Zéro mail chez Atos : la SSII a-t-elle gagné son pari ?

Atos (stratégie zéro mail) Trois ans après son annonce choc, 1 000 employés d'Atos ont finalement renoncé aux mails. 100 processus certifiés zéro mail sont gérés dans le réseau social d'entreprise.

En affichant fièrement en février 2011 son ambition de devenir en trois ans une entreprise "Zéro Mail", Atos n'avait pas manqué de défrayer la chronique. Un peu à l'instar de ces entreprises qui, quelques poignées d'années plus tôt, avaient annoncé vouloir passer au "zéro papier".

"Nous avons toujours considéré dès le départ l'initiative 'Zéro Mail' comme la conséquence et non le but, s'inscrivant dans une logique de transformation d'entreprise visant à faire évoluer la structure traditionnelle hiérarchique et pyramidale du groupe vers un environnement de travail beaucoup plus ouvert et flexible", indique d'entrée Philippe Mareine, secrétaire général d'Atos et l'un des sponsors exécutifs de l'initiative "Zéro mail" du groupe. Sans avoir à 100% réussi son pari, force est de constater plus de trois ans après que la SSII a réussi à faire chuter significativement le nombre de ses e-mails.

20 e-mails par semaine et par collaborateur en ligne de mire

"Nous sommes passés de 100 mails envoyés en interne par collaborateur et par semaine en 2010 à 40 mails en 2013", fait savoir Philippe Mareine. "Notre objectif est d'arriver à moins de 20 mails envoyés par collaborateur de manière hebdomadaire dans les mois à venir." Sachant que c'est un objectif déjà atteint pour plus de 40 000 collaborateurs d'Atos sur un effectif global de près de 80 000 personnes.

Atos s'inscrit donc dans une dynamique positive, bien qu'il soit encore loin du compte. A ce jour, les "Zero Heroes", à savoir les collaborateurs d'Atos ayant totalement renoncé aux mails, sont au nombre de 1 000. Mais l'arrêt de l'utilisation des mails n'est cependant pas perçu comme une provocation aux yeux d'Atos.

"Le concept Zéro Mail est un catalyseur d'accélération du changement" (Philippe Mareine - Secrétaire Général d'Atos)

"Le concept 'Zéro Mail' est un catalyseur d'accélération du changement que toutes les entreprises sont plus ou moins en train de vivre", argumente Philippe Mareine. Ce n'est d'ailleurs apparemment pas pour déplaire aux collaborateurs. Plusieurs enquêtes de satisfaction internes auraient en effet révélé que l'initiative "Zéro Mail" demeure "l'une des meilleures qui ait été menée ces dernières années" en interne.

Dans le cadre de cette initiative, s'inscrivant dans un plan de transformation d'entreprise global lancé en 2010 baptisé "Well Being At Work", la SSII s'est par ailleurs engagée dans un vaste travail de révision de ses processus. Avec pour objectif de les "désintoxiquer" des e-mails. Non sans une certaine réussite.

Le RSE blueKiwi, centre névralgique du collaboratif chez Atos

"A ce jour, 100 processus majeurs ont été revus, et sont désormais certifiés zéro mail", indique Philippe Mareine. Cela a notamment été le cas pour le traitement des incidents IT des Jeux Olympiques (dont la SSII déploie et opère l'infrastructure IT). Ils ont été traités exclusivement au sein du réseau social d'entreprise de la SSII, motorisé par blueKiwi - technologie rachetée par le groupe en 2012 (lire l'article : Réseau social d'entreprise, pourquoi Atos met la main sur blueKiwi).

Utilisé par 80% des collaborateurs et totalisant aujourd'hui pas moins de 400 000 contributions mensuelles (posts) pour 2 millions de pages vues, le RSE d'Atos est devenu à ce titre le centre névralgique du collaboratif et du partage d'informations du groupe. Et la solution lui aurait permis de générer des gains de productivité sans commune mesure comparés à la collaboration par mail. "La recherche d'experts qui pouvait atteindre 48 heures auparavant ne dépasse pas aujourd'hui deux heures", précise Philippe Mareine. "La constitution d'équipes pour des appels d'offres complexes est également très rapide grâce au RSE et nous a permis d'améliorer significativement notre réactivité."

SSII / Réseau social d'entreprise