IoT vs IDoT : une petite lettre qui change tout

"Qui êtes-vous ?" Une question banale qui appelle une réponse forcément complexe. Cette question est cependant au cœur de l’Internet des objets (IoT) et d’une tendance connexe émergente, l’Identité des objets (IDoT).

Ces dernières années, l’Internet des objets (IoT) a fait couler beaucoup d’encre. Son principe de base est le suivant : il s’agit d’un réseau mondial où des objets physiques, des capteurs, des appareils et des services se connectent à Internet grâce à une technologie embarquée. Ces objets peuvent détecter d’autres objets et communiquer avec eux. Dans la mesure où ces objets et ces lieux sont représentés sous forme numérique, ils peuvent être contrôlés à partir de n’importe quel endroit et par n’importe qui, ce qui change radicalement la façon dont les données sont recueillies et dont les décisions sont prises.

Pour se détecter et communiquer entre eux, les objets doivent être identifiables, de même que les personnes auxquelles ils appartiennent. Baptisée Identité des objets (IDoT), cette facette de l’Internet des objets porte sur la façon dont une identité est affectée aux objets communicants et surtout sur la manière de gérer ces identités et de les sécuriser. Les identités sont extrêmement importantes, car elles permettent de définir et activer les règles d’interaction entre les différents objets et les personnes qui les utilisent — c’est l’élément critique qui relie les plates-formes, les services, les utilisateurs et les informations.

Les identités constituent un « prisme » au travers duquel nous comprenons le monde qui nous entoure, ainsi que notre entreprise. L’identité est l’essence-même de la réponse à la question « qui êtes-vous ? ».

Mais avez-vous déjà pensé à l’identité d’un objet ? Les périphériques et les services informatiques ont intégré la quasi-totalité de notre vie quotidienne. Depuis les voitures que nous conduisons jusqu’aux téléphones dont nous ne pouvons plus nous passer, en passant par les réseaux sociaux au travers desquels nous communiquons de plus en plus, jusqu’aux lits d’hôpital capables de surveiller notre état physique, nous sommes dépendants d’une multitude de produits et de services informatiques — et ce sont ces objets qui façonnent le monde dans lequel nous vivons. Ils font partie de nos identités. Ils sont une version numérique de nous-mêmes.

IAM vs IDoT : tout est une question d’échelle

La différence entre la gestion traditionnelle des identités et des accès (IAM) et les défis que soulève l’identité des objets est en fait une question d’échelle. Aujourd’hui, nous sommes plus de 7 milliards de personnes sur Terre, dont 40 % connectés en ligne d’une manière ou d’une autre. Et si l’on compte chaque jour plus de 400 000 naissances, pas moins de 4 millions de téléphones portables sont vendus quotidiennement, dont la grande majorité sont connectés à Internet. L’augmentation de la population humaine, si rapide soit-elle, est sans comparaison par rapport à celle des « objets » intelligents : téléphones, technologies portables, voitures, maisons et infrastructures.

De manière générale, nous vivons et travaillons dans un univers peuplé d’objets interconnectés par d’innombrables combinaisons de relations. Et c’est là que réside le défi de l’identité des objets : ce ne sont pas des milliards d’objets qui communiquent, mais des centaines et des centaines de milliards d’éléments technologiquement intelligents qui nous entourent, qui nous sont intégrés et que nous devons gérer et comprendre pour protéger les informations personnelles qu’ils renferment et échangent. Il n’existe pas de bouton Marche/Arrêt pour réguler l’identité des objets, et nous devons imaginer de nouvelles façons de la gérer et la sécuriser, même si son contrôle direct nous échappe dans une large mesure.

Mais au-delà du défi de l’identité des objets, il existe une promesse. La puissance de l’identité des objets permet de rassembler les hommes, les processus, les données et les objets, ainsi que d’accroître leurs relations, de sorte que nous pouvons transformer les données pour en faire des informations qui nous aideront à prendre des décisions plus rapides et plus intelligentes. Pour y parvenir, il nous faut nouer un dialogue avec les objets que nous utilisons au quotidien. Nous devons leur demander ce qu’ils sont. Et nous devons être prêts à entendre les différentes réponses qu’ils nous soumettront, à les interpréter, à agir et à affronter les implications qu’elles pourraient avoir pour nos entreprises.

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