Double hausse pour des millions de propriétaires en 2026 : une ligne s'ajoute à la taxe foncière et la taxe d'habitation

Double hausse pour des millions de propriétaires en 2026 : une ligne s'ajoute à la taxe foncière et la taxe d'habitation

Des millions de propriétaires vont payer un nouveau prélèvement intégré à leur taxe foncière et leur taxe d'habitation. De nombreuses communes vont appliquer cette nouvelle taxe.

Une hausse peut en cacher une autre. Cette année encore, la taxe foncière va augmenter. Selon l'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee), 57,4% des ménages français sont propriétaires d'au moins un bien immobilier. Au total, 38 millions de personnes vont donc devoir mettre la main à la poche.

En cause, chaque année, le montant de la taxe foncière évolue selon le niveau de l'inflation enregistré au mois de novembre de l'année précédente. Or, puisque l'Insee a calculé un taux d'inflation à 0,8% en novembre 2025, cela signifie que la taxe foncière va connaitre une augmentation minimale de 0,8% dans toutes les communes françaises en 2026. Le montant moyen de cet impôt local atteindra environ 1 100 euros par propriété.

Cependant, pour plusieurs millions de propriétaires français, cette augmentation liée à l'inflation ne sera pas la seule à laquelle ils devront faire face. Le gouvernement a en effet l'intention d'augmenter un prélèvement intégré directement à la taxe foncière et à la taxe d'habitation sur les résidences secondaires. La hausse de ce prélèvement viendra donc gonfler la facture payée par tous les propriétaires redevables de ces impôts locaux.

Il s'agit de la taxe Gemapi, acronyme de "Gestion des milieux aquatiques et de la prévention des inondations". Cette taxe sert, comme son nom l'indique, à financer des infrastructures pour protéger la commune des inondations en construisant des digues ou des bassins de rétention d'eau, par exemple. La taxe Gemapi est facultative, c'est-à-dire que les communes ont la liberté de l'ajouter ou non à la taxe foncière et à la taxe d'habitation sur les résidences secondaires qu'elles réclament à leurs administrés. Selon les données de l'Union nationale des propriétaires immobiliers (UNPI), près de 79% des communes en France prélevaient cette taxe en 2024, alors qu'elles n'étaient que 2% à le faire en 2017.

Dans un amendement ajouté au projet de loi de finances pour 2026, le gouvernement propose de relever le plafond de cette taxe. Actuellement fixé à 40 euros par habitant, ce plafond passerait à 50 euros, soit une augmentation de 25%. Dans la grande majorité des cas, les communes qui ont instauré la taxe Gemapi appliquent le plafond maximum.

L'exécutif justifie cette augmentation du plafond par la nécessité de mobiliser des fonds pour faire face à la montée des eaux. Dans l'exposé de l'amendement gouvernemental, il est précisé que "le recul du trait de côte affecte environ un cinquième du littoral français à des degrés variables".

Cette mesure consistant à relever le plafond de la taxe Gemapi a de grandes chances d'être adoptée, car elle provient d'un amendement déposé par le gouvernement. Or, puisque ce dernier envisage d'utiliser l'article 49.3 de la Constitution pour faire adopter le budget, il pourrait ainsi inclure cet amendement dans la version finale du texte. En cas de succès de la procédure, la loi sera promulguée et les communes seront libres d'augmenter la taxe Gemapi d'une dizaine d'euros.