859 euros nets par mois. Il est en revanche bien plus bas dans la fonction publique territoriale, avec un plafond fixé à 1 597 euros nets. Dans ces catégories, on retrouve les surveillants en milieu scolaire, les accompagnants éducatifs et sociaux ou les agents administratifs des collectivités locales.

Mais le salaire seul ne permet pas de connaître totalement les réalités économiques d'un travailleur. Par exemple, les salariés les plus modestes perçoivent naturellement une part importante de prestations sociales non contributives, ce qui fait grimper leur revenu total : aide au logement, chèque énergie ou prime d'activité représentent près d'un tiers du revenu des ménages vivant sous le seuil de pauvreté. Et à l'inverse, les revenus patrimoniaux fonciers et financiers représentent près d'un cinquième des revenus des classes très aisées, 10% de la population.

Bonne nouvelle cependant, le statut des travailleurs n'est pas figé en France. Dans une étude portant sur l'ascension sociale, l'Insee montre qu'environ 40 % des actifs occupent une meilleure situation professionnelle que leurs parents. Plus généralement, cette mobilité ascendante est plus fréquente que le déclassement ou l'immobilité. Au cœur de ces parcours, un facteur : le niveau de diplôme, véritable levier de progression sociale, selon l'Insee.