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 LA TRIBUNE DE PATRICE LETOURNEAU 
La génération Y : oui, mais le meilleur reste à venir !
Si la génération Y ouvre la voie à des transformations profondes des entreprises, c'est la génération "C " qui provoquera le plus d'impacts. Une réflexion sur le management de nos organisations à la lumière des aptitudes et demandes de ces nouveaux collaborateurs doit avoir lieu.
(17/07/2009)
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La génération Y intègre nos organisations et amène avec elle de nouvelles méthodes de collaboration mais aussi de nouvelles demandes en termes de  qualité de vie et d'outils collaboratifs. La génération C intégrera elle aussi les organisations dans quelques années et l'impact de leur entrée sur le monde du travail promet d'être encore plus remarqué ! Une réflexion sur le management de nos organisations à la lumière des aptitudes et demandes de ces nouveaux collaborateurs doit avoir lieu.


Les membres de la génération Y ont aujourd'hui entre 22 et 32 ans (indépendamment des sources) et sont acteurs d'une profonde transformation des pratiques des organisations. On voit leur effet partout et, lorsqu'ils sont regroupés en plus grand nombre comme dans le cas d'organisations "à la Google", ils sont de puissants moteurs d'innovation.


Rappelons ici certaines de leurs caractéristiques :

- Ils sont ludiques, individualistes et ambitieux,
- Ils sont réticents à travailler durant les fêtes et week-ends,
- Ils veulent des congés pour décompresser, car la santé mentale et physique s'avère leur priorité,
- Ils recherchent une meilleure qualité de vie, en conciliant travail et intérêt personnel,
- Ils pensent à court terme et sont très mobiles,
- Ils sont très à l'aise avec les technologies de l'information et collaborent facilement.  

Mais selon certains chercheurs, si la génération Y ouvre la voie à des transformations profondes dans les organisations (utilisation d'outils collaboratifs, aplatissement des structures hiérarchiques, etc.), c'est l'arrivée de la génération "C " qui provoquera le plus d'impacts.

La génération C est connectée à la fois à la maison, à l'école mais elle utilise aussi les téléphones portables pour rechercher de l'information, échanger, communiquer, partager, etc. Elle est native du numérique et imagine mal comment la société pouvait fonctionner avant l'arrivée du Web. En effet, comment les gens arrivaient-ils à planifier des week-ends de camping sans facebook ? Et pour les horaires de cinéma, il fallait vraiment téléphoner ? Les travaux scolaires sans Google leur semblent d'autant plus impossibles à imaginer.


Selon une étude à paraître du CEFRIO (Centre francophone d'informatisation des organisations), l'impact de cette génération sera encore plus important que celle qui la précède. Selon cette étude, "En 2006, 468 000 Québécois avaient entre 10 et 14 ans; 474 000 avaient entre 15 et 19 ans; et 492 000 avaient entre 20 et 24 ans. On appelle ce million et demi de Québécois la génération C. En effet, ces jeunes ont grandi avec les micro-ordinateurs et Internet et ils s'en servent pour Communiquer, Collaborer et Créer comme jamais auparavant dans l'histoire".

Ce constat a mené le CEFRIO à entreprendre la plus grande étude jamais réalisée au Québec sur les attentes et les comportements des jeunes qui ont grandi avec les TI et Internet. Les résultats seront présentés les 20-21 octobre prochains et Voirin Consultants sera présent pour prendre connaissance des résultats de l'étude.

 

Maintenant de notre côté de l'Atlantique, le phénomène est tout aussi important (et même plus si on considère que le réseau 3G est arrivé en France bien avant celui du  Québec contribuant ainsi au phénomène). Voici quelques chiffres tirés d'une enquête réalisée en ligne pour le compte de l'association e-Enfance par IPSOS auprès d'un échantillon de 500 jeunes français âgés de 9 à 17 ans :


- 53% des 13-14 ans et 58% des 15-17 ans animent leur propre blogue,
- 66% des 13-14 ans et 74 % des 15-17 ans utilisent la webcam,
- 91% des 9-17 ans utilisent Internet pour rechercher de l'information, 80% pour communiquer avec leurs amis, 68% pour regarder des vidéos, 68% pour jouer,
- 55% des jeunes de 15-17 ans ont un profil sur un réseau social (Facebook ou Myspace),
- 30% des enfants se servent du téléphone mobile pour aller sur Internet.


La tendance lourde de l'utilisation des TIC par les jeunes provoque, et continuera de provoquer des impacts au sein des organisations. Une réflexion à grande échelle est déjà en marche. Parmi les  acteurs importants qui s'intéressent au phénomène, on retrouve évidemment Microsoft qui a récemment publié une étude sur les usages des TIC en milieu de travail avec un regard plus fin sur la nouvelle génération de travailleur. Selon cette étude, la nouvelle génération qui arrive en entreprise semble baigner dans cette société de la communication et des échanges d'informations : 66% partagent, 60% informent et 61% recherchent des informations dans leur travail chaque semaine.


Pourquoi les plus jeunes gèrent-ils bien mieux l'infobésité que leurs ainés ?  eux grands principes sont mis de l'avant pour expliquer ce phénomène :


- Ces natifs du numérique ont appris à utiliser ces outils très tôt dans leur vie et arrivent en entreprise déjà avec une bonne connaissance des usages associés aux technologies de l'information. Aussi, ils ont très fréquemment des PC plus performants à la maison que ce qu'ils ont au travail. Au niveau équipement et usage informatique, ils sont en bien souvent en avance sur l'organisation pour laquelle ils travaillent.

- La nature des outils que la jeune génération de travailleurs utilise n'y est surement pas étrangère non plus : réseaux sociaux, webcast, vidéos, photos, logiciels multimédias, messagerie instantanée font partie intégrante de leur quotidien. Ils ont ainsi une plus grande confiance dans ces outils quand vient le temps de partager des informations personnelles mais aussi l'utilisation de ces plates-formes apporte une plus grande valeur parce qu'un  plus grand nombre de leurs proches sont connectés. 

Beaucoup reste à étudier et à dire sur ce phénomène (d'ailleurs, Voirin Consultants parraine en ce moment une thèse Cifre qui abordera cette question). Si les impacts sont progressivement visibles, gageons que lorsque la génération Y sera aux commandes des organisations et que la génération C aura pleinement intégré toutes les sphères des organisations, nous assisterons à la montée en puissance de nouveaux types de management, d'organisation et de processus. Le futur est à nos portes.

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VOS REACTIONS, VOS COMMENTAIRES 

La génération Y : oui, mais le meilleur reste à venir !

  (Michaël Tartar)

Ceux qui ont la chance de voir évoluer des enfants (dès l'âge de 6 ans) confrontés à l'utilisation des technologies de l'information, peuvent être surpris par leur capacité à les manipuler. Cependant, cela n'est pas beaucoup plus surprenant que de voir les enfants des générations précédentes utiliser très tôt les technologies que leurs parents ont vu arriver sur le marché, et qu'ils se sont appropriés dans la douleur en lisant des manuels abscons.

Ce qui frappe en revanche, c'est l'accélération du phénomène : les nouveaux usages pénètrent beaucoup plus vite dans les foyers. Probablement de part la simplification des ergonomies. A l'inverse, et en vue de favoriser l'adoption des nouveaux usages par les générations précédentes, il serait intéressant d'identifier les freins rencontrés. Et parmi ceux-ci, le simple souvenir de difficultés d'usage passées peut être un facteur bloquant : par quel miracle ce qui ne fonctionnait pas avant, peut-il fonctionner maintenant ? (03/09/2009)

Re : La génération Y : oui, mais le meilleur reste à venir !

  (fanouillere)

Faut pas s'enflammer. génération C ça peut aussi vouloir dire carrément Con et Creux à la fois. y'a qu'à voir la porté philosophique des émissions TV qu'ils regardent et la qualité des échanges SMS des gamins de nos jours pour avoir une idée du résultat que ça va donner.
prometteur. (08/09/2009)

La génération qui redécouvre l'eau chaude

  (Frederic Meurin)

J'ai trente-deux ans. Quand j'en avais huit, ma famille s'extasiait devant mon aisance à manipuler ce concentré de technologie qu'était... le magnétoscope. Aujourd'hui on s'étonne de la facilité qu'éprouvent les natifs numériques avec les ordinateurs.

Personnellement, je surpris de cet étonnement (sic) : cela fait belle lurette qu'on sait que les enfants disposent d'une plasticité intellectuelle plus importante que les adultes qui favorise notamment l'apprentissage des langues, fussent-elles parlées par des humains ou des machines (car oui, une interface homme machine constitue une forme de langage, n'importe quel ergonome en conviendra).

Donc cet article nous apprend que la jeune génération, Z, D ou que sais-je, est en phase avec les évolutions de la société puisqu'elle en est la principale actrice (transfert des valeurs du professionnel, utilisation des nouveaux outils...) et que la génération précédente devra s'adapter sous peine d'être dépassée (comme si ça n'était pas elle qui tenait les cordons de la bourse salariale). C'est très novateur, dites-moi ! (08/09/2009)

La génération Y : oui, mais le meilleur reste à venir !

  (Jean-François Lamy)

Il m'a fallut faire pas mal de recherches mais je savais bien que j'avais déjà vu ce concept présenté comme nouveau quelque part. C'était en 2007 ici : http://www.generationy20.com/la-generation-c-pour-contenu et cela reprenait un article de 2004 : http://www.trendwatching.com/trends/GENERATION_C.htm

Je copie colle : "Ne vous faites pas avoir ! Cette génération C n'est en réalité qu'une illustration parmi d'autres des nouveaux comportements que l'on semble découvrir en France en ce moment mais qui étaient déjà définis au Québec, aux USA et en Australie en 2004. Un vieux concept (...) rejoint l'engouement pour le 2.0 en France (...). Une trouvaille de consultant arrivant un peu tard sur le marché du conseil générationnel avec un nom plus facile à référencer que "génération Y". (07/09/2009)

La génération Y : oui, mais le meilleur reste à venir !

  (L)

Une question me taraude l'esprit.
A l'heure de l'information instantanée, de son partage en masse, de l'accélération des décisions et des actions basées elles mêmes sur ces informations. A l'heure ou tout peut être, créé, dit, contredit, certifié et décertifié par tout le monde ou par des experts et des contre experts, à vitesse grand V.
Comment fait la génération C pour tirer le vrai du faux, le tangible du supposable et permettre de prendre une décision cohérente ?

Echanger des avis, infos sur la vie de tous les jours, organiser un week-end est un fait, mais partager des informations en masse dans une société, donner un avis cohérent et remonter vers la hiérarchie , ou en séance plénière un dossier bétonné pour débattre l'esprit clair en est une autre. Sans jugement, de ma part, est ce une vraie question ? savent ils ? sauront-ils ? comment ? (07/09/2009)

Soyons d'autant plus vigilants

  (Verena)

Si les grandes organisations s'intéressent à l'évolution des comportements, l'exploitation qu'elles feront des analyses sera obligatoirement mercantile. Sans vivre dans une paranoïa paralysante, les parents et adultes doivent impérativement ressasser et ressasser encore à leurs jeunes les dangers d'une identité numérique non maitrisée. Il faut savoir que l'activité de certaines sociétés ne consiste qu'à alimenter des bases de données à partir d'informations seekées sur le Web. Ces investissements ne sont pas appelés à dormir sur des espaces de stockage, mais bien à être utilisées en leur temps, ie quand cette génération imprudente bénéficiera d'un rôle social, d'une voix électorale, d'un pouvoir de décision, et d'un compte en banque.
Qui se rappelle que le numéros tatoués sur les déportés de la seconde guerre mondiale était celui de leur fiche IBM ? (07/09/2009)

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