Réduire les cycles de développement dans le secteur de l’aérospatiale

La sécurité constitue la préoccupation première dans les technologies de l'aérospatiale. Mais si les exigences de sécurité sont non négociables, elles ont un coût : le ralentissement du cycle de développement du produit.

Au cours des dernières années, le marché des technologies de l'aérospatiale et de l'espace a connu une expansion considérable. Les prévisions indiquent un développement mondial de 5,1 % pour les dix années à venir.  Cette croissance est en partie induite par une augmentation de la demande émanant des économies émergentes.  Pour répondre à cette demande, des applications et des solutions spécifiques au cas par cas doivent être mises en œuvre de manière flexible pour les clients exigeants. Cela implique de se concentrer sur les innovations permettant la personnalisation mais faisant également place à la longévité et à la réduction des coûts, sans rien perdre en confort ou en sécurité.

Répondre aux besoins du secteur

Face à cette prévision de croissance, il semble que l'on ait atteint un véritable tournant. Le secteur a dû procéder à des réductions rigoureuses au cours de ces dernières années. Ce qui pose la question de savoir si les entreprises aérospatiales sont prêtes et en mesure de participer à ce redressement. Des études indiquent que le secteur de l'aérospatiale est menacé par une pénurie de main d'œuvre. La relève de la prochaine génération d'ingénieurs qualifiés ne se produit pas, tandis que l'âge moyen des travailleurs a augmenté de manière considérable. À l'heure actuelle, travailler dans le secteur de l'ingénierie aérospatiale - domaine auparavant porteur et de premier plan - susciterait moins d'enthousiasme chez les jeunes que des sociétés telles qu’Apple et Google.

Dans un rapport récent réalisé par Carbon60 Aerospace, 59 % des employés craignent que la raréfaction du nombre d'ingénieurs puisse constituer une menace pour leur activité à l'avenir. Cette même enquête indiquait que 32 % des postes vacants en matière d'ingénierie sont considérés comme étant « difficiles à pourvoir. De plus, près de la moitié (48,3 %) des entreprises d'ingénierie précisent que des difficultés de recrutement ont entraîné des retards dans le développement de nouveaux produits et augmenté les frais d'exploitation.

Ceci n'est pas un phénomène nouveau, les manques d'effectifs ayant déjà commencé en 2011. Cet effet tangible se poursuivra à l'avenir si l'on ne répond pas aux problèmes de formation en ingénierie profondément ancrés.

Tirer parti des nouvelles technologies

Au cours des dernières années, ce secteur a eu le temps de s'employer à se moderniser et à introduire des processus de fabrication numérique. Bien que ces démarches ne résolvent pas toutes les difficultés liées à la main d'œuvre, elles permettent aux fabricants d'attirer des personnes à fort potentiel, comme des ingénieurs software et des ingénieurs hardware. 

Parmi les tendances très prometteuses à cet égard figure les techniques de fabrication additive (impression 3D). Il ne se passe pas une journée sans qu'elles ne soient abordées dans les médias. Or, les perspectives associées à ces nouvelles méthodes de production sont particulièrement intéressantes pour l’aérospatial.  Les développeurs de produits sont désormais en mesure de produire très rapidement des prototypes destinés à des présentations et à des essais de montage. Pourtant, les possibilités qu'offre cette technologie ne semblent pas encore attirer suffisamment de talents. 

Certes, le marché des processus de fabrication additive et du prototypage est devenu de plus en plus opaque. Mais ce qui est clair, c’est que les entreprises du secteur de l'aérospatiale doivent passer des pièces uniques à une échelle de production complète, afin de gérer des exigences particulièrement variables. Nombre de fournisseurs proposent désormais des pièces de production en vue d'effectuer des essais en conditions réelles. Cela résulte en une dispersion de commandes auprès de divers fournisseurs qui provoque un effet rebond du fait de l'augmentation des besoins de gestion et de coordination, lesquels freinent la montée en efficacité.

Faire évoluer les relations avec les fournisseurs

La clé du succès de l'application des méthodes de fabrication numérique réside dans l'établissement d'un nouveau type de relation entre le fournisseur et le client. La chaîne d'approvisionnement étant d'une telle complexité, c'est à ce niveau que se trouve la valeur ajoutée potentielle espérée.

 

La relation profonde qui est nécessaire doit se fonder sur un degré de confiance élevé. Si les acteurs du secteur de l'aérospatiale peuvent démontrer qu'ils sont ouverts à une nouvelle méthode de travail, ils constateront la valeur ajoutée recherchée, qui se traduira par une accélération des processus, des gains d'efficacité et des réductions de coût.

Ainsi, le prototypage joue un rôle clé dans le secteur de l'aérospatiale. Les avancées en matière de capacités de prototypage rapide et de production à la demande ont révolutionné l'état d'esprit des développeurs de produits. Le cycle de développement est beaucoup plus régulier, les pièces nécessaires étant livrées plus rapidement et à un coût moindre.

La capacité à détenir des pièces de production réelles selon des délais considérablement plus courts qu'auparavant a démontré qu'il s'agissait d'un élément déterminant pour les processus de certification et d'essai. Associées à des méthodes de fabrication variées, les capacités de production à la demande des sous-traitants confèrent le niveau de flexibilité, de vitesse et d'échelle adéquat pour permettre aux clients d'économiser du temps et de l'argent. Les clients peuvent ainsi recevoir presque du jour au lendemain des pièces moulées par injection d'une qualité identique à celles réalisées en série.

Ainsi, les sociétés qui améliorent la chaîne d’approvisionnement et de production traditionnelle en faisant appel à des services de prototypage en tireront des bénéfices certains, à commencer par l’accélération du cycle de développement et l’accès rapide au marché.

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