Défiscaliser via le crowdfunding : une bonne idée ?

Il est possible d'investir dans une PME éligible aux avantages fiscaux en vigueur via une plateforme de financement participatif.

Certes, la défiscalisation ne constitue pas la motivation première des crowfunders. Mais les particuliers qui ont recours au financement participatif pour réaliser des investissements permettant de payer moins d'impôts ne sont pas des cas isolés. "15% de nos souscripteurs le font pour des motifs fiscaux", chiffre Joachim Dupont, co-fondateur de la plateforme d'equity crowdfunding Anaxago.

Certaines plateformes facturent des frais de souscription allant de 2 à 5% des montants investis

Comme Wiseed ou SmartAngels, Anaxago propose notamment d'investir dans des PME éligibles à la réduction d'impôt sur le revenu prévue par la loi Madelin. Ou – car les deux avantages fiscaux ne sont pas cumulables – à une réduction d'ISF. Encadrée par la loi Tepa, cette dernière est limitée à 45 000 euros par an et par célibataire. Pour profiter de la décote maximale, il faut investir 50 000 euros au titre de l'IR et 90 000 euros au titre de l'ISF. Dans les deux cas, l'épargnant devra conserver ses titres jusqu'au 31 décembre de la 5e année suivant la souscription.

Mais ne met pas des billes qui veut. "Lorsque vous vous créez un profil investisseur sur Anaxago, explique Joachim Dupont, vous devez renseigner un certain nombre d'éléments qui permettent à nos équipes d'apprécier votre connaissance des instruments financiers et de valider le compte. Passée cette étape, vous choisissez une opération, investissez en ligne et pouvez suivre l'évolution des participations."

La plateforme se charge alors d'envoyer l'attestation de souscription au capital de la/les société(s) à l'administration fiscale. Cette dernière fait parvenir, généralement au printemps de l'année suivante, au contribuable un imprimé lui permettant de remplir sa déclaration d'impôts avec les éléments relatifs à son investissement.

Anaxago facture des frais de souscription qui varient entre 2 et 5% des montants investis, en fonction de la durée d'investissement. A cela peut venir s'ajouter une commission en cas de surperformance de… 20% de la plus-value. D'autres, comme SmartAngels, se rémunèrent via une commission dégressive comprise entre 5 et 0,5% de la somme investie.

Parmi les critères à prendre en compte avant d'investir, le processus de sélection opérée par la plateforme pour écarter les mauvais projets

Alors pourquoi passer par une plateforme d'equity crowdfunding plutôt qu'investir en direct ? Le dirigeant répond du tac au tac : "Quand on met 5 000 ou 10 000 euros sur la table, on n'a pas forcément un fort pouvoir de négociation. En agrégeant les souscriptions, nous avons plus de poids et sommes capables de définir les conditions en amont : valorisation, cours de l'action, pacte d'actionnaires…".

Autre argument avancé par Joachim Dupont, la qualité des opérations proposées sur son site : "Nous recevons plus de 120 dossiers par mois et n'en sélectionnons que moins de 3%."

Samantha Rouach, associée-fondatrice du cabinet de conseil en gestion de patrimoine Platineos doute pourtant "très fortement de la capacité des plateformes à filtrer les candidats au financement pour écarter les mauvais dossiers et protéger l'épargnant. Pour ma part, je déconseille fortement à mes clients d'y investir…".

Mais tous les conseillers en gestion de patrimoine n'émettent pas autant de réserves, à en croire Anaxago qui ne travaille pas encore avec la profession mais assure "être en discussion avec plusieurs réseaux". Parmi les points qui peuvent poser problème : le niveau de rémunération qu'attendent les conseillers en gestion de patrimoine, selon Joachim Dupont.

 

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