Où se trouvent les plus mauvais conducteurs de France ? Pour répondre à cette question, on pourrait se tourner vers le baromètre de la conduite responsable publié chaque année par la Fondation Vinci Autoroutes. Il passe en revue les bons et les mauvais comportements des automobilistes, région par région.

Mais ce baromètre repose sur un sondage mené auprès de 12 000 personnes, et non sur des statistiques officielles. Pour aller plus loin, le JDN a donc consulté le dernier "Bilan des infractions au code de la route", consacré à l'année 2024.

Parmi ses quelque 126 pages de statistiques, une donnée retient particulièrement notre attention : le nombre de points retirés pour 1 000 habitants. Une donnée détaillée département par département. Le Finistère affiche ainsi le taux le plus faible, avec seulement 125 points retirés pour 1 000 habitants. La moyenne en France métropolitaine atteint, elle, 171 points. De l'autre côté du classement, un département se détache nettement.

Le pire département de France pour cette statistique est réputé pour ses parcs naturels et ses paysages à couper le souffle : les Hautes-Alpes enregistrent 344 points retirés pour 1 000 habitants.

Autrement dit, les conducteurs de ce département ont perdu en 2024 2,6 fois plus de points qu'à Paris, où le taux s'élève à 131 points pour 1 000 habitants. Le reste du podium est occupé par le Gard, avec 238 points retirés, puis par l'Essonne, avec 226 points.

Pourquoi les Hautes-Alpes se démarquent-elles autant ? Le bilan des infractions au code de la route 2024 ne donne pas de réponse noire sur blanc. On y apprend tout de même que les conducteurs résidant dans les Hautes-Alpes commettent aussi davantage d'infractions liées à l'usage du téléphone ou d'une oreillette, ainsi qu'au non-respect d'un stop ou d'un feu rouge, que la moyenne française.

Les forces de l'ordre semblent elles aussi constater de nombreux comportements à risque sur les routes des Hautes-Alpes. Elles y multiplient les contrôles, notamment en matière d'alcoolémie et de stupéfiants. On compte ainsi 172 dépistages d'alcoolémie pour 1 000 habitants dans les Hautes-Alpes, contre 123 en moyenne nationale.

Même constat pour les stupéfiants : les Hautes-Alpes font partie des départements où les dépistages sont les plus nombreux, avec 43 contrôles pour 1 000 habitants et 7,3 % de résultats positifs, contre 18 pour 1 000 habitants au niveau national.

Lorsque l'on croise ces données et qu'on les rapporte à la population du département, le classement des Hautes-Alpes s'explique aussi par un effet de taille. Le département compte l'une des populations les plus faibles du pays. Dans le même temps, une part importante des infractions régulièrement relevées entraîne de lourds retraits de points : quatre points pour le non-respect d'un stop, six pour la consommation de stupéfiants. Ce phénomène fait mécaniquement grimper les Hautes-Alpes dans le haut du classement.