Les impôts écrivent à des millions de salariés et retraités pour les avertir qu'il leur reste peu de temps pour diminuer leur impôt
L'administration fiscale lance l'alerte. La Direction générale des Finances publiques (DGFIP) a envoyé un mail aux 41 millions de contribuables qui ont rempli une déclaration de revenus cette année. Parmi les destinataires figurent les 17,2 millions de retraités français ainsi que plus de 20 millions de salariés. Bon nombre d'entre eux doivent prêter la plus grande attention à cette communication puisqu'elle a pour objet leur prélèvement à la source.
Le prélèvement à la source est l'un des principaux moyen de collecter des impôts en France. Tous les mois, un prélèvement est appliqué sur les salaires et les pensions de retraite perçus par les travailleurs et les retraités redevables de l'impôt. Ce prélèvement correspond à un pourcentage calculé selon les revenus de chaque contribuable. Concrètement, un salarié dont la rémunération s'élève à 2 000 euros net par mois et dont le taux de prélèvement à la source est de 3%, sera prélevé mensuellement de 60 euros. A la fin du mois, le salarié recevra sur son compte en banque un versement de 1 940 euros.
Or, en 2025, de nombreux foyers ont procédé à une modification de leur taux de prélèvement à la source. Souvent c'est parce qu'ils ont anticipé une hausse ou une baisse de leurs revenus cette année : augmentation de salaire, période de chômage, changement de situation familiale (mariage, pacs, naissance d'un enfant, etc). Autant de situations qui engendrent une modification du montant de l'impôt sur le revenu qu'ils devront payer en 2026.

Augmenter volontairement son taux de prélèvement à la source permet d'éviter d'avoir à payer un reliquat trop important aux impôts l'année suivante. À l'inverse, réduire son taux de prélèvement à la source permet d'augmenter sa rémunération nette mensuelle, une option particulièrement intéressante pour les contribuables qui payent peu d'impôts. Concrètement, si une personne a trop d'impôts à payer en 2026, c'est que son taux de prélèvement à la source en 2025 était trop bas. Si, au contraire, un contribuable reçoit un important remboursement du fisc en 2026, c'est que son taux de prélèvement à la source était trop élevé en 2025.
Or, modifier son taux de prélèvement à la source nécessite une certaine vigilance. En effet, le mail de la DGFIP rappelle aux contribuables que toute modification effectuée en 2025 demeure valable uniquement jusqu'au 31 décembre prochain. Les contribuables souhaitant maintenir ce taux pour l'année 2026 doivent impérativement se connecter, avant le 6 décembre prochain, à leur espace personnel sur le site impots.gouv.fr.
Ils doivent accéder à la rubrique "Gérer mon prélèvement à la source", puis sélectionner le menu "Actualiser suite à une hausse ou une baisse de vos revenus". Les contribuables doivent alors estimer leurs revenus pour l'année 2026. Cela permettra la reconduction de leur taux personnalisé de prélèvement à la source pour l'année prochaine. Si les contribuables accomplissent cette démarche avant le 6 décembre, alors l'administration fiscale pourra transmettre le taux à l'employeur qui verse le salaire (pour les travailleurs) ou à la caisse de retraite qui verse la pension (pour les retraités).
En l'absence de toute intervention du contribuable avant la date limite, le taux de prélèvement à la source appliqué en 2026 sera le taux calculé à partir de la dernière déclaration de revenus. Un taux établi sur les revenus perçus en 2024, qui risque de ne pas correspondre à la situation financière actuelle du contribuable.