L'Esports World Cup 2026 réunit 2 000 joueurs à Paris avec une dotation record de 75 millions de dollars
Le parc des expositions de la Porte de Versailles, à Paris, accueille depuis le 6 juillet, et jusqu'au 23 août, l'une des plus grandes compétitions de jeux vidéo au monde, l'Esports World Cup (EWC), parfois présentée comme la Coupe du monde de l'esport. C'est la première fois que ce tournoi, dont il s'agit de la troisième édition, est organisé hors d'Arabie saoudite. Il rassemble 2 000 joueurs professionnels issus de 200 clubs (dont Gentle Mates, Karmine Corp et Team Vitality), représentant plus de 100 pays, qui s'affronteront lors de 25 tournois sur 24 jeux (League of Legends, Call of Duty, Valorant, Rocket League, Street Fighter, Overwatch, Rainbow Six, EA Sports FC, Counter-Strike, Fortnite...) pendant sept semaines. La dotation totale, de 75 millions de dollars, est sans équivalent dans l'histoire du jeu vidéo.
Une organisation hors normes et des records déjà battus
L'événement ne devait pas se dérouler à Paris, mais en Arabie saoudite. Il a été délocalisé en France en mai, en raison du conflit au Moyen-Orient, fruit d'un partenariat inédit entre le ministère français des Sports et l'Esports Foundation. Cette fondation à but non lucratif est toutefois financée par le fonds souverain saoudien (Public Investment Fund), un montage qui vaut à l'événement des accusations de "sportswashing" que la relocalisation ne dissipe pas.
Les organisateurs revendiquent déjà "100 000 tickets vendus à Paris, ce qui représente 2,5 fois plus de billets vendus qu'à Riyad le même jour, il y a un an". Les retombées économiques sont estimées à 600 millions d'euros, soit environ trois fois plus que le Festival de Cannes. L'édition 2025 avait rassemblé plus de 3 millions de visiteurs à Riyad et cumulé 750 millions de vues en ligne ; l'édition parisienne promet de nouveaux records.
Paris, nouvelle vitrine de l'esport
Les organisateurs ont mis les petits plats dans les grands pour la cérémonie d'ouverture, prévue ce mercredi 8 juillet à la Seine Musicale, à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine), avec Aya Nakamura, Theodora et DJ Snake au programme. Le parc des expositions de la Porte de Versailles a, lui, déjà accueilli des épreuves des Jeux olympiques de 2024 et la Paris Games Week. "Paris a accueilli certains des plus grands événements sportifs au monde et figure parmi les grandes capitales mondiales du sport, de la culture et du divertissement", a souligné Ralf Reichert, patron de l'Esports Foundation. "Avec la passion des fans français et le soutien fort dont nous bénéficions localement, nous sommes enthousiastes à l'idée d'y réunir la communauté esport mondiale." Pour Marina Ferrari, ministre des Sports, de la Jeunesse et de la Vie associative, ce choix démontre que la France est devenue "une nation incontournable de l'esport".
Un secteur en pleine expansion en France
L'esport est en plein essor dans l'Hexagone. Selon le dernier baromètre France Esport, datant de 2023, 6 millions de Français se considèrent comme des pratiquants d'esport, soit un internaute de plus de 15 ans sur huit, et 11,8 millions comme pratiquants ou consommateurs. Une étude du groupe de médias et d'événementiel Webedia, publiée cette année, indique de son côté que "62% des 15-64 ans estiment que le gaming et l'esport sont des univers qui leur ont créé des souvenirs pour toujours (80% chez les 25-34 ans)".