Demain, l’entreprise plateforme sera au cœur de nos économies

Avec la révolution digitale et la mondialisation, les entreprises doivent muer pour s’adapter, devenir organiques et agiles. Elles y parviendront en étant des plateformes au cœur de leurs écosystèmes.

Depuis l’avènement du digital, les fondements de l’organisation des entreprises et des administrations sont sans cesse remis en cause par les clients, les collaborateurs voire la société elle-même. Des concepts comme vitesse, excellence, plaisir et ouverture deviennent des normes ; l’entreprise, jusqu’alors fortement hiérarchisée et nourrie de grands projets déterministes, doit devenir corps "vivant", souple et auto-adaptable.

Vers une entreprise "organique"

La structure des entreprises s’adapte, en effet, à la digitalisation et a su tourner la page de la mécanisation et de la taylorisation pour évoluer vers l’informatisation avec ses grands projets en V et des modes décisionnels pyramidaux. Elle devient agile, accepte l’incertitude, l’itératif, le test, l’erreur et le changement de cap comme terreau d’une créativité collaborative et féconde. Les digital factories ou encore l’adoption de "l’agile à l’échelle" dans tous les secteurs, en témoignent. 

L’entreprise devient donc organique, et cette transformation radicale, prônant l’autonomie des équipes, voire leur liberté, oblige à inventer de nouveaux modes de gouvernance et de régulation. Elle ne peut fonctionner que si chaque cellule autonome agit en cohérence et tend vers un but commun. Les équipes doivent inscrire leur action dans un cadre systémique, porteur de sens, mais aussi d’un minimum de règles, de contrôle, de feedback. 

Se placer au cœur de nouveaux écosystèmes

Un autre mouvement de fond se fait jour. L’exigence sans cesse accrue des clients et des collaborateurs, la bataille exacerbée par le digital pour conquérir de nouveaux marchés ou pour les conserver, la concurrence des start-up conduisent l’entreprise à s’ouvrir et à se placer au cœur de nouveaux écosystèmes de clients, de partenaires, de fournisseurs, d’influenceurs...

Les "nouveaux barbares" ont montré la voie de la plateformisation : les NATU (Netflix, Airbnb, Tesla et Uber) ont utilisé la force des GAFA (Google, Apple, Facebook et Amazon) pour ubériser des sociétés de l’ancienne économie. 

C’est vers les mêmes modèles d’organisation que doivent tendre les entreprises pour réussir leur mue ! 

Au-delà des modèles économiques de désintermédiation, l’entreprise de demain ne sera ni isolée, ni un simple maillon, mais elle se placera au cœur d’un écosystème nouveau ou renouvelé. Un vaste réseau avec, en son centre, sa propre organisation en plateforme, c’est-à-dire une infrastructure ouverte maillant collaborateurs, clients et partenaires pour favoriser plus de souplesse, d’agilité et de capacité d’évolution. On assiste déjà à ce mouvement de fond avec par exemple l’open banking. 

Un nouveau modèle est donc à l’œuvre, mêlant vision positiviste de l’entreprise et transformation profonde de la structure même de nos organisations, et le mouvement s’accélère rendant la mutation nécessaire. 

La plateforme aide à se transformer

Mais même si les grandes entreprises ont entamé des processus de transfert de leur IT dans le cloud ou lancé des projets de passage à l’"Agile à l’échelle", la mue ne semble pas si simple. Des rugosités bloquent parfois le changement, des freins culturels ralentissent les transformations et il va falloir passer à des modes de management agiles et des organisations ouvertes. C’est là que la "plateformisation" intervient comme un accélérateur.

L’entreprise s’en trouve ouverte sur l’extérieur, elle se confronte à d’autres organisations et cultures, partage l’expérience et suscite le désir de changement. Elle favorise la multiplication des contacts entre collaborateurs et écosystème, les responsabilise, donne du sens à l’action, ouvre à d’autres cultures d’entreprise, d’autres manières de faire. En bref, elle enrichit et donne envie d’évoluer.

De même, les infrastructures mises en place, permettent, via le recueil d’avis, l’intelligence artificielle ou la data science de recevoir des feedbacks permanents, internes comme externes, en les systématisant et les automatisant. Cette mesure de l’efficience continue met en tension aussi bien le management que les équipes. Preuve, s’il en est, que la "plateformisation" n’est pas qu’une cible à définir, mais constitue un formidable levier de transformation. 

Ainsi, en devenant plateformes, les entreprises muent radicalement, mais elles ouvrent aussi la voie à une plateformisation plus ou moins généralisée de l’économie, qui pourrait y gagner en rapidité, souplesse, adaptabilité, agilité globale et pourquoi pas en humanité, par la mise en lien plus facile, plus collaborative et à grande échelle des individus et des organisations.

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