Rebecca Minkoff : plongée dans une boutique newyorkaise ultra-connectée

Rebecca Minkoff Pour l'ouverture de son premier magasin, la créatrice de mode a imaginé un mur digital et des cabines d'essayage connectées, basés sur un système d'affichage sur miroir. Le JDN l'a visité.

Imaginez une boutique physique s'inspirant du meilleur de l'e-commerce, qui se souviendrait de tout ce que vous avez essayé et vous permettrait de formuler des demandes en quelques tapotements sur un écran tactile. C'est ce que propose la créatrice de mode Rebecca Minkoff dans ses deux flagships, ouverts fin novembre 2014 à New York et San Francisco. Le JDN vous emmène à SoHo, le quartier newyorkais des créateurs de mode de premier plan.

A l'entrée du magasin, un immense miroir digital accueille les visiteuses. Des vidéos de défilés s'affichent sur toute sa surface pour attirer le regard, tandis qu'une accroche invite à parcourir du bout du doigt le catalogue de prêt-à-porter et d'accessoires de la marque haut de gamme. Trois personnes peuvent se prêter au jeu simultanément.

1 1000
A l'entrée du magasin newyorkais de Rebecca Minkoff, un immense mur tactile © F.Fauconnier / JDN

Le miroir tactile leur offre d'abord un rafraîchissement qui les attendra en cabine d'essayage. La visiteuse fournit son numéro de téléphone mobile, ce qui ouvre sa session, et reçoit un SMS lorsque sa boisson est servie. Elle peut également parcourir le "lookbook" de la marque et mettre de côté les vêtements qu'elle souhaite essayer en choisissant la bonne taille et en les envoyant dans sa cabine virtuelle, "my room". Toutes les vendeuses reçoivent les notifications correspondantes sur leur tablette. L'une d'entre elles prépare la vraie cabine d'essayage avec les articles demandés puis indique par SMS à l'utilisatrice vers laquelle se diriger.

2 1000
Une vendeuse fait défiler le catalogue de la marque sur le grand miroir tactile de l'entrée © F.Fauconnier / JDN

Chacune des trois cabines du magasin détecte les articles dès qu'ils en franchissent le seuil et les affiche en surimpression sur le miroir. La visiteuse a ainsi accès à la fiche produit, aux éventuelles déclinaisons dans d'autres couleurs, aux articles suggérés en cross-selling et à diverses fonctionnalités. Elle peut bien sûr réduire cet affichage pour n'utiliser que le miroir.

3 1000
En cabine, un visiteur demande à une vendeuse de lui apporter un article © F.Fauconnier / JDN

Parmi les nombreuses fonctionnalités de ces cabines nouvelle génération, la visiteuse voit s'afficher la vendeuse qui lui est attitrée et peut lui demander de venir l'aider, par exemple pour lui apporter une autre taille ou un article trouvé dans le catalogue. Un vrai avantage bien sûr, quand l'alternative consiste à devoir passer une tête par la porte en restant légèrement vêtue ou à se rhabiller entièrement pour partir à la recherche de l'article ou d'une vendeuse... Et puisque Rebecca Minkoff a pensé à tout, il est aussi possible de modifier l'éclairage de la cabine, afin de vérifier le rendu d'une tenue dans les bonnes circonstances. Au programme : "Brooklyn morning", "Afternoon on the Highline", "Hudson river sunset" et "SoHo after dark".

4 1000
A gauche, la vendeuse répond au visiteur qu'elle arrivera avec le produit dans deux minutes. A droite, elle modifie l'éclairage de la cabine. © F.Fauconnier / JDN

En fin de parcours, on peut appeler une vendeuse pour régler ses achats sans passer par la caisse. Elle prendra les paiements aussi bien en liquide que par carte bancaire ou Paypal sur sa tablette. Mais la visiteuse reçoit aussi par SMS le lien vers sa session, qui lui permettra de retrouver en ligne sa cabine virtuelle transformée en wishlist. Si par exemple le vêtement qu'elle convoitait manquait en magasin, Rebecca Minkoff ne s'interdit pas de lui signaler, quelques semaines plus tard, qu'un article très similaire vient de faire son apparition.

"Les gens restent en moyenne 13 minutes dans nos cabines d'essayage, une durée équivalente aux cabines non connectées de marques comparables à la nôtre aux Etats-Unis" précise Ryann Lorberbaum, la responsable du magasin. Mise à part une boutique tokyoïte ouverte en 2012, c'est en effet via des distributeurs partenaires que Rebecca Minkoff a, depuis sa création en 2001, forgé son chiffre d'affaires de 100 millions de dollars. Même s'il n'est pas possible de comparer les indicateurs des deux premiers magasins américains avec des points de vente préexistants, Ryann Lorberbaum affirme enregistrer un taux de conversion supérieur aux boutiques de mode concurrentes.