Coyote passe au freemium. Pour contrer Waze ?

Coyote vs Waze L'application de Coyote est désormais gratuite au téléchargement et payante à l'utilisation. Objectif : accélérer son développement et ne pas se faire prendre de vitesse par le service de Google : Waze

Coyote passe la 5ème. L'avertisseur de dangers (et non plus de radars suite à une loi interdisant les détecteurs de radars) propose désormais aux utilisateurs de télécharger gratuitement son application (qui coûtait jusque-là 1,79 euro) et de l'utiliser librement durant une période test de 30 jours, avant de souscrire éventuellement à un abonnement. Coyote, qui revendique aujourd'hui près de 500 000 utilisateurs de ses boitiers et 300 000 abonnés payants à son application, embrasse donc pleinement le modèle freemium. Le manque à gagner occasionné par la gratuité de l'application devrait avoir peu d'impact sur son chiffre d'affaires, à en croire son fondateur, Fabien Pierlot, qui espère que "ce modèle du 'test&buy' permettra de générer près d'1 million de téléchargements par an en France et plus de 3 millions par an en Europe.

Un objectif ambitieux mais atteignable pour une application qui totalise un peu plus de 2,5 millions de téléchargements en 4 ans d'existence et qui devrait booster son nombre de téléchargements quotidiens grâce à cette stratégie marketing plus agressive. La société espère qu'entre 10 et 30% de ces nouveaux utilisateurs se décideront pour l'abonnement payant de 12 euros par mois sans engagement ou 49,99 euros à l'année.  

En passant au modèle freemium, les ambitions de Coyote sont doubles : continuer à s'internationaliser et pousser une offre mobile qui pèse "une vingtaine de pour-cent de son chiffre d'affaires", comme nous l'expliquait au cours d'un entretien vidéo Fabien Pierlot. La gratuité va permettre à Coyote de changer de dimension et de franchir un cap en volumes sur le marché des applications, grâce à son implantation dans les sept pays sur lesquels cette stratégie est déclinée.

L'ombre de Waze plane sur Coyote 

Cette annonce intervient quelques semaines après que Waze, racheté 1,3 milliard de dollars par Google, se soit mis en conformité avec la législation française. Pourtant, affirme Fabien Pierlot, elle serait sans rapport. "Nous ne sommes pas concurrents de Waze : nous avons le même service, mais pas du tout les mêmes utilisateurs.Faire payer un abonnement, c'est s'assurer de ne recruter que des utilisateurs investis et capables d'améliorer le service." Il rappelle d'ailleurs qu'à son lancement en 2009, l'utilisation de l'application iCoyote était gratuite avant que la société ne fasse marche arrière. "A peine 2% des utilisateurs étaient jugés fiables".

"Le même service, mais pas la même cible"

A Coyote, donc, les professionnels de la route et une clientèle un peu plus CSP+. A Waze, tous les autres, séduits par son approche qui concilie aide à la navigation gratuite et réseau social. Mais s'il cherche à démontrer que Waze et Coyote ne sont pas concurrents, son discours tranche radicalement avec l'attitude de Didier Quillot, son nouveau PDG, autrement plus virulent lorsqu'il s'agissait de dénoncer dans les Echos "la concurrence déloyale de Waze", quand celui-ci ne se pliait pas encore à la législation française.

Le marché de demain : la voiture connectée

"Si notre communauté est aujourd'hui de taille suffisante pour le bon fonctionnement du système, l'objectif est bien évidemment d'évangéliser le marché", confirme Fabien Pierlot. Car si le dirigeant a beau s'en défendre, il garde un œil sur Waze et ses 50 millions d'utilisateurs. Tous deux ont en effet en ligne de mire le secteur des voitures connectées. Alors que le fondateur de Waze, Noam Bardin, prophétisait début 2013 dans le JDN que "d'ici fin 2013, il sera possible d'acheter un véhicule équipé du système de navigation Waze", Fabien Pierlot prend la même direction. "L'objectif est bien évidemment d'embarquer notre service dans la voiture de demain en négociant directement avec les constructeurs automobiles ou les fabricants d'OS", explique-t-il agnostique.

Le Français a d'ores et déjà signé des accords d'exclusivité avec Renault, PSA et Toyota. "La prophétie de Noam Bardin est semble-t-il tombée à l'eau", s'amuse Fabien Pierlot. Mais Google avance aussi de son côté avec Audi, GM, Honda et Hyundai pour embarquer Android dans leurs véhicules. Un cheval de Troie idéal pour pousser Waze.

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