Temps de chargement et référencement naturel : état des lieux

Dressons le bilan des relations qui peuvent exister entre la performance web et le SEO, y compris les dernières évolutions de Google à ce sujet : test du Red Slow Label, etc.

Le temps de chargement de votre site web est un point essentiel pour l’expérience utilisateur, qui va impacter nombre de vos KPIs (indicateurs clés de performance), tels que le taux de conversion, le panier moyen ou encore le taux de rebond.

Régulièrement, l’optimisation de la vitesse de chargement des pages est évoquée à travers des problématiques SEO (Search Engine Optimization), et certaines prises de position sur le sujet ont, au cours des dernières années, entraîné des débats animés.

Je vous propose donc aujourd’hui de faire un bilan sur les différentes intersection de ces 2 disciplines, notamment sur les dernières évolutions de Google à ce sujet.

La vitesse : une culture chez Google

"As a product manager you should know that speed is product feature number one."
Larry Page, fondateur de Google, cité par Urs Hölzle (Velocity conference 2010)

Pour Google, la vitesse est la fonctionnalité numéro 1 du produit, c’est une philosophie très forte, qui s’explique simplement : depuis les débuts du moteur de recherche, la vitesse constitue un critère de différenciation.

Bing et Google s’étaient associés en 2009 dans une étude conjointe, pour mesurer l’impact de l’attente sur leurs revenus publicitaires, dont voici les résultats :

Impacts, sur différents indicateurs, de l’introduction d’un délai de 50 à 2000 ms avant de renvoyer les résultats d’une recherche
(source : http://radar.oreilly.com/2009/06/bing-and-google-agree-slow-pag.html)


On comprend donc l'intérêt de la rapidité pour Google, intérêt qui transparaît à travers nombre de ses produits :

  • Google Analytics : propose du Real User Monitoring, c’est-à-dire le suivi des temps de chargement des internautes pour les sites utilisant ce produit
  • Google Fonts : exprime l’impact sur la performance web de l’utilisation d’une ou plusieurs polices de caractères, grâce à l’affichage d’une jauge
  • PageSpeed Insights : outil de diagnostic consacré à la performance web
  • PageSpeed Module : outil d’optimisation automatique des pages web
  • Google WebMaster Tools : expose le temps de chargement observé lors du crawl par le Google Bot
  • etc.
  • Pénalisation des sites trop lents par Google

    En avril 2010, Google a annoncé pénaliser les sites trop lents, indiquant qu’environ 1% des sites indexés étaient concernés par cette pénalisation. Aucune information précise n’est apportée sur la méthodologie employée ("We use a variety of sources to determine the speed of a site relative to other sites.")
    Qu’en est-il depuis ?

    Garry Illyes, analyste chez Google, a récemment indiqué qu’il n’était pas certain que cette pénalisation soit toujours en oeuvre. Mais c’est loin d’être un abandon, puisqu’en mai 2015 (SMX - Sydney), ce même Garry Illyes a précisé qu’une évolution logique du label Mobile Friendly consisterait à prendre en compte d’autres critères, notamment la vitesse de la page. 
    En effet, comment considérer qu’un site est optimisé pour le mobile si ce dernier est extrêmement lent à se charger ?

    Google Bot et temps de réponse

    Le Google Bot parcourt le web, et lorsqu’il visite votre site, va en quelque sorte vous allouer un quota de temps, qui va dépendre de plusieurs critères (importance du site, etc).  

    Diminuer le temps de réponse de votre serveur, c’est vous permettre d’exploiter au mieux ce quota. Le Google Bot pourra ainsi découvrir plus rapidement vos nouvelles pages, mais également actualiser les contenus plus fréquemment.

    Le moteur de recherche recommande de limiter à 200ms la réponse du serveur (à noter que Google ne tient pas compte de la latence dans sa recommandation, il est donc question uniquement du traitement sur le serveur).

    En mai 2014, Google a annoncé la prise en compte du Javascript et du CSS. Même si l’on manque encore de visibilité sur le sujet, il y a fort à parier que le temps de chargement total de vos pages web commence donc à impacter le Google Bot, comme c’est le cas pour un utilisateur lambda.
    Le comportement de l’internaute est d’ailleurs observé par Google, et impacté par la performance de votre site comme nous allons le voir dans le paragraphe suivant.

    Retour à la recherche (Pogosticking)

    Lorsqu’un internaute effectue une recherche et clic sur un résultat, il existe de nombreuses raisons qui peuvent le conduire à revenir aux résultats de recherche (manque de pertinence de la page, manque de confiance, etc).


    Ce taux de retour à la recherche (Pogosticking) est un indicateur pris en compte par l'algorithme de ranking de Google. Quand on sait que 57% des internautes jugent qu’un site devait se charger en moins de 3 secondes, on imagine bien à quel point le temps de chargement peut lui aussi pénaliser cet indicateur. Qui n’est jamais revenu à la recherche après s'être retrouvé de longs instants à attendre face à une page blanche ?

    Optimiser le temps de chargement vous permettra d’améliorer des indicateurs pris en compte pour le ranking par le moteur de recherche, qui comme nous allons le voir, nous réserve des surprises pour l’avenir !

    Red Slow Label et Slow To Load : 2 tests qui doivent attirer notre attention

    Dans ses communications sur le Mobile Friendly, Google avait mis en avant l’optimisation du temps de chargement comme étant un enjeu important. Nous l’avons évoqué plus tôt, d’après Garry Illyes, il est d’ailleurs question de prendre directement en compte la performance web pour l’attribution de ce label.
    Mais ce n’est peut-être pas ce qu’ont à craindre le plus les sites trop lents !

    En février et en juin 2015, le moteur de recherche a conduit 2 tests différents, dans les résultats de recherche mobile : le Red Slow Label et le Slow To Load.

    Ce sont tous les deux des avertissements visant à signaler aux internautes, avant même de cliquer sur un résultat, qu’un site risque de présenter des performances dégradées.

    Si un tel avertissement se généralisait, c’est toute la stratégie d’acquisition de certains sites qui pourrait s'effondrer.

    En bref

    Véritable philosophie chez Google, la vitesse a des impacts économiques indéniables, et les efforts d'évangélisation du moteur pour inciter les webmasters à proposer des sites plus rapides sont très marqués.

    Même si les impacts de la vitesse d’un site web sur son référencement sont pour l’essentiel indirects à l’heure actuelle, les dernières actualités, et notamment les tests récents à ce sujet, nous laissent penser que cette problématique va s’intensifier dans les mois à venir.



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