Marché du stockage de données : les perspectives pour 2012

Le monde du stockage de données a débuté 2012 avec la crise liées aux inondations en Thaïlande. Cette catastrophe naturelle a engendré au 1er semestre 2012 une augmentation des coûts de 5 à 10% chez les fabricants d'équipements intégrant des disques durs. Qui devrait s'estomper ensuite.

Certaines usines sont à nouveau capables de produire et les stocks ont permis de parer à une rupture totale d’approvisionnement déjà en cours de reconstitution. La situation étant en cours de rétablissement, voici les tendances majeures du marché du stockage de données pour les mois à venir.   

Une croissance toujours explosive
Malgré la morosité économique, la tendance reste à la hausse exponentielle en matière de production de données de toutes sortes et les besoins en stockage ne faiblissent pas. La récente étude menée par le groupe EMC et le cabinet IDC extrapole une croissance de « l'univers numérique » d'un facteur 44 sur les dix prochaines années, avec une volumétrie passant de 0,9 à 35,2 zetta octets. Notre siècle est celui de l’information : les entreprises, institutions et organisations, mais aussi les particuliers, n'en ont jamais autant généré !
L'étude menée par EMC et IDC indique que, dans la seule année 2010,  les entreprises et les particuliers ont créé 1,2 zetta octets de données, mais qu'au rythme où vont les choses, les 35 zetta octets seront dépassés dans 10 ans. Cette tendance est irréversible car 70 % de ces informations auront été générées par les particuliers. Les entreprises ne sont cependant pas en reste puisque la croissance en volume de leurs données est estimée à 65% par an environ alors qu’elle n'était que de 40% en 2009. 
Mais c’est le volume d’informations non structurées qui augmente le plus rapidement : photos, films ainsi que musiques dématérialisées sont partagés ou téléchargés et donc dupliqués notamment par le biais des réseaux sociaux. A cela s'ajoutent les flux d’informations - également non structurés - générés par des activités économiques ou de services : les systèmes de recherche et de conception pour la production, l’imagerie médicale, la vidéo surveillance, etc.

L'innovation au service de l'accessibilité aux données
Aujourd’hui, la principale préoccupation des fournisseurs de solutions de stockage est d'augmenter leur capacité tout en maîtrisant les coûts. En parallèle, un autre défi se profile : la rapidité d’accès aux données sauvegardées devient primordiale car les informations sont toujours plus dématérialisées. Les technologies de mémoire flash comme les SSD vont donc prendre de plus en plus d'importance dans le monde du stockage à court et moyen terme. En les associant aux capacités croissantes des disques SATA, les performances des systèmes peuvent être démultipliées et optimisées. Chez EMC Isilon, l'association mémoire flash et disque SATA devient prépondérante dans le type de solution proposé aux clients. Les disques SSD sont d’ailleurs déjà utilisés pour accélérer les accès au système de fichier, mais aussi pour y stocker des fichiers si le client souhaite améliorer la performance de lecture/écriture des données.
L'amélioration des performances en matière d'accessibilité aux données devient un enjeu particulièrement important avec l'évolution des infrastructures informatiques vers le « cloud »,
c'est à dire l'externalisation chez des hébergeurs internes ou externes aux entreprises, des moyens de calcul, de stockage mais aussi des applications.
Le cloud est la dénomination générique qui recouvre un grand nombre de propositions de services.
Pour le stockage des données, il s’agit essentiellement de la mise à disposition d'espaces disques non plus sous la forme d'un investissement matériel mais d'un service, limité ou non en capacité et en durée, et rapidement évolutif.

S’adapter aux besoins avec le « pay as you grow »
En 2012, il faudra compter sur le déploiement d’un business model dit de « pay as you grow ». Ce principe permet de faire l’acquisition d’une solution adaptée à un besoin actuel puis d’évoluer facilement et simplement pour accompagner la croissance de la volumétrie de données même si celle-ci est totalement imprévisible.
Le choix de ce mode de consommation est notamment pertinent pour les entreprises du e-commerce ou leurs prestataires en infogérance et pour les fournisseurs de services audiovisuels
qui lancent des offres de services à la demande comme la VOD, la télévision de rattrapage et tout ce qui gravite autour de la télévision connectée. L’e-commerce et le monde des médias sont en pleine mutation technologique et les nouveaux services à la demande vont rapidement se généraliser, nécessitant des systèmes de stockage de plus en plus capacitifs et évolutifs.

Un stockage des données plus économe en énergie
Les constructeurs du secteur du stockage de données investissent depuis longtemps dans la recherche et le développement afin de diminuer les consommations énergétiques par téraoctet de données sauvegardé. Depuis six ans, les progrès effectués ont été colossaux : en 2006, il fallait consommer 80 watts d'électricité pour partager un téraoctet de données sur un réseau ; aujourd'hui, seulement 5 watts suffisent, soit 16 fois moins. Ces gains représentent des économies budgétaires substantielles pour les exploitants de datacenters et constituent une contribution majeure à l’effort commun en faveur de la lutte contre le réchauffement climatique et contre le gaspillage énergétique.
Améliorer la diminution de consommation d’énergie fait partie des axes indispensables à poursuivre au vu des perspectives de croissance établies en matière de production et de stockage de données. D’autre part, cet effort permet de répondre à certaines des attentes des clients, comme le respect du principe d’éco-responsabilité et la réduction de la consommation électrique.

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