Digital : Quels impacts sur la formation professionnelle ?

La digitalisation constante des entreprises et de leurs collaborateurs oblige la formation professionnelle à se transformer. L'heure est plus que jamais aux Mooc, Cooc, serious games...

La société moderne, bien qu’hyperconnectée, sait replacer l’humain au cœur de la relation client digitale. Le constat est identique dans le domaine de la formation, qui veut s’affranchir d’un format commun à tout le monde.

Le but ? Proposer une expérience nouvelle, attractive, interactive, adaptée et... efficace. Des besoins de souplesse et de personnalisation auxquels répond précisément le digital learning.


Un mix attrayant : le blended learning


80% des entreprises considèrent avec sérieux la digitalisation de leur offre formation, tandis que près d’1 salarié français sur 4 a déjà suivi une formation à distance. Alors, présentiel ou distanciel ?

Le blended learning, lui, combine les deux. Il est donc possible d’associer efficacement des sessions en présentiel et en distanciel ou d’intégrer des outils digitaux en présentiel. "Chez l’Oréal, nous utilisons le distanciel pour préparer un présentiel axé sur l’interaction et non passer le nez sur des slides, faire en sorte que le contenu didactique soit acquis avant la formation en présentiel" , explique Éric Mellet, International Sales Training & Development director chez l’Oréal produits professionnels.


Cela explique pourquoi les MOOC les COOC, classe virtuelle ou autres webinaires ont le vent en poupe.


Le formateur 2.0, en pleine émergence


Un des enjeux et facteurs de réussite de la digitalisation réside en la capacité du formateur à s’approprier les usages pédagogiques, les modalités ainsi que les pratiques nouvelles du digital.



Novice ou expérimenté, le formateur 2.0 doit être en mesure d’assurer le suivi et l’accompagnement des apprenants et il se doit de maîtriser les nouveaux outils et pratiques liés au digital. A ce titre, l’université américaine MIT est l’une des premières universités américaines à avoir intégré le digital (via les MOOC) dans son processus pédagogique et à être ainsi parvenu à transformer le rôle de l'enseignant.

Le web, synonyme de nouveaux métiers


Un rapport de la délégation prospective du Sénat souligne que "30% à 70% des métiers d’avenir sont encore inconnus aujourd’hui", tandis que, déjà en 2014, le USA Department of Labor prédisait que "65 % des écoliers d’aujourd’hui exerceront, une fois diplômés, des métiers qui n’ont même pas encore été inventés". 

Le digital a vu naître de nouveaux profils et requiert de nouvelles compétences quels que soient le métier et le niveau hiérarchique : les comités de direction se voient confier de nouvelles missions et de nouveaux métiers émergent côté collaborateurs. Enfin, au niveau des Comex, le Chief Digital Officer (CDO) fait son apparition. Certaines écoles participent à l’émergence des nouveaux talents et acteurs du digital de demain, telle l’école 42 – Born to Code. Le CFJ, pour sa part, s’apprête à ouvrir à la rentrée 2016 l’école W, dédiée aux contenus numériques.


Gamification : je joue donc j’apprends


Selon une étude de la DigitalAcademy sur les tendances de la formation professionnelle impactées par le digital, la génération Y représentera 75% de la population active en 2026.

Son arrivée sur le marché du travail entraîne l’émergence des méthodes de formations ludiques et sociales : serious games, immersive learning, réalité augmentée ou casual games. L’apprenant est désormais maître du jeu : il se confronte à des cas concrets et aux challenges de l’entreprise. Les techniques de jeu (scénario, progression, récompense) et l’attention portée au graphisme insufflent du dynamisme et créent un environnement qui implique plus fortement l’apprenant. Exit le décrochage grâce à toutes ces combinaisons de modalités, formes ludiques et sociales ! La gamification en entreprise a, semble-t-il, de beaux jours devant elle en France…


Social learning, en mode collaboratif


Avec l’essor des médias sociaux, la formation a su intégrer une dimension participative via de nouveaux modèles pédagogiques ; la notion de communauté est marquée, les échanges et les partages nombreux.


Le social learning valorise le social et le collaboratif : grâce aux outils 2.0, l’utilisateur passe d’un apprentissage formel à un apprentissage informel. Pour des profils exécutifs, cette notion collaborative peut être poussée encore plus loin. Le défi du leadership est donc d’embarquer les équipes dans le processus de transformation digitale.


Se former pour mieux (se) transformer


Véritable "Business Partner", la formation est une aide à la productivité et à la performance des équipes. Et au-delà des considérations de flexibilité, d’accessibilité, d’écologie, les entreprises, dans une démarche "R.O.I.ste", attendent du digital learning des données statistiques de contrôle, de mesure et d'analyse, qui leur permettent de les évaluer et de démontrer leur efficacité. Quoi qu’il en soit, la formation est un enjeu majeur : cette dernière n’est à présent plus une question, elle est une réponse à la transformation digitale des entreprises.


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