Comment Rakuten étend à la planète son conglomérat de services Web

Rakuten global Le lancement d'un fonds de 100 millions de dollars marque une nouvelle étape dans la stratégie de croissance mondiale de Rakuten, qui ne cesse d'étoffer son bouquet de services.

Rakuten lance un fonds d'investissement de 100 millions de dollars qui, depuis Singapour, investira dans des start-up américaines, israéliennes et de la zone Asie-Pacifique. Le géant japonais de l'e-commerce a en effet engagé il y a quelques années une politique de croissance externe mondiale, afin de compléter ses plateformes marchandes d'un écosystème de services. Car à l'instar de la galaxie d'activités qu'il opère sur son marché domestique, Rakuten (maison mère de Priceminister) cherche à devenir le numéro 1 mondial des services en ligne.

Rien qu'en 2014, le groupe a déboursé 900 millions de dollars pour acquérir Viber (une application de messagerie concurrente de Line et revendiquant 300 millions d'utilisateurs) et a investi plusieurs millions au travers de son fonds d'investissement dédié au Japon et à l'Asie du Sud-Est pour entrer au capital de Carousell (marketplace CtoC mobile), Visenze (reconnaissance d'image et recherche visuelle), Coda Payments (m-paiement) et Send Anywhere (transfert de fichiers P2P).

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Mappemonde des activités de Rakuten dans le monde © S. de P. Rakuten

Ces deux dernières années, Rakuten a aussi mis la main sur les ebooks canadiens Kobo pour 315 millions de dollars, sur le service singapourien de streaming vidéo Viki pour 200 millions et sur le service espagnol de VOD Wuaki pour un montant inconnu. De quoi étoffer le portefeuille du Japonais pour lui permettre de rivaliser avec d'autres conglomérats Web qui s'articulent autour de l'e-commerce, comme Amazon bien sûr avec notamment son Kindle et Amazon Instant Video. Rappelons également un investissement notable de Rakuten dans le tour de table de 100 millions de dollars réalisé par Pinterest en mai 2012. Et la logistique n'est pas en reste, puisque le Japonais a racheté coup sur coup le Français ADS fin 2012 pour lancer un concurrent d'Expédié par Amazon, puis l'Américain Weblogistics six mois plus tard pour rivaliser avec Amazon Prime.

Son tout nouveau fonds lui permettra de réaliser des investissements de long terme dans des start-up aptes à améliorer ses technologies et son expérience utilisateur, à faire croître son écosystème et la base de ses utilisateurs, et in fine ses résultats financiers. Rakuten n'a pas précisé quelles sociétés il convoitait actuellement, indiquant simplement qu'il se concentrerait sur les services stratégiques pour son activité. Et bien sûr, ces prises de participation pourront tout-à-fait déboucher sur des acquisitions.

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