Pourquoi Google veut-il racheter Twitter ?

Depuis quelques jours, les rumeurs concernant le rachat du site de micro-blogging remontent à la surface. La pénible IPO de Facebook conjuguée au besoin de Google de se positionner sur le mobile légitimerait un mariage de raison.

Echaudée par les difficultés rencontrées par Facebook depuis son IPO, l'équipe dirigeante de Twitter serait en train de reconsidérer ses options, à en croire une information révélée par Business Insider. Il faut dire que le réseau de micro-blogging peine à trouver le bon business model, navigant à vue entre différentes propositions commerciales telles que les "tweets sponsorisés" ou l'achat de mots-clés. En 2014, Twitter vise ainsi le milliard de dollars de chiffre d'affaires alors que Facebook en a réalisé 3,7 milliards en 2011. En bref, pas de quoi réjouir Wall Street.


C'est la raison pour laquelle la rumeur d'un rachat par Google, persistante depuis 2009, année où la firme de Mountain View avait pour la première fois manifesté son intérêt, revient avec force. Une telle opération semble une bonne alternative à une introduction en Bourse devenue trop risquée. Elle permettrait à Twitter de profiter d'une véritable assise financière pour accélérer son développement, les réserves de trésorerie de Google avoisinant les 50 milliards de dollars. En outre, le réseau social pourrait s'appuyer sur l'expertise du géant de la recherche en matière de monétisation du trafic Internet, son principal défi.

 

Aux vues des tumultes qui entourent l'actualité des réseaux sociaux, on peut toutefois se demander quel intérêt aurait Google à racheter Twitter. Son audience ? Pas vraiment. Même si elle ne cesse de croître depuis octobre 2010, pour atteindre les 190 millions de visiteurs uniques en avril 2012, selon comScore, le trafic de Twitter ne permettrait à Google d'accroître son reach que 0,4% dans le monde. Un ratio dérisoire.


La bonne affaire pourrait d'abord être financière. Les réserves de Google rendent largement possible le rachat du site de micro-blogging, aujourd'hui valorisé aux alentours de 9 milliards de dollars, presque 10 fois moins que Facebook. Et puis, les esprits les plus malicieux ne manqueront pas de noter qu'une telle opération pourrait redynamiser le cours de l'action Google qui a perdu 13% de sa valeur depuis le début de l'année. Le rachat de Twitter serait un signal fort envoyé aux marchés et pourrait permettre de relancer les spéculations autour de son cours de Bourse.


Une telle opération permettrait aussi à Google d'accéder aux données publiées sur Twitter, des données qui ont une certaine valeur, en témoigne la cession des tweets archivés depuis deux ans à deux sociétés anglaises, Gnip et Datasift, contre la somme de 250 millions de dollars. Mais surtout, le rachat de Twitter permettrait à Google de renforcer son positionnement sur le marché du mobile, là où les perspectives de croissances des recettes publicitaires sont les plus fortes. A l'instar du rachat d'Instagram par son grand rival Facebook.


Enfin, en intégrant à sa sphère sociale près de 190 millions d'internautes, le géant de l'Internet trouverait là un relais de croissance tout indiqué à son réseau social Google+, techniquement abouti mais pour l'instant délaissé par les utilisateurs au profit de Facebook.

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