Société Générale et PSA Peugeot Citroën : leurs réseaux sociaux d'entreprise au crible

Réseau social d'entreprise (SG) et collaboratif (Peugeot) Société Générale prévoit de se servir de son RSE pour socialiser ses apps métiers. Quant à PSA Peugeot Citroën, il utilise le collaboratif pour stimuler l'innovation participative.

Après avoir passées le stade de la découverte, les entreprises sont nombreuses à s'intéresser aux réseaux sociaux d'entreprise pour répondre à des enjeux business. En particulier ceux liés à l'amélioration de leur efficacité opérationnelle et à la socialisation de leur système d'information. Alors que s'ouvre la conférence Entreprise 2.0 Summit, qui se tient du 10 au 12 février sur le campus de l'ESCP à Paris, le JDN en profite pour lever le voile sur deux projets RSE et collaboratifs présentés à l'occasion de l'événement.

Dans le cadre de son "Plan Ambition 2015", la Société Générale s'est donnée pour objectif de pousser au maximum les interactions entre collaborateurs, de booster la collaboration et de casser les silos d'informations. Pour répondre à ces défis, l'établissement bancaire a été amené en février 2013 à relancer sa plateforme sociale SG Communities, cohabitant avec l'intranet, et reposant sur des technologies open source.

Société Générale Communities soutenu par le PDG Frédéric Oudéa

Pour relancer le réseau social interne, la Société Générale a notamment activé une fonction de profils enrichis adossé à l'annuaire du groupe permettant de préinscrire automatiquement sur le réseau tous les collaborateurs présent dans l'annuaire. "L'activation du compte reste toutefois du ressort du collaborateur qui doit accepter les conditions d'utilisation de SG Communities", précise Jean-Paul Chapon, responsable gouvernance et Entreprise 2.0 à la Société Générale. 

Le RSE de la banque donne accès à de nombreuses fonctions (création de groupes ouverts/fermés, fils de discussion, ouvertures de wikis et blogs, dépose de photos, création d'évènements...). Au printemps 2013, le groupe a lancé son projet PEPS (Projet Expérimental Participatif et Stimulant) en plaçant son RSE au centre du dispositif. Avec un objectif : faire réfléchir les collaborateurs sur les impacts de la transformation numérique sur leur entreprise.

"En l'espace de quelques semaines, le nombre d'inscrits au RSE est passé de 7 à 15 000 personnes. Ce qui a permis de faire remonter des propositions très intéressantes pour apporter plus de flexibilité et de mobilité dans nos propositions de produits et services", indique Jean-Paul Chapon.

"Les métiers veulent mettre une couche collaborative et conversationnelle sur leurs processus" (Jean-Paul Chapon - Société Générale)

Après cette expérience jugée très positive, en particulier par le PDG Frédéric Oudéa, la Société Générale estime aujourd'hui qu'elle peut aller plus loin avec son RSE. "L'objectif est de socialiser encore plus le groupe, et pas mal de réflexions sont menées pour intégrer les outils et applications métiers au réseau social car les métiers sentent un besoin de mettre une couche collaborative et conversationnelle sur leurs proccessus", fait savoir Jean-Paul Chapon. Aujourd'hui, 26 000 collaborateurs utilisent Société Générale Communities.

Du côté du constructeur automobile PSA Peugeot Citroën, la mise en place d'une plateforme collaborative s'inscrit quant à elle dans un vaste projet "d'innovation collaborative et participative" initié en décembre 2010. Un projet qui a pour but de solliciter les collaborateurs du groupe pour recueillir leurs idées et propositions sur des sujets liés aux nouveaux usages et services susceptibles d'être développés par PSA Peugeot Citroën.

4 idées transformées en brevets chez PSA Peugeot Citroën grâce à la plateforme collaborative

Le premier projet (appellé "challenge" en interne) est mis en place en 2012 et a pour thème les voitures connectées. Grâce à ce processus de gamification, les collaborateurs sont incités à donner leurs idées. Ils attribuent ensuite des points aux concepts les plus originaux. Les idées ayant atteint un certain niveau de points changent de statut, et sont évaluées par des experts internes.

"Le premier challenge a donné lieu à 3 500 commentaires proposés par 1 300 participants et 85 idées sélectionnées par les experts dont une dizaine ont été reçues et 4 ont débouché sur des brevets", note Mathilde Parlier Blot, responsable de l'innovation collaborative et participative chez PSA Peugeot Citroën.

Après avoir mis en place une première plateforme collaborative basée sur Hype, le groupe choisit ensuite en 2013 de redévelopper les fonctions de cette dernière sur la base de Sharepoint 2010. "La surcouche collaborative que nous avons collée sur Sharepoint a permis de ne pas déstabiliser les collaborateurs", explique Mathilde Parlier Blot.

Le deuxième challenge, qui portait sur le thème de la réduction des coûts, a remporté un succès encore plus grand (3 600 participants, 14 000 commentaires et 200 idées retenues). Sachant qu'un 3e, qui sera proposé au printemps 2014, impliquera les collaborateurs chinois du groupe.

Innovation / Collaboratif