Cap sur 2025 : quand l’imprimerie rend le monde plus intelligent

Comment le secteur de l’imprimerie se réinvente pour instiller davantage d’intelligence dans le monde de demain. De l’emballage connecté à la production à la carte, les avancées du secteur profiteront à tous les pans de la société.

Si l’émergence de l’impression numérique a causé un bouleversement sans précédent et une refonte totale du métier, ce n’est rien à côté de ce que l’avenir réserve au secteur qui va devoir repenser sa façon d’appréhender l’impression et les possibilités qu’elle engendre. Impression graphique numérique, impression fonctionnelle et impression 3D structurelle : tel est le trio qui composera le visage de l’imprimerie de demain. De l’emballage connecté à la production à la carte, les avancées du secteur profiteront à tous les pans de la société.

Accroître la proposition de valeur en misant sur l’impression graphique numérique

Le recours à l’impression numérique couleur dans la communication visuelle est appelé à se généraliser très rapidement, boosté par l’apparition de nouveaux types d’encres et de toners capables d’améliorer la qualité de l’image et d’y intégrer des effets spécifiques. Outre le tirage de documents, un des principaux relais de croissance pour les entreprises du secteur viendra de leur capacité à effectuer des impressions numériques sur un éventail de matériaux plus étoffé que jamais.

En effet, l’impression numérique sur cartons, boîtes et objets permettra aux transformateurs et aux fabricants de proposer des services de plus en plus intéressants : dont la personnalisation de dernière minute, la réalisation de prestations à la carte et la production de panneaux d’affichage prêts à l’emploi… Grâce aux progrès des nouvelles technologies, les entreprises pourront d’ici peu profiter de tous les avantages du numérique — avec la qualité d’image et le coût de production d’une impression classique — et accéder à une plus large palette de supports d’emballage allant des aluminiums aux films en passant par les plastiques et métaux. D’ici 2025, les presses en ligne numériques équiperont les centres de distribution et les usines, et des presses et kiosques spécialisés s’installeront dans des boutiques réalisant des impressions personnalisées à la carte sur des produits.

L’impression fonctionnelle à la base de l’intelligence omniprésente

Outre l’impression graphique numérique, le prochain cap à franchir pour le secteur est celui de l’impression fonctionnelle. Les entreprises commencent déjà à se servir d’encres actives fonctionnelles qui changent de couleur ou de structure en fonction de certaines variables environnantes, comme la température. En parallèle, on assiste aux débuts de l’électronique imprimée, avec des prototypes aptes à détecter et superviser les emballages à l’échelle individuelle. D’ici 2025, l’écosystème de l’électronique imprimée et hybride aura nettement gagné en maturité, avec des logiciels facilitant la conception des objets électroniques, et des systèmes numériques de fabrication qui intégreront divers capteurs, circuits et dispositifs de sauvegarde, de communication et d’alimentation à des étiquettes connectées produites à moindres frais ou qui les imprimeront directement sur les produits et leur packaging.

L’impression fonctionnelle nous permettra d’instiller une dose d’intelligence partout, dans les documents, produits, et emballages, et donnera ainsi une résonance concrète à l’internet des objets (IoT). Cette évolution se traduira par une nette amélioration des services existants, de la logistique de la chaîne du froid au suivi des variables environnementales, favorisant ainsi l’apparition d’une kyrielle de services qui permettront de lier les mondes physique et numérique. Les imprimeurs doubleront leurs prestations d’impression de services d’analyse de données grâce auxquels ils pourront établir des modèles de tarification fondés sur les résultats et dégager davantage de recettes.

L’impression structurelle change d’échelle

À l’heure actuelle, le champ d’application de l’impression 3D de composants, aussi appelée impression structurelle, se confine surtout au prototypage rapide ou à des productions spécialisées tirées en petites quantités. En cause, la vitesse limitée, mais aussi le coût des processus et matériaux mis en œuvre pour réaliser une impression 3D. Cependant, malgré les obstacles technologiques qu’il nous reste encore à surmonter, tout le monde s’accorde à reconnaître le fabuleux potentiel de l’impression 3D de composants spécifiques comme des implants artificiels, qui seront non seulement moulés sur l’anatomie de chaque patient, mais posséderont aussi des structures ultraspécialisées qui reproduisent la forme des organes. Dans quelques années, les progrès continus de l’impression rapide 3D de plastiques, voire de métaux, permettront de produire de gros volumes de pièces complexes dont la solidité et le coût de revient n’auront rien à envier à celles résultant de processus classiques de fabrication.

La maturation de ces nouvelles technologies provoquera aussi de grands changements dans les chaînes logistiques. Les entreprises n’auront plus à envoyer en usine les pièces qu’elles ne peuvent fabriquer elles-mêmes. Au lieu de procéder à des allers-retours aussi laborieux que chronophages, elles pourront s’appuyer sur l’impression structurelle pour fabriquer sur place, mais aussi pour procéder, aussi souvent que nécessaire, à des modifications sur un cycle de production tout en minimisant les coûts de réglage et le temps perdu.

La flexibilité de l’impression structurelle constituera également un atout dans des situations où la distribution pose problème et le recours à des méthodes de production classiques est impossible. L’exploration spatiale en est une parfaite illustration : les astronautes de la station spatiale internationale ont déjà expérimenté l’impression 3D pour comprendre la structure et la performance d’outils imprimés. Demain, la flexibilité de cette technologie leur permettra d’imprimer toutes sortes d’outils et de pièces selon le besoin.

Impressions structurelle et fonctionnelle fusionnent pour donner naissance à des objets connectés

Les perspectives les plus prometteuses sont probablement celles découlant de l’association entre impression structurelle 3D et impression fonctionnelle numérique, qui nous permettra un jour de créer à la demande des produits intelligents sur mesure, et plus seulement des pièces. Cette proposition de valeur est vouée à remporter un franc succès sur le marché des solutions grand public de santé et de fitness. Pour preuve, on voit déjà fleurir les premiers vêtements connectés bardés de capteurs qui renvoient toutes sortes de données vers des applications. Demain, la combinaison de propriétés structurelles et fonctionnelles donnera naissance à des services plus personnalisés que jamais. Prenons l’exemple d’une semelle orthopédique réalisée sur mesure par impression tridimensionnelle. En utilisant un scan en 3D, on pourra imprimer une semelle personnalisée qui enveloppe parfaitement le pied, et ainsi aboutir à un produit aussi pratique qu’économique. Dans un deuxième temps, on peut doter celui-ci d’intelligence en intégrant entre les couches qui le composent des capteurs et circuits électroniques imprimés en 3D, avec la capacité de communiquer avec le smartphone de l’utilisateur et de lui fournir toutes sortes de renseignements à propos de sa démarche et de sa posture. D’ici quelque temps, on peut même imaginer que de nouveaux matériaux fonctionnels permettent de proposer des niveaux d’accompagnement évoluant au rythme de la rééducation du patient.

Bousculer l’industrie de l’impression

Ces trois types de nouvelles technologies d’impression vont provoquer de sacrés remous dans le secteur entre aujourd’hui et 2025, offrant aux imprimeurs des opportunités à ne pas manquer. Ceux-ci évolueront pour offrir à leurs clients un service centralisé et peut-être décliner une offre de bout en bout, allant des dessins initiaux au produit fini en passant par l’analyse de données et les prestations de conseil. Si l’objectif paraît excessivement ambitieux aujourd’hui, les toutes dernières innovations qui ont vu le jour dans l’imprimerie contribueront, avec l’éclosion de logiciels de plus en plus intelligents, à rendre le marché plus accessible. Les logiciels de design de pointe qui mettent à profit l’IA aideront les graphistes non experts et les opérateurs à adopter ces nouvelles technologies, tandis que les logiciels basés sur le cloud faciliteront la collecte et l’analyse de données et nous permettront d’aboutir à la communication marketing et aux nouvelles applications qui relèvent aujourd’hui du fantasme.

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