Les fonctionnaires dans le viseur de Michel Barnier

Les fonctionnaires dans le viseur de Michel Barnier Si le gouvernement semblait avoir entendu les Français, qui demandent un service public plus compétent, le Projet de loi finances pourrait rogner sur les frais des fonctionnaires.

Alors que le gouvernement, qui doit présenter le projet de loi finances le 9 octobre prochain, cherche à faire 60 milliards d'économies dans le budget 2025 (dont 40 milliards pour les dépenses de l'État), la fonction publique semble être une piste envisagée pour atteindre cet objectif. Le projet de loi finances pourrait en effet tailler dans les effectifs des fonctionnaires, rapporte Le Figaro. 

Dépenser mieux pour dépenser moins  

Lors de sa campagne de 2017, Emmanuel Macron comptait supprimer 120 000 postes de fonctionnaires, une promesse qui avait disparu lors de sa campagne de 2022. En effet, cette année-là, la fonction publique comptait 178 000 agents publics de plus que lorsqu'il est arrivé à l'Élysée, dont 96 000 dans la fonction publique d'État. Au printemps dernier, le ministre de la Fonction publique, Stanislas Guerini, estimait que, du côté du gouvernement, il y avait eu "une prise de conscience quant à la nécessité de renforcer l'efficacité des services publics, et cela passe par une augmentation des effectifs". Prise de conscience qui ne semble pas au goût du nouveau Premier ministre, puisque celui-ci s'apprêterait à revoir à la baisse le nombre de ses fonctionnaires. "Nous ne pourrons pas dépenser plus. Nous dépenserons mieux", a déclaré Michel Barnier lors de son discours de politique générale devant l'Assemblée nationale. "Nous sommes champions des dépenses publiques. Mais pour quel résultat", a-t-il continué, avant de déclarer que le vote populaire "traduit des attentes fortes, urgentes et justifiées pour des services publics efficaces".

"Faire de l'évaluation un support plus solide"

"Avec l'écoute et le dialogue, nous avons besoin de renforcer l'efficacité de l'action publique", a déclaré le successeur de Gabriel Attal. Une efficacité qui, semble-t-il, passerait par la rémunération au mérite. Guillaume Kasbarian, nouveau ministre de la Fonction publique, pourrait bien reprendre le projet de loi préparé par Stanislas Guerini, qui aurait dû être présenté au parlement cet automne en l'absence de dissolution. Ainsi, Michel Barnier compte demander un effort dans les ministères et les opérateurs publics "de productivité, contractualisé, en responsabilisant chacun des directeurs d'administrations concernées", inculquant alors une "culture de l'évaluation". En effet, le projet de loi de Stanislas Guerini souhaitait " aire de l'évaluation un support plus solide" et voulait "permettre de reconnaître les parcours méritants, et de sanctionner ceux qui ne travaillent pas de manière persistante, qui sont démotivés". C'est-à-dire, introduire une rémunération au mérite et effectuer des licenciements pour insuffisance professionnelle, tout en révisant les catégories A, B et C, pour l'instant intouchables. Si Michel Barnier a, face aux syndicats des fonctionnaires, joué la carte du "toutes les hypothèses sont sur la table , ses insinuations laissent penser que ce texte pourrait grandement servir d'inspiration.