Google ouvre son chéquier aux inventeurs : une bonne affaire ?

Un groupement d'industriels autour de Google lance une campagne de rachats de brevets en masse. Piège ou opportunité ?

Si vous avez dans vos placards des brevets que vous n’utilisez plus, Google, Facebook, IBM, Microsoft, Verizon et une douzaine d’autres industriels veulent vous les racheter.

Un portail spécial sera ouvert à cette fin du 25 mai au 8 juin. Un formulaire, déjà disponible ici, permettra aux inventeurs de faire leur proposition de prix pendant cette période. La réponse leur sera donnée dès le 29 juillet.  

Quels sont les brevets qui intéressent ce groupement ? 
Ceux des secteurs à haute technologie : ordinateur et logiciels, électronique grand public, communications, semi-conducteurs et composants, santé et médical, automobile, éclairage et services financiers. Il faut également que la famille de brevets (dépôt initial et ses extensions internationales) comprenne au moins un brevet américain délivré. 

A quel prix ? 

Les cases préremplies du formulaire indiquent 10, 25, 50, 75 et 100 000 dollars, ainsi qu’une rubrique « other ». Ceci donne une première idée des offres attendues, mais Google seul avait conduit il y a quelques mois une campagne similaire qui peut servir de référence plus précise. Elle avait abouti à l’achat de 28% des brevets présentés, pour un prix moyen de 48 000 dollars dans une fourchette comprise entre 3 000 et 250 000 dollars. 

Quelle est la stratégie des industriels derrière cette campagne ?

La guerre des brevets, engagée au départ entre Apple et Samsung/Google, a révélé le caractère stratégique de la propriété intellectuelle qui avait été anticipé depuis longtemps par tous les rapports sur l’ « économie de la connaissance ». La demande s’intensifie et plusieurs centaines de fonds de brevets se sont déjà constitués. Les plus médiatiques sont les « patent trolls », qui achètent des brevets à bas prix pour menacer ensuite les exploitants de procès. Cette campagne a donc pour objet non seulement d’alimenter les portefeuilles de propriété intellectuelle des industriels, mais aussi d’assécher la source d’approvisionnement des patent trolls.

Est-ce une bonne affaire ?

Cette procédure est intéressante pour sa simplicité et sa rapidité, mais ce n’est certainement pas celle qui permettra d’obtenir le meilleur prix. Sur le marché, même avec la forte décote de la vente unitaire, un brevet s’échange plutôt entre 50 et 200 000 dollars. Par lot, sa valeur moyenne tourne autour de 1 million de dollars pièce. Il vaut donc mieux pour les inventeurs qui ne sont pas dans l'urgence de choisir le marché intermédié.

Microsoft / IBM