"Un opérateur de paris sportifs devra investir 10 millions d'euros pour s'installer"

Le gouvernement devrait remettre à Bruxelles, début mai, sa réponse concernant l'ouverture du secteur des paris sportifs et des jeux de hasard. Le fondateur de Zeturf réagit et évoque la bataille marketing qui va s'ouvrir.

Comment appréhendez-vous l'ouverture du marché du jeu et des paris sportifs que doit bientôt annoncer le gouvernement ?

La réponse que va rendre la France suite à une demande d'avis motivé de la part de Bruxelles repose sur le rapport remis récemment pas l'ex-ministre Bruno Durieux. Dans ce rapport, il est conseillé que la France soumette les opérateurs à l'octroi d'une licence nationale pour exercer. Or cette disposition est contraire à la règle européenne de reconnaissance mutuelle des licences entre Etats. On pourrait imaginer que le gouvernement mette en place un certain nombre de filtres, pour disposer d'un agrément en France, comme cela se fait pour les banques, mais elle doit reconnaître les licences accordées par d'autres pays européens.


 

Quand et comment comptez-vous attaquer le marché français ?

L'ouverture du marché donnera lieu à une très grosse bataille marketing. Il faudra y être prêt. Des acteurs étrangers peu connus devront mettre au moins 10 millions d'euros sur la table pour se faire une place. Un acteur dont le nom est déjà connu, comme ZeTurf, devra investir au moins 6 ou 7 millions d'euros. Quand pourrons-nous commencer à annoncer sur les sites alors que la loi française nous l'interdit aujourd'hui ? Je pense que le feu vert interviendra quand le gouvernement annoncera sa position de principe favorable à l'ouverture du marché des jeux et paris sportifs en ligne. Nous pourrons commencer alors à annoncer sur l'Internet français, tout en nous mettant d'accord sur quelques règles de bonnes conduites avant même que la loi française nous autorise formellement à annoncer en France et, certainement, encadre la publicité sur ce secteur.


 

Que pensez-vous des propositions concernant votre secteur, les paris hippiques ?

En ce qui concerne ZeTurf, les conclusions du rapport Durieux veulent faire de nous un simple revendeur des produits proposés par le PMU. Or nous voulons aussi proposer les nôtres. L'Etat français ne serait pas dans son rôle s'il ne faisait que renforcer le monopole du PMU en transformant ses concurrents en de simples revendeurs de ses offres. Si la position de la France en reste là, nous continuerons donc nos démarches judiciaires. Mais la proposition que va faire le gouvernement ne sera qu'une base de négociation, et tous ces point seront discutés ensuite avec Bruxelles. Mais finalement, ce qui est intéressant est que la France fasse preuve d'ouverture alors qu'elle montrait un blocage absolu sur cette question il y a encore un an.

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