Le futur des wearables est dans la santé et vice versa

Ces dernières années, les smartwatches, les trackers pour fitness, les vêtements avec capteurs intégrés ont permis à de nouvelles marques d’émerger — leur nom de code, les ‘wearables’ —. 

Ces dernières années, les smartwatches, les trackers pour fitness, les vêtements avec capteurs intégrés ont permis à de nouvelles marques d’émerger — leur nom de code, les ‘wearables’ —.  Malgré leur courte vie, ils ont déjà connu des hauts et des bas. En dépit de leur modèle économique encore incertain et de la chute de certains acteurs sur les marchés boursiers, les wearables sont devenus des produits stars. Ils ont plus de succès que les objets connectés pour la maison. Il s’agit d’une opportunité évidante de créer la prochaine grande plateforme, le prochain app store, qui vaudra des milliards. Mais, ils ont avant tout l’opportunité de devenir la vache à lait de l’industrie des nouvelles technologies.

Regardez Pebble, l’une des premières montres connectées, arrivée de nulle-part, enfin si, du financement participatif. Puis, l’Apple Watch, la marque de luxe Apple crée alors une extension pour tous les poignets.

Certains ont des écrans, d’autres pas. Certains sont luxueux, d’autres low-cost. Ils ont tous un point commun : des capteurs. Les données nous permettent de savoir combien de pas nous faisons, mais aussi à quelle vitesse nous respirons. Les capteurs permettent de savoir si on a bien ou mal dormi, et beaucoup d’autres informations qui ont un impact direct ou non sur notre santé. Bloom souhaite que les femmes enceintes puissent faire leur propre sonogramme quotidien de la maison. Quand à Clue, l’application permet d’en savoir plus sur son cycle menstruel. Combien de temps faudra-t-il pour que les gynécologues s’emparent de ces données ? Il ne manque que l’aval des clients.

L’industrie de la santé va être confrontée à une énorme révolution durant les quinze prochaines années. Non seulement parce que la population vieillie (et dans de nombreux pays, elle réduit). Le modèle économique de la santé, comme il existe aujourd’hui, est brisé pour une raison simple : vous payez votre docteur lorsque vous êtes malade, au lieu de le payer lorsque vous êtes en bonne santé. Dans l’ère digitale, où l’on peut renvoyer gratuitement ses chaussures chez  Zalando et déterminer les coûts de son cloud en fonction de sa consommation, pourquoi ne pas payer son médecin pour nous garder en bonne santé ? C’est vrai, pourquoi  le payer pour nous remettre sur pied ?

D’ici quatre ans, nous verrons des systèmes de santé avancés comme en France, en Scandinavie et en Suisse, fournir des infrastructures sécurisées pour permettre au médecin d’accéder à nos données confidentielles en ligne. Ce qui veut tout simplement dire que l’on partagera toutes nos données, en toute sécurité avec notre médecin. Aujourd’hui, les médecins sont payés à la visite, le modèle changera sûrement pour s’apparenter à un abonnement mensuel  — votre “docteur” deviendra data scientist. En fonction de votre état de santé, il pourrait vous recommander des solutions de tracking sur-mesure ou louer des appareils portables pour centraliser vos données médicales.

Les scanners, radios, ainsi que toutes les technologies avancées seront toujours réalisées  dans un cabinet ou un laboratoire, mais les visites deviendront automatiques  — ou, au mois les alertes le deviendront et votre docteur n’aura qu’à choisir le meilleur moyen de vous soigner. Les avis qui pourront être fournis à distance le seront, comme par exemple  — “Vous ne dormez pas bien, attention, ça pourrait créer des complications médicales. S’il vous plaît, éteignez votre téléphone portable à 22h30 durant les deux prochaines semaines avant la consultation.” Et oui, le médecin sait lorsque vous êtes sur votre smartphone. Il est d’ailleurs prouvé que le temps passé sur votre téléphone a un impact sur votre santé.  

Le secteur de la santé a besoin de données en temps réel pour avancer, et il en a besoin massivement. Il suffit de regarder ce que Tesla a pu faire avec une simple flotte d’un millier de véhicules en termes d’intelligence artificielle et de cartographie des données. Imaginez ce qu’un groupe médical pourrait faire avec des millions de patients qui porteraient un électrocardiogramme 24h sur 24 quand ils montrent des symptomes liés à un accident vasculaire, une crise cardiaque ou une arythmie ?

D’un coté, l’industrie des Wearables a besoin de celui de la santé pour développer la Quantification de soi, qui n’a pour l’heure jamais été un marché suffisamment important pour se suffire à lui même. La Quantification de soi a tout pour bouleverser le monde de la santé, et les opportunités offertes par ce secteur sont désormais infinies.

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