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LA TRIBUNE DE NICOLAS CAILLY
L'AUTEUR
NICOLAS CAILLYSenior Manager - Shared Services & Outsourcing, BearingPoint MEME THEME
Partager pour mieux régner ou l'évolution des centres de services partagés
Centraliser les fonctions support des filiales d'un groupe. Tel est le principe des centres de services partagés. Initialement vecteurs d'économie, ils ont aussi permis aux entreprises de gagner en qualité. Explications.
(08/01/2008), modifié le 08/01/2008
Les Centres de Services Partagés (CSP), organisations centralisées apparues au sein des entreprises à la fin des années 80 aux Etats-Unis, continuent à se développer. Leur modèle évolue rapidement en termes de périmètre fonctionnel et de localisation. L'objectif de ces organisations évolue également : de la réduction des coûts à l'amélioration de la qualité.
Dès la fin des années 1990, les pays de l'Est ont retrouvé une stabilité politique ainsi qu'une plus grande maturité économique et sociale avec leur entrée dans l'UE. L'écart du coût de la vie entre l'Est et l'Ouest, la disponibilité de la main-d'oeuvre et les dispositifs incitatifs fiscaux mis en place font aujourd'hui de ces destinations des lieux privilégiés pour les CSP. Des groupes tels que Rhodia, Philips, Avis ont saisi l'opportunité. Mais comme pour les pays de la première vague, leur attractivité baisse progressivement.
Emergent maintenant comme nouveaux fiefs des CSP, des destinations plus éloignées telles que l'Ukraine, Madagascar ou les Philippines. Plus généralement, tous les pays en situation de "pré-boum" économique avec notamment un décalage du niveau de vie, une main-d'oeuvre qualifiée, des infrastructures développées, une stabilité politique et parfois des incitations fiscales à l'investissement sont potentiellement candidats. Cependant, l'attractivité de ces destinations ne se limite pas à la mise en place de CSP et elles entrent, elles aussi, dans la spirale du développement.
Les objectifs de qualité de plus en plus rencontrés dans les entreprises qui optent pour ce modèle ont aussi trait à la plus grande compétence des employés. Etant de taille significative, les centres de services partagés organisent généralement leurs équipes autour de tâches spécialisées ; ces équipes sont formées périodiquement et développent un savoir faire important. Sont souvent cités également comme bénéfices, l'accès plus rapide à l'information, le meilleur partage des tâches entre les fonctions opérationnelles et les fonctions de support, la plus grande satisfaction des clients internes du fait de la réelle culture de service instaurée dans les CSP. John McLafferty, Head of Professional Development chez Rolls-Royce, illustre bien cet objectif : "Nous n'avions pas l'assurance que les opérations étaient menées comme nous le souhaitions sur les différents sites, les relations avec les clients par exemple se passaient de manière très différente d'un site à l'autre... Nos objectifs dans ce projet étaient bien entendu la réduction des coûts, mais aussi le service à nos clients."
Enfin, les CSP sont aussi utilisés comme un levier de la stratégie de croissance des entreprises, et en particulier lors des opérations de croissance externe. C'est le cas de la société DHL qui a considéré comme objectif stratégique d'organiser nombre de ses fonctions support de manière centralisée (finance, achats, RH, gestion immobilière, informatique...). Franck Duperrier, directeur financier de DHL France à cette période explique : "Avec une dizaine de sites financiers et 7 outils comptables différents, il aurait été extrêmement difficile pour la direction financière d'être un acteur efficace dans le regroupement de ces sociétés (2). Les CSP sont une plateforme idéale pour intégrer nos sociétés, et pour en acquérir de nouvelles..."
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Dans les années à venir, au fur et à mesure que les différences de salaires s'atténuent, l'enjeu de la localisation diminue. Les gains économiques seront majoritairement issus de l'augmentation de la productivité de traitement. Les technologies à venir aideront sans doute dans ce sens mais les investissements nécessaires à leur mise en place resteront lourds.
L'externalisation des services, réelle mutualisation des moyens, sera l'une des réponses à ces préoccupations tant économiques que qualitatives. Ce modèle est en particulier d'accès plus simple pour un plus grand nombre d'acteurs, grandes et moyennes entreprises. Il permet de réduire les risques et la durée de mise en place et d'assurer rapidement l'accès à des ressources compétentes pour des coûts mutualisés.
L'externalisation des services, réelle mutualisation des moyens, sera l'une des réponses à ces préoccupations tant économiques que qualitatives. Ce modèle est en particulier d'accès plus simple pour un plus grand nombre d'acteurs, grandes et moyennes entreprises. Il permet de réduire les risques et la durée de mise en place et d'assurer rapidement l'accès à des ressources compétentes pour des coûts mutualisés. (1) Etude européenne de BearingPoint VOS REACTIONS, VOS COMMENTAIRES
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