L'open source désormais au cœur des systèmes industriels stratégiques

Open CIO Summit 2014 Le JDN a pu assister à l'Open CIO Summit 2014. Organisé dans le cadre de l'Open World Forum, cet évènement pour DSI à huis clos a permis de découvrir des projets open source de haut vol.

L'informatique open source est désormais choisie par les grands industriels comme socle de leurs systèmes stratégiques. C'est là le principal enseignement qui est ressorti de la 6e édition de l'Open CIO Summit. Organisé à la Marie du 4e arrondissement de Paris le 30 octobre dans le cadre de l'Open World Forum, cet événement a été l'occasion de découvrir une série de témoignages de directions informatiques de grands organisations françaises (EDF, PSA Peugeot Citroën, STIME Intermarché et la DISIC). 

Le JDN a pu assister à cette conférence qui s'est tenue à huis clos. Pour respecter la confidentialité des débats, nous en réalisons ici un compte rendu anonymisé.

L'open source : une référence dans le calcul et le Big Data

L'un des industriels présent a déployé une ferme de calcul de pas moins de 9000 cœurs, reposant sur 800 serveurs (x86)... tous équipés de Linux. Une infrastructure atteignant une capacité de calcul de 90 téraflops qu'il utilise dans le cadre de ses activité de conception. Ce même industriel a par ailleurs décidé d'opter, aussi, pour l'open source pour bâtir ses environnements de développement d'applications internes (qui reposent notamment sur LAMP et Java / Tomcat).

L'open source en réaction aux audits de moins en moins amicaux des éditeurs propriétaires

Dans la perspective d'une montée en puissance des objets connectés (dans l'énergie, l'automobile...), les décideurs IT réunis dans la salle ont insisté sur les points forts de l'open source dans l'optique de construire, à coûts raisonnables, les infrastructures permettant de traiter les masses de données produites par cette nouvelle génération de terminaux. "Face à ce défi, il peut être préférable de disposer d'un standard, pourquoi pas open source, qui puisse être cloné partout dans le monde", explique l'un d'eux. Pour certains grands groupes en effet, le volume d'objets connectés à gérer sera tel qu'il deviendra très vite nécessaire, notamment pour des questions de latence, de disposer d'infrastructures de Big Data réparties sur toute la planète.

L'open source pour monter en puissance rapidement sur le cloud

"Dans la perspective de déployer un cloud privé mondial, la logique open source trouve toute sa place parce qu'elle permet de plus facilement et rapidement monter en puissance sur de petites puis de plus grandes infrastructures, sans contraintes de coût ou de contrat trop fortes", analyse un directeur IT. Un autre abonde dans le même sens : "Face aux audits des éditeurs propriétaires de moins en moins amicaux ces dernières années, l'open source se révèle être une piste intéressante, notamment pour de tel projet à forte volumétrie qui peuvent très vite faire exploser les dépenses en matière de licence."

Mais le déploiement de telles infrastructures mondiales implique aussi de disposer d'équipes pour l'exploiter sur différents continents. "Or, en optant pour l'open source, on est beaucoup plus sûr de trouver des compétences un peu partout, car on se positionne alors en général sur des technologie plus standardisées. L'open source évite en outre d'être prisonnier d'un éditeur propriétaire dont la pérennité est parfois moins évidente que celle d'un projet libre doté d'un fort écosystème", estime un autre DSI.

France Connect : le Facebook Connect de l'Etat français

Le poste de travail open source en question

Autre question évoquée lors de cette 6e édition de l'Open CIO Summit, l'opportunité ou non de déployer un poste de travail open source a suscité un vif débat. Selon l'un des témoins présents, cette voie serait mieux adaptée à des métiers aux besoins IT très spécifiques, et n'utilisant pas ou peu la bureautique. "Pour ce type de profils, il devient en effet très réaliste de mettre à disposition, via Firefox sur un poste léger sous Linux, une application spécifique", explique le témoin. En revanche si les besoins bureautiques sont importants, cette logique serait plus difficile à mettre en œuvre, notamment du fait d'un manque d'adhérence entre les formats bureautiques (Office vs LibreOffice) rendant complexes les échanges.

Enfin, du fait de la présence de la DISIC (Direction interministérielle des systèmes d'information et de communication), les échanges ont naturellement portés sur la place de l'open source dans la transformation numérique de l'Etat. Sur ce terrain, les questions des DSI présents ont largement porté sur le projet France Connect. Une plateforme qui aura pour but de proposer un service d'identification unique à tous les services numériques de l'administration centrale. Sorte de Facebook Connect à la française, elle commencera par gérer les connexions des 3 millions d'utilisateurs de mon.service-public.fr en 2015, avant de s'étendre en 2016 au très stratégique impots.gouv.fr.

Faisant la part belle aux API, pour orchestrer les accès aux différentes plateformes de l'Etat, France Connect devrait être largement construit autour de briques open source. Mais dans la logique de l'open data, il devrait également permettre à terme aux sociétés privées de vérifier l'identité d'un client français, lors de la réalisation d'une transaction en ligne ou la signature d'un contrat par exemple.

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