Edouard Philippe propose une rencontre de la droite et du centre au début novembre 2026 pour préparer une candidature unique à la présidentielle 2027
Edouard Philippe, ancien Premier ministre et fondateur du parti Horizons, a annoncé mardi qu'il allait envoyer un courrier à ses concurrents et à plusieurs figures allant de François Bayrou à David Lisnard, pour travailler à l'union. Cette initiative vise à permettre l'émergence d'une candidature unique d'ici le début 2027, dans un contexte de divisions persistantes et de candidatures multiples au sein de la droite et du centre.
Une invitation à l’union pour la présidentielle
Dans un courrier à venir, Edouard Philippe proposera "aux différentes familles de la droite et du centre de se réunir à la Toussaint", pour "discuter de[s] convergences programmatiques" et des élections législatives qui suivront. Il prévoit la tenue d'un rendez-vous "au début du mois de novembre". L'invitation s'adressera à "ceux qui veulent réformer le pays et qui pensent que tout ne peut pas attendre le mois de mars ou de mai". Seront conviés non seulement les chefs de partis et les candidats déclarés, mais aussi des ténors de cet espace politique allant "du MoDem à Nouvelle Energie", le mouvement du maire de Cannes, David Lisnard.
Il estime que ce rassemblement est indispensable pour contrer les candidatures de Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon, déjà solidement établies.
La proposition d’Edouard Philippe intervient alors que la droite et le centre peinent à s’accorder sur une stratégie commune. Bruno Retailleau, président des Républicains (LR), a d’ores et déjà balayé la proposition, refusant de participer à "une réunion pour les macronistes, entre macronistes". David Lisnard, maire de Cannes, a dénoncé "une sorte d’arrangement entre notables" et réitéré son appel à une primaire.
De son côté, Gabriel Attal refuse pour l'heure une alliance avec la droite conservatrice incarnée par Bruno Retailleau, tandis que François Bayrou est favorable à un rassemblement allant de la gauche sociale-démocrate à la droite. Christophe Béchu, maire d’Angers et numéro deux d’Horizons, a déploré l’exclusion du parti Les Républicains du comité de liaison, instance réunissant chaque mois Horizons, le MoDem, l’Union des démocrates et indépendants, Renaissance et le Parti radical.
Mardi 8 septembre, Edouard Philippe a réuni son premier comité de campagne élargi au-delà des rangs de son parti Horizons. Près de 80 participants se sont retrouvés dans une salle boulevard Haussmann, dans le 9e arrondissement de Paris. A cette occasion, il a officialisé son départ de la présidence d’Horizons à compter du 1er octobre, au lendemain des élections sénatoriales. Le maire d’Angers, Christophe Béchu, assurera l’intérim. Parallèlement, des comités de soutien locaux baptisés "avec Edouard" seront lancés à la fin de cette semaine.
Depuis le mois de mai, Edouard Philippe prône la création d’un parti unique ou d’une confédération rassemblant du MoDem à LR. Il a défendu l’idée d’un accord programmatique et législatif, permettant d’avoir "des candidats uniques dans chaque circonscription".
Un appel à la responsabilité et à la convergence
Edouard Philippe insiste sur la nécessité de dépasser les divisions pour espérer l’emporter en 2027. "J’espère qu’ils sauront saisir la main tendue", car "si nous continuons à nous diviser, nous ne gagnerons pas", a-t-il mis en garde. Il a reconnu sur Franceinfo : "Il n'y a pas de candidat naturel (…), d'autres candidats sont légitimes".
Pour l’ancien Premier ministre, les candidats de droite et du centre ont "vocation à se rassembler" et cela doit se faire "quelque part entre novembre et février", a-t-il déclaré sur BFMTV. "Si c'est après, ce sera trop tard. Déjà, février, c'est tard", a-t-il fait valoir. Gabriel Attal, pour sa part, a appelé à attendre au moins le "début d'année 2027".
Edouard Philippe entend ainsi placer ses concurrents face à leurs responsabilités, convaincu que ceux qui refuseraient de participer à cette démarche en paieront le prix auprès de leurs électeurs, inquiets à la perspective d’un second tour opposant le Rassemblement national à La France insoumise.