David Sapiro (Conseil National du Logiciel Libre) "Nous fédérons plus de 200 entreprises à travers la France"

Promouvoir le Libre, dynamiser les synergies, répondre à des appels d'offres en commun... Tels sont les principaux objectifs du nouveau groupement français créé il y a moins d'un mois.

Quel est votre rôle au sein du CNLL, ou Conseil National des Logiciels Libres ?

Je suis vice-président du CNLL. Je suis par ailleurs le dirigeant de l'entreprise Pilot System, qui se positionne dans le domaine des logiciels libres.

Votre organisation est toute nouvelle. Comment se définit-elle ?

Nous sommes une fédération d'organisations régionales qui œuvrent dans l'économie des logiciels libres. Cela veut dire qu'une entreprise ne peut devenir directement membre du CNLL. Il faut pour cela qu'elle adhère en premier lieu à une organisation régionale, qui elle va adhérer au CNLL.

Pourquoi se baser sur l'échelon régional ?

C'est la spécificité de l'écosystème business qui veut ça. Toute entreprise a une implication régionale, et c'est le périmètre le plus pertinent pour commencer à travailler. Nous sommes dans un objectif de création de filière. Donc il n'est pas question de cannibaliser les énergies locales avec un échelon national.

Mais si une entreprise est amenée à travailler dans toute la France, elle deviendra membre d'un ou plusieurs cluster régionaux.

Quel est l'intérêt pour une entreprise de rejoindre une organisation régionale qui, elle, va adhérer au CNLL ?

Je vais parler de ce que je connais au niveau de la région parisienne, où mon entreprise fait partie du PLOSS [ndlr. Paris Libre Open Source Software], qui est adhérant du CNLL. Cette organisation régionale permet d'apporter des réponses aux éditeurs et aux sociétés de services qui travaillent sur le logiciel libre.

"Nous ne nous retrouvions pas dans la FNILL et sa gouvernance, avec une structure pyramidale, au service d'une seule entreprise"

Faire partie d'un groupe, travailler les synergies business entre les entreprises, pratiquer le networking, répondre à des appels d'offres en commun, assurer la promotion de son entreprise... C'est autant de perspectives qui sont permises par l'adhésion à une organisation régionale.

A titre d'exemple, l'organisation Alliance Libre dans la région Ouest, qui reçoit des financements de Nantes Métropole, a permis a ses membres d'être présents au prochain salon Solution Linux, en achetant un stand. Cela n'aurait pas été possible pour une seule entreprise.

Quels sont les critères d'admission aux organisations régionales ?

L'idée de base, c'est que l'on ne doit pas perdre son âme, et que les entreprises qui rejoignent les organisations régionales doivent pratiquer le logiciel libre. Mais il faut aussi prendre en considération les attentes des pouvoirs publics, comme la Drire [ndlr. Directions Régionales de l'Industrie, de la Recherche et de l'Environnement] par exemple avec qui nous sommes en contact. Ils nous ont demandé de ne pas être trop restrictifs dans notre recrutement sous peine de ne pas pouvoir structurer la filière.

Mais y a-t-il des conditions objectives ?

Nous retenons le fait que les candidats doivent avoir une activité majeure dans le logiciel libre. Une fois la candidature reçue, le conseil d'administration donne sa réponse sous 48 heures.

Nous sommes bien conscients de la subjectivité de la définition, mais de fait, chaque organisation locale définit ses critères pour rentrer dans le cluster.

Ploss ou Libertis sont des regroupements d'entrepreneurs, et l'entreprise Bull est membre fondateur de Ploss et nous considérons que c'est une entreprise Open Source. D'autres membres du CNLL comme le Pôle de compétitivité System@tic, Oss@tv, ou encore le groupe Open Source de Telecom Valley ont des grandes entreprises française parmi leurs membres qui ne font pas uniquement du logiciel libre.

Enfin, comment vous situez-vous par rapport à la Fédération Nationale de l'Industrie du Logiciel Libre, une autre organisation de même type ?

Je veux être très clair sur ce point. Si par le passé la FNILL avait reçu l'adhésion des entreprises de l'écosystème du Libre, nous serions tous membres de la FNILL. Mais ce n'est pas le cas. Les membres du CNLL ne se retrouvaient pas dans la FNILL et sa gouvernance, avec une structure pyramidale, au service d'une seule entreprise. Nous sommes pour un travail collaboratif, avec une gouvernance ouverte.

 

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