Et si l’open data était appliquée à la sécurité routière ?

Depuis 10 ans, le nombre d’accidents de la route a baissé. L’amélioration des routes, des véhicules ainsi que les actions de communication ont très certainement joué un rôle important dans cette évolution. Aujourd’hui le débat porte sur la réduction de la vitesse à 80 km/h sur les routes secondaires.

Mais des options plus innovantes encore,  comme l’open data ou la voiture connectée ne semblent pas avoir été explorées.

Une véritable Tour de Babel

Bien loin de la science-fiction, la révolution des objets connectés a totalement bouleversé nos comportements, y compris dans nos déplacements. Dans ce domaine, une quantité d’acteurs recueillent à chaque instant des milliers d’informations sur les routes et leurs utilisateurs: opérateurs d’autoroutes, gestionnaires de flux, autorités publiques ou encore collectivités locales, chacun à son niveau s’appuie sur ces données pour orienter les flux, alerter d’un danger ou encore informer et conseiller les automobilistes.
A l’instar d’une tour de Babel où chacun parlerait dans sa propre langue sans tenir compte de celles des autres, ces organismes, institutions et opérateurs ne dialoguent pas entre eux et concentrent leurs forces à recueillir séparément des données sur la route. Pourtant, si ces données sont utiles pour chacune de ces organisations, ensembles elles constituent une source précieuse d’information pour améliorer sensiblement la sécurité routière.
A l’heure actuelle, seuls quelques automobilistes ont accès à des données recueillies par des opérateurs privés sur les conditions de circulations, les accidents identifiés ou encore les zones de dangers. Demain, par une mise en commun de l’ensemble des données publiques et privées, les automobilistes pourront pratiquement être alertés en temps réel d’un évènement survenu sur une route et en capacité d’adapter leur comportement routier en conséquence. Parallèlement, les autorités publiques pourraient adapter les limitations de vitesses selon les conditions de circulation et le danger réel observé sur chaque portion de route, compte-tenu des intempéries, de l’heure ou du trafic.
L’enjeu ne serait donc pas de savoir si la vitesse doit passer de façon unilatérale de 90 km/h à 80 km/h, mais de savoir comment l’ensemble des données remontées par les communautés des AAC et les autres acteurs de la route peuvent être transformées en un véritable outil de prévention. Techniquement, cette évolution est possible. Il suffit d’appliquer l’open data à la prévention routière.

Open data et sécurité routière : quatre conditions pour faire des assistants d’aide à la conduite des outils de prévention

Cette démarche dépend toutefois de quatre conditions pour réussir.
  1. Premièrement, un véritable soutien des pouvoirs publics, qui doivent reconnaître officiellement le rôle des assistants d’aide à la conduite dans la prévention routière ce qui est vrai dans les faits mais non clairement exprimé à ce jour auprès de l’opinion.
  2. Deuxièmement, une démarche responsable de tous les acteurs de l’information routière, qui dans l’intérêt de tous et au nom du service public de la sécurité routière, doivent s’engager dans une démarche de prévention et accepter de mettre en commun les données liées à la sécurité.
  3. Troisièmement, une multiplication du nombre d’utilisateurs. Aujourd’hui essentiellement limités à une cible de professionnels de la route et de grands voyageurs de l’ordre de quatre millions d’automobilistes, les assistants d’aide à la conduite ont vocation à s’adresser aux 40 millions de conducteurs en France pour un meilleur comportement routier.
  4. Enfin, une transformation en profondeur du modèle économique des assistants d’aide à la conduite. Si aujourd’hui la création de valeur est le fruit des remontées de données par les utilisateurs, elle se situera demain dans l’art de la transformer ces données en une information utile pour les automobilistes et adaptée à l’évolution des usages et des besoins au quotidien. c’est-à-dire passer de la fonction limitée d’avertisseur de zones de danger à celle d’acteur de l’information en mobilité par une meilleure exploitation des données ainsi qu’une plus grande prise en compte des nouveaux besoins et des nouveaux usages des automobilistes, et ce quel que soit le terminal.
Si ces quatre conditions sont réunies, l’open data appliqué à la route et la prévention routière permettra non seulement d’atteindre une plus grande sécurité en offrant aux automobilistes une information plus fiable et exhaustive, mais surtout une formidable opportunité pour les opérateurs de notre marché, qui pourront proposer un service plus efficace et innovant.

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