Les conteneurs et microservices au service de la puissance IT moderne

Des approches innovantes ont fait leur preuve dans leur capacité à libérer les infrastructures historiques pour les rendre plus souples, en les convertissant en microservices.

Ces dix dernières années, les géants du web ont montré un engouement sans précédent pour les conteneurs. En 2006, Google a ouvert la voie avec les ingénieurs Paul Manage et Rohit Seith à qui nous devons la définition et la mise en œuvre des premiers conteneurs logiciels. Le géant de la Tech avait alors lancé, avec Kubernetes, une version open source de la solution d’une valeur inestimable.

Mais Google a rapidement fait des émules et Amazon, Facebook, Twitter et Netflix se sont empressés de suivre le mouvement. Alors, si les grandes puissances mondiales de l’innovation technologique adoptent toutes les conteneurs, pourquoi pas toutes les entreprises ?

La puissance des conteneurs

Pourquoi les conteneurs sont-ils si attractifs ? Cette innovation est le carburant de l’évolution numérique de secteurs entiers de l’industrie, pour les nouvelles sociétés comme pour les acteurs établis. A l’ère numérique, l’innovation naît des déploiements fréquents de nouveaux logiciels et de leurs mises à jour. C’est ce que fait Amazon 50 millions de fois par an, ce qui explique comment l’enseigne est devenue une immense puissance de distribution. De nouveaux services de vente au détail sont déployés chaque seconde et les existants sont améliorés à un rythme extrêmement soutenu.

Comparons ce rythme d’évolution avec celui d’une entreprise utilisant des applications historiques. Même si son infrastructure mainframe fournit un back-end pour les services internet du numérique, à quelle fréquence annuelle ces systèmes sont-ils mis à niveau ? Les meilleures entreprises en la matière programment ces mises à niveau chaque trimestre. Mais elles jouent un tout autre jeu que leurs concurrents du web avec qui elles ne pourront jamais rivaliser.

Cependant, des approches innovantes ont fait leur preuve dans leur capacité à libérer les infrastructures historiques pour les rendre plus souples. La technologie Software Defined Mainframe (SDM) permet, par exemple, aux entreprises utilisatrices d’applications mainframe de tirer profit de l’échelle et de l’agilité des conteneurs, et d’exposer leur logique métier sous forme de services ou de microservices. Les géants du web déploient très rapidement leurs nouveaux services ou mises à jour car ils sont conçus pour rester légers. Les microservices sont de petits composants logiciels, spécialistes d’une ou d’un petit nombre de fonctions métier.

Les limites et les dépendances de ces microservices sont extrêmement explicites et claires, puisque définies par leur communication avec d’autres microservices sur le réseau. Amazon a révélé récemment que plusieurs centaines de ses microservices sont mobilisés pour le moindre achat sur son site web.

Les conteneurs, un pas vers l’agilité

Ces frontières claires et explicites réduisent grandement le périmètre des tests qui en deviennent bien plus simples. Une seule fonction suffit à les automatiser avec de considérables gains de productivité à la clé. Comment pourrait-on s’y prendre autrement pour rivaliser à l’échelle des géants du web ? Les habituelles craintes d’avant production émanent des doutes quant aux tests des systèmes hérités.

De nombreux constructeurs de systèmes mainframes ignorent s’ils ont tout testé du fait du caractère monolithique et complexe des systèmes. Avec des fonctions logicielles plus simples et limitées, soutenues par des solutions d’automatisation des tests, les entreprises peuvent déployer les changements en continu, en s’exposant à des risques réduits du fait du moindre encombrement de ces microservices. Cela est différent pour les applications mainframes héritées. Ces grands systèmes monolithiques complexes avec pléthore de programmes, ultra dépendants les uns des autres, doivent être testés dans leur intégralité pendant plusieurs semaines afin de « trouver l’aiguille dans la botte de foin ».

Les microservices, le chemin vers la modernité

Pour s’engager sur le chemin de la modernité IT, les entreprises doivent veiller à inscrire ces systèmes hérités dans un contexte plus digital et agile. Cela est possible en transformant les monolithes en une myriade de microservices indépendants, sans modification du code source.

En permettant aux programmes Commarea sous COBOL de devenir des microservices, hyper connectés aux nouvelles applications conçues pour les réseaux mobiles et sociaux, l’innovation peut prospérer sur les fondements mêmes de l’entreprise.

Exposer les « bijoux de la couronne » comme des microservices permet de les réutiliser dans le cadre de solutions numériques modernes. Une banque, avec des dizaines de milliers ou des millions de lignes de code COBOL servant à déterminer la valeur de ses clients, peut réutiliser ces fonctions, sans perdre de temps et d’argent pour les réécrire en Java ou dans un autre langage informatique moderne. Des solutions existent pour isoler les programmes hérités et faire de cette fonction « d’évaluation des clients » un microservice séparé, utilisable par l’ensemble des applications de la banque.

En utilisant des techniques automatiques d’analyse des applications, les équipes IT comprennent clairement quels sont les programmes mobilisés pour contribuer à la fonction métier et elles peuvent ainsi les exposer sous forme de microservices.

A l’ère du numérique, les mises à niveau logicielles sont le nerf de l’innovation. Mais les entreprises doivent d’abord trouver une solution capable d’exploiter toute l’énergie inhérente aux actifs logiciels hérités pour la transmuter dans des services dynamiques à l’évolution rapide, et espérer jouer à armes égales avec les géants du web.

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