Première règle de la réalité virtuelle : ne pas rompre « la présence »

La réalité virtuelle est destinée à transformer de façon fondamentale le divertissement, et créer un impact à long terme susceptible de dépasser les nouvelles technologies les plus disruptives disponibles.

"Je me tiens sur le toit d’un grand immeuble, scrutant la rue à des dizaines de mètres plus bas alors que je reprends mon souffle. Le drapeau sur le toit de l’immeuble voisin claque au vent, je fais un pas en arrière avant de perdre l’équilibre et de tomber dans la rue. J’entends le bruit des pas de mes poursuivants dans les escaliers menant au toit. Aucun endroit où me cacher à première vue..."

La réalité virtuelle est destinée à transformer de façon fondamentale le divertissement personnel tel que nous le connaissons, afin de créer un impact à long terme susceptible de dépasser les nouvelles technologies les plus disruptives actuellement disponibles. Le simple fait de porter un casque de réalité virtuelle plonge l’utilisateur en quelques secondes seulement, dans un nouvel univers lui offrant des expériences de divertissement extrêmement proches de la réalité.

Le monde du cinéma traditionnel place le spectateur en tant que témoin de l’histoire, mais la technologie de jeu actuelle transforme les utilisateurs en participants actifs. La réalité virtuelle révolutionne tout, rendant la perception du monde virtuel aussi réelle que celle du monde physique. Pour y parvenir, la technologie doit néanmoins devenir invisible, imperceptible, indétectable. Dès lors qu’elle se trahit, à travers une interface complexe ou une expérience irréaliste, le charme est rompu et le monde inconscient de la « présence » de la réalité virtuelle s’évanouit.

Parvenir à créer une expérience utilisateur véritablement fidèle au réel par le biais de la technologie de réalité virtuelle est aujourd’hui possible grâce aux progrès considérables réalisés dans les technologies d’affichage, de vidéo, de graphisme et de capacité de traitement des ordinateurs. Toutefois, le secret n’est pas seulement de parvenir à créer cette « présence » mais également de la maintenir. Le but étant de « ne pas rompre la présence. »

Comprendre le concept de « présence »

« Ne pas rompre la présence » nécessite de savoir précisément ce que nous voulons pour éviter la rupture. Cela consiste également à percevoir les éléments qui sont essentiels pour parvenir à cette présence au sein d’un environnement virtuel.

La présence de la réalité virtuelle est communément assimilée au concept d’immersion, autrement dit la sensation d’être physiquement présent dans un monde immatériel, ou bien un état de conscience dans lequel l’utilisateur de réalité virtuelle est plongé dans un simulacre qui semble tellement réel qu’il finit par être perçu comme tel. La présence peut se mesurer comme le degré à partir duquel l’environnement virtuel reproduit fidèlement une sensation réelle au point d’en faire oublier à l’utilisateur son incrédulité. Plus l’illusion est grande, plus le degré de présence atteint est élevé.

Les chercheurs étudiant la réalité virtuelle divisent la présence de réalité virtuelle en trois sous-catégories principales : personnelle, sociale et environnementale. La présence personnelle fait référence au sentiment des utilisateurs d’exister physiquement dans un monde virtuel. La présence sociale implique l’interactivité avec d’autres entités simulées ou réelles au sein du monde virtuel. Enfin, la présence environnementale intervient lorsque le monde virtuel semble avoir conscience de l’existence de l’utilisateur et qu’il réagit en conséquence.

Pour les développeurs de réalité virtuelle, ce sentiment de présence est le résultat d’une longue série d’avancées et d’innovations technologiques, notamment l’introduction d’une large gamme de données sensorielles et d’éléments maniés ou commandés par l’utilisateur au sein de l’environnement virtuel. Cela passe également par l’amélioration de la vitesse et de la fluidité avec lesquelles l’environnement virtuel répond aux manipulations ou aux commandes de l’utilisateur.

Le rôle de la technologie dans la réalité virtuelle

Concevoir un environnement de réalité virtuelle réaliste demande d’énormes capacités informatiques afin de doter le monde virtuel des meilleurs paramètres de performance possibles. Les technologies utilisées doivent néanmoins créer et maintenir l’environnement virtuel afin de permettre la présence virtuelle. Elles doivent ensuite se faire oublier et rester sans conséquences sur l’expérience vécue par l’utilisateur.

La technologie de réalité virtuelle requiert un traitement graphique plus rapide, des résolutions d’images élevées, de faibles latences et une bonne qualité visuelle, tout en supprimant les délais de traitement, les graphismes saccadés ou la lenteur de réponse aux évènements ou aux stimuli au sein du monde virtuel.

L’objectif ultime de la technologie de réalité virtuelle est de préserver la formule magique indispensable au charme de l’immersion, cette « présence » essentielle qui constitue le cœur de l’expérience de réalité virtuelle. Pour sa part, l’utilisateur n’a besoin que d’une seule chose pour maximiser son expérience : faire disparaître la technologie. Les ordinateurs personnels les plus rapides actuellement disponibles remplissent presque cette mission. Ceux dont nous disposerons tout prochainement serviront de base au perfectionnement de cette technique.

"...La seule solution est de sauter sur le toit voisin. Je me retourne rapidement pour jeter un dernier coup d’œil, et… c’est le grand saut. J’ai l’impression de voler, puis j’atterris délicatement en roulade sur le toit. Mes poursuivants sont toujours à mes trousses. Je file comme le vent et m’engouffre dans une cage d’escalier."

Autour du même sujet