Une étude du cabinet
de consultants Andersen
(ex-Arthur Andersen), analyse "les perspectives du
webcasting" au cours des deux prochaines années.
Le pôle Télécom, Média et Communication
de la société a enquêté durant
les mois de juin à août 2001 sur la base
d'un questionnaire envoyé à 520 producteurs,
distributeurs et diffuseurs de contenus audio et vidéo
sur Internet ainsi qu'à des opérateurs réseaux,
éditeurs de logiciels, portails et autres entreprises.
Selon Delphine Cazaux, directrice associée responsable
du pôle concerné chez Andersen, il en ressort
un "optimisme étonnant" de la part des
acteurs du secteur.
La
sous-estimation du déploiement des hauts-débits
Si 76% des répondants
considèrent que la visualisation de flux vidéo
devrait augmenter de 100 à 400% dans les deux prochaines
années, c'est encore une fois en se fondant sur
l'arrivée imminente des hauts-débits.
D'ici fin 2003, 83% d'entre
eux, contre 38% aujourd'hui, prévoient d'encoder
leurs contenus à 512 kbps, un format gourmand en
bande-passante. Et Delphine Cazaux de faire remarquer
que "les sociétés interrogées
sont majoritairement de petites structures (40% comptent
moins de 20 salariés), dont les dirigeants sont
actionnaires et ont donc toutes les raisons d'exprimer
cet optimisme"...
La directrice précise par ailleurs que les prévisions
propres d'Andersen se limitent à "3 à
6 millions d'abonnés en haut-débit fin 2003".
Un chiffre plus rationnel, qui met en lumière selon
elle une exagération "en termes de délais"
de la part des acteurs du secteur. Un nouveau problème
se fait jour, dès lors, car les diffuseurs risquent
de ne pas pouvoir attendre les hauts-débits pour
rendre leur contenu payant, comme elles sont unanimement
décidées à le faire, en pay-per-view
pour moins de 10 euros ou par un abonnement de 5 à
15 euros par mois. Hormis à l'occasion de retransmission
"live", plus propices à la publicité,
les sociétés en question rejettent en effet
à 90% un modèle économique qui fonde
plus de la moitié de ses recettes sur la publicité.
L'ambigüité
des contenus à valeur ajoutée
Concernant les contenus,
Delphine Cazaux affirme que les sociétés
qui gagneront seront "celles qui maîtrisent
les droits". Or elles sont 43% à annoncer
qu'elles adopteront sous deux ans une solution de DRM
(Digital Rights Management) à cet effet, contre
seulement 8% équipées aujourd'hui. Autre
résultat évident de l'enquête, les
revenus issus de la diffusion de contenu multimédia
sur les réseaux ne se trouvent pas toujours là
où on les attend : 60% des diffuseurs déclarent
réaliser plus de 80% de leur chiffre d'affaires
dans le BtoB. Et les acteurs du BtoC avouent observer
un décalage entre leur prévisions et le
comportement des internautes... "C'est la formule
Canal+ qui semble fonctionner, résume Delphine
Cazaux : contenus adulte, ciné et sport".
Alors que "les diffuseurs affichent une stratégie
éditoriale fondée, dans l'ordre, sur le
cinéma, la musique et le sport", ils constatent
que "leurs revenus proviennent d'abord des contenus
dits "adultes" puis du sport et enfin du cinéma",
poursuit-elle.
Pour se déculpabiliser, il convient de noter que
les contenus institutionnels à destination des
salariés en entreprise arrivent en deuxième
position, derrière la musique mais devant le cinéma,
en termes de croissance de diffusion prévue dans
les deux prochaines années. Et c'est la formation
multimédia qui devrait représenter la plus
forte progression avec 69%. Sur le web plus encore qu'ailleurs,
semble-t-il, force est de constater que toute école
a son école buissonière...
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