Stanislas de Bentzmann (Devoteam) : "La virtualisation, pour notre offre conseil, c'est déjà un excellent business"

Le coprésident de la SSII française s'explique sur la stratégie de son entreprise, décrypte les tendances du secteur, et évoque l'internationalisation du marché du conseil et de l'intégration.

Combien de personnes travaillent chez Devoteam ? Quels types de profils recrutez vous ?

Devoteam emploie 4000 personnes dans 20 pays. Nous recrutons essentiellement des ingénieurs informaticiens.

Le taux de turn-over chez Devoteam est-il élevé comme dans la plupart des sociétés de services? Cherchez-vous à fidéliser vos employés?

Le taux de turn-over chez Devoteam est trop élevé, de l'ordre de 19%. Nous travaillons beaucoup pour le diminuer, avec un effort dans la gestion des carrières, la formation et le partage des connaissances.

Quelles sont les grandes tendances du marché des SSII aujourd'hui ?

Globalement notre marché est très bien orienté en ce début 2008, tant le conseil en IT, la sécurité, que l'intégration de système, le service management et l'urbanisation.

Qui sont vos clients ? Travaillez-vous pour des entreprises de taille moyenne ? Dans quel secteur ?

Nous travaillons avec la plupart des grands comptes européens. Nous travaillons également avec des entreprises comme Pierre Fabre, Servier dans le secteur pharmaceutique, mais aussi TF1, le groupe André,...

Le métier des SSII a t-il changé depuis que vous avez fondé Devoteam ? Si oui, en quoi ?

Depuis fin 1995, le métier de l'informatique a énormément changé, tant par l'exigence des clients, la consolidation, c'est à dire que les clients veulent de plus en plus des fournisseurs capables de les suivre à l'international. Il a également changé par la complexité des SI et leurs aspects stratégiques pour nos clients.

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"Beaucoup d'entreprises françaises réussissent très bien à l'international." © Photo : Journal du Net / Cécile Debise

Votre activité hors de France est croissante et désormais proche des 50%. Quelle est votre stratégie à l'international ? Pensez-vous que les entreprises françaises ont une chance ?

Notre stratégie à l'international est de nous développer dans des zones à forte croissance et de suivre nos clients dans leurs propres développements. Beaucoup d'entreprises françaises réussissent très bien à l'international, dont Devoteam. Les économies émergentes à gros potentiels comme la Russie, la Turquie, l'Inde, la Chine vont tirer nos économies pour les 20 prochaines années.

Vous avez récemment fait une acquisition en Turquie. Pourquoi ce choix ? Vous avez une volonté de pratiquer du nearshore plus que de l'offshore ?

L'acquisition en Turquie est orientée sur le marché local et n'est donc pas destiné au nearshore.


Capgemini s'installe fortement en Inde. Que pensez-vous de ce choix ? Que fait Devoteam en terme d'externalisation et d'outsourcing ?

Les métiers de Devoteam, très orientés conseil et intégration, font que nous devons rester proches des sites de nos clients.

Les valorisations boursières du secteur étant anormalement basses en ce moment, quels sont vos référents pour valoriser vos cibles de croissance externe?

Nous recherchons à acquérir des cibles de qualité, généralement non cotés, et les valorisations sont assez stables selon la croissance et les résultats de l'entreprise, autour de 0,7 fois le chiffre d'affaires.

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"Les clients hors banque représentent 78% de notre chiffre d'affaires." © Photo : Journal du Net / Cécile Debise

Le conseil et l'intégration sont des activités cycliques, et vos clients se recrutent dans la banque. Vous sortez d'un cycle très positif et les banques sont soumises à des turpitudes importantes. Autant d'arguments pour vendre des actions Devoteam. Quels sont les vôtres pour garder des porteurs et une bonne capitalisation boursière ?

Les clients hors banque représentent 78% de notre chiffre d'affaires. Nos clients bancaires sont engagés dans des projets de renforcement de leurs contrôles, de leur gouvernance, de leur sécurité, qui ne leur permet pas de réduire leurs budgets IT significativement. D'ailleurs actuellement nos clients bancaires marchent bien. La seule façon d'être bien capitalisé sur le long terme est d'apporter de la qualité à ses clients, ce que nous nous attachons à faire tous les jours.

On parle beaucoup de virtualisation. Mais cela est-il mature aujourd'hui dans une perspective business ? En tant qu'intégrateur, proposez vous ce type de technologie ?

La virtualisation est un sujet majeur pour nos clients qui veulent baisser le coût de leur IT. Et pour notre offre conseil, c'est déjà un excellent business.

Que représente la sécurité dans votre chiffre d'affaires ?

La sécurité est un des excellent savoir faire de Devoteam. Nous y réalisons près de 10% de notre chiffre d'affaires. Nous travaillons beaucoup en Identity management, PRA...

Quelle est la part de votre chiffre d'affaires dans le secteur des telcos ?

Les telcos et medias représentent 34% de notre chiffre d'affaires. Nous sommes clairement un des leaders européens dans ce domaine. IP/TV, la convergence Fixe/mobile,MMS,... sont les sujets porteurs sur lesquels Devoteam est en pointe.

Quelle est votre ambition à moyen terme ?

Devoteam, grâce a la qualité de ses équipes, et son positionnement, a un grand avenir dans un secteur très porteur pour les 10 ans a venir.

Vous êtes, selon le magasine Challenges, la 411 ème fortune de France. Ca vous fait quoi ?
C'est énervant d'être si loin dans le classement :).

Devoteam recherche uniquement des jeunes diplômés? Ou bien également des vieux briscards expérimentés?

Toutes les énergies et les talents sont recherchés.


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