Alexia Moity (Supdeweb) "Il n'est plus nécessaire de sortir d'une grande école pour entreprendre dans le Web"

Comment se former pour travailler dans le secteur du Web ? La directrice de Supdeweb présente ses programmes et ses ambitions pour la nouvelle école.

JDN. Quand, comment et pourquoi a été créé Supdeweb ?

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Alexia Moity, directrice de Supdeweb © S. de P. Supdeweb
Alexia Moity.
L'économie numérique est certainement le secteur qui connaît la plus forte croissance. En matière de ressources humaines, les entreprises ne trouvent cependant pas les réponses à leurs attentes. Il est donc nécessaire d'être capable de former des profils opérationnels dès leur entrée dans une société Internet. Il y a peu, j'intervenais régulièrement à l'European Communication School (ECS), une école du groupe MediaSchool Group, dirigé par Franck Papazian. Il avait également identifié les mêmes besoins, raison pour laquelle nous avons uni nos forces pour créer Supdeweb et former les professionnels du Web de demain. La première promotion a donc fait sa rentrée en Bac+1 en octobre 2012. Les premiers masters seront quant à eux ouverts dès l'an prochain.

 

Quelles sont vos particularités pédagogiques de votre cursus ?

"Nous sommes accompagnés de professionnels comme Jean-David Blanc (Allociné) et Jean-Marc Tasseto (Google France)"

Il n'y a aucun enseignant permanent dans la structure et tous les programmes ont été construits avec des professionnels reconnus. Ces derniers sont membres de notre comité de pilotage et ont apporté leur expertise métier dans la conception des parcours. Nous avons par exemple été accompagnés par le fondateur d'Allociné Jean-David Blanc, le DG France de Google Jean-Marc Tasseto, le dirigeant d'Akqa France Romain Lartigue, la DG de SFR Régie Patricia Lévy ou encore par Gilles Nay, le directeur des activités numériques de Lagardère. Tous les cours sont par ailleurs administrés par des professionnels. En première année, les étudiants suivent tous le même tronc commun. Ils peuvent choisir une option en seconde année : développement des interfaces digitales, création de contenus et community management ou encore e-marketing et e-commerce. 

 

Combien coûtent vos formations ? Sont-elles reconnues ?

Chaque année coûte 6 200 euros sachant que ce montant est bien inférieur à celui des grandes écoles. Il est d'ailleurs moins significatif dès la troisième année puisque les étudiants seront 4 jours sur 5 en entreprise et donc rémunérés grâce à des contrats professionnels. Ils obtiendront leur diplôme de Bachelor à la fin de leur troisième année, au cours de laquelle ils auront également choisi le même type de spécialisation que lors de la seconde. Les années de master sont également en alternance mais les options sont différentes et nous allons par ailleurs intégrer d'autres étudiants qui n'auront pas forcément effectué leurs trois premières années d'études chez nous. Les trois masters proposés seront alors "Start-up Digitale", "E-commerce" et "Communication digitale".
Le Bachelor n'est pas encore reconnu par l'État, il est encore trop tôt car il faut au moins attendre le passage de trois promotions. Nos masters le sont car nous travaillons avec l'ECS sur leurs programmes et à ce titre, le master en communication digitale existe déjà depuis trois ans à l'ECS.

Les langages du Web sont de plus en plus importants pour s'intégrer dans une start-up. Comment vos étudiants seront-ils formés ?

"Les entrepreneurs du Web ne cherchent pas uniquement des développeurs"

Dès la seconde année, les étudiants ont 12 heures par semaine de "développement des interfaces digitales". Mais il faut savoir qu'aujourd'hui, les entrepreneurs du Web ne cherchent pas uniquement des développeurs mais aussi des personnes capables de maîtriser les problématiques de marketing, de SEO, de gestion de contenu et d'interface utilisateurs. Nous ne sommes pas une école d'informatique. Notre approche est généraliste.

 

Qu'est-ce qui vous différencie de concurrents comme l'EEMI, la Web School Factory ou Sup'Internet ?

Nos programmes sont plus flexibles et nous les repensons tous les trois mois pour nous adapter aux nouveaux usages, par exemple en matière de formation sur le marketing mobile, secteur qui lors de la création de l'école était encore balbutiant. L'objectif est de pousser des jeunes à s'immerger au plus tôt dans l'univers professionnel du Web. Lors des premières années d'études, ils ont cours uniquement le matin et les après-midi sont consacrées à des interviews qu'ils vont réaliser auprès de professionnels. Ils assistent par ailleurs à des "Master Class", c'est à dire des conférences données dans nos locaux par d'éminents professionnels, qui ont lieu deux fois par mois. Elles ont par exemple été animées par des personnes comme le directeur Europe de Spotify.

 

Quels sont vos objectifs en matière d'insertion professionnelle ? Que comptez-vous faire pour donner naissance à des start-up prometteuses ?

"Nous voulons ouvrir un incubateur d'ici à dans deux ou trois ans"

Nous disposons déjà d'une très bonne réputation auprès du monde professionnel qui a bien accueilli l'initiative mais il est encore trop tôt pour parler d'insertion professionnelle.

Dans le cas du programme "Start-up Digitale", nous avons décidé de le créer car nous considérons qu'il n'est plus nécessaire de sortir d'une grande école pour devenir entrepreneur. Nous souhaitons également préparer nos élèves au rythme particulier des start-up du monde numérique qui repose très souvent sur des innovations qui au départ n'ont rien d'industriel. Nous voulons également leur permettre de poursuivre leurs projets dans un incubateur qui pourrait voir le jour d'ici deux ou trois ans.


Diplômée de l'Iscom en 2003, Alexia Moity débute sa carrière dans l'agence BDDP & Fils. Elle intègre le groupe Extrême en septembre 2006 puis Buzzman en février 2009. Dès 2010, elle intervient régulièrement à l'European Communication School où elle enseigne notamment les techniques de communication digitale. Elle devient directrice de Supdeweb en avril 2012.

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