Il est essentiel de faire la différence entre la bonne et la mauvaise 3D

L'avènement de la 3D génère un nouveau marché de contenus vidéos. Cependant, cette technologie doit d'être maitrisée en amont comme en aval de la production pour ne pas risquer de gâcher le résultat final.

L'année 2010 a vu naitre une nouvelle génération de produits visant à rendre la 3D plus accessible aux professionnels de l'audiovisuel et aux réalisateurs. Pour ceux qui veulent filmer en 3D, il existe désormais un éventail assez large de solutions qui permettent de le faire.

Jamais auparavant tourner en 3D n'a été aussi aisé. Pourtant cet accès plus facile au matériel de tournage en 3D ne rime pas forcément avec résultats de qualité. En fait, c'est même tout le contraire. C'est pour cette raison que plusieurs considérations importantes sont à prendre en compte avant, pendant et après toute captation de contenu en 3D : chaque décision que le professionnel prendra à chacune de ces étapes impactera directement la qualité du résultat final.

La préparation
Le premier choix auquel le professionnel de l'audiovisuel va devoir faire face est celui de l'utilisation ou non d'un système de plate-forme de caméra traditionnel. Les plate-formes 3D personnalisables permettent de s'adapter à des critères de réalisation spécifiques pour couvrir différents contextes de tournage en double caméra, l'utilisateur pouvant ainsi modifier les paramètres afin d'obtenir le résultat souhaité. Malheureusement, ce type de plates-formes 3D a toujours été perçu comme une solution  "haut de gamme" à la fois coûteuse et complexe à concevoir, fabriquer, installer et exploiter.

Aujourd'hui, il existe une alternative avec les caméras 3D tout-en-un qui donnent la possibilité aux utilisateurs de modifier des paramètres beaucoup plus facilement et de contrôler d'importantes variables tels que la distance, le cadrage, la parallaxe et la luminosité. De cette façon, les paramètres peuvent être fixés dans l'appareil et l'utilisateur n'a plus qu'à ajuster la mise au point et l'orientation de la parallaxe sur le sujet filmé. Une fois les paramètres 3D intégrés dans les équipements de diffusion et la complexité de l'organisation de la plate-forme annulée, les utilisateurs bénéficient toujours d'une flexibilité totale pour leur tournage.

C'est un avantage certain : la facilité d'utilisation permet bien évidemment de produire plus de contenus qualitatifs.

Le tournage
Une fois le travail de préparation effectué, le tournage en lui-même nécessite des compétences particulières chez le caméraman ainsi qu'une appréciation et une conscience accrues de ce qui est filmé. Si toutes les règles habituelles pour le tournage en 2D s'appliquent, s'y ajoute néanmoins une réflexion supplémentaire sur le résultat attendu. Il faut en effet accorder une attention toute particulière à la taille de l'écran sur lequel le contenu sera projeté, à sa typologie (plasma, projecteur...) et bien sûr à toutes les spécificités d'un tel tournage tels que les angles de prise de vues. La parallaxe par exemple, est la clé pour atteindre le bon effet 3D et un réglage incorrect de celle-ci rendrait l'arrière-plan visible deux fois dans le contenu final.

Pour éviter ce genre de déconvenue, les caméras tout-en-un intègrent des tableaux graphiques et des guides de paramétrage pour aider l'utilisateur à tourner en toute efficacité. Ce qui n'empêche pas  le fait que la contribution d'un caméraman compétent reste primordiale dans l'obtention d'une bonne vidéo 3D. A la différence d'un tournage en 2D, le caméraman doit penser à la scène filmée dans son ensemble, en considérant la manière dont l'effet 3D apparaît à l'écran pour chaque élément de l'image. La position du point de convergence détermine si les sujets sont à l'avant ou à l'arrière de l'écran. Certains professionnels savent instinctivement en regardant dans le viseur si le résultat final sera satisfaisant tandis que d'autres auront besoin de visionner le contenu ensuite pour comprendre comment les paramètres définis affectent la captation. S'il faut filmer à nouveau, la souplesse et la facilité d'utilisation d'une caméra tout-en-un aideront à comprendre comment modifier les réglages et reprendre le tournage.

La post-capture
La post-capture donne une dernière chance de modifier le contenu et de corriger les erreurs, bien qu'à ce stade du processus de production les changements possibles s'avèrent limités. Avec une solution tout-en-un, le zoom peut être utilisé pour aligner les images de droite et de gauche, avec pour seul compromis une très légère perte de qualité d'image. Dans l'intérêt de produire le meilleur résultat possible en 3D, mieux vaut donc ne pas modifier ou apporter de corrections à ce stade. De la même façon qu'il vaut mieux prévenir que guérir, les professionnels qui privilégieront le paramétrage pour les différentes phases de capture de contenu de tournage en tireront tous les bénéfices au moment du résultat final.

Pour conclure, obtenir un bon contenu 3D est loin d'être évident. La capacité à produire de bons effets 3D dépend de multiples facteurs tels que la qualité du matériel, l'ergonomie et la flexibilité nécessaire pour modifier les paramètres clés.  Elle repose surtout sur une véritable prise de conscience du tournage dans la troisième dimension et sur ​​la nécessité d'adopter une approche holistique des nombreuses variables qui influent sur le résultat final d'un tel projet.

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