Jean-Yves Le Drian prédit un "automne de tous les dangers" face à la multiplication des conflits

Jean-Yves Le Drian prédit un "automne de tous les dangers" face à la multiplication des conflits L'ancien ministre de la Défense alerte sur une situation internationale inédite depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, marquée par des tensions multiples et la flambée des prix des carburants.

Jean-Yves Le Drian, ancien ministre de la Défense et des Affaires étrangères, a tiré la sonnette d'alarme jeudi 24 septembre sur France Inter, alors que les conflits se multiplient à travers le monde et que les tensions géopolitiques s'intensifient. "C'est l'automne de tous les dangers", alerte-t-il, confiant à la radio que le monde traverse "une situation très grave qu'on n'a sans doute pas connue dans ses multiples risques depuis la fin de la guerre 1939-1945".

Jean-Yves Le Drian est aujourd'hui envoyé personnel du président de la République pour le Liban.

L’Ukraine, épicentre des tensions

Pour l’ancien ministre, la situation en Ukraine demeure le point le plus significatif de cette instabilité. Il rappelle que "le président Poutine a engagé l’opération spéciale depuis maintenant près de cinq ans et il ne grignote rien sur les territoires et il se sent un peu validé par les élections qui viennent d’avoir lieu".

La guerre en Ukraine ne se limite plus au seul territoire ukrainien : elle s’étend désormais au-delà, avec "de nombreuses incursions de drones sur le sol européen et des campagnes d’ingérence visant notamment les candidats à l’élection présidentielle française". Face à cette situation, Jean-Yves Le Drian estime que "nous ne sommes pas en guerre, mais nous ne sommes plus en paix".

L’ancien ministre estime qu’il "faut se préparer dans l’immédiat" à l’éventualité d’un conflit direct entre un pays de l’Otan et la Russie. Il juge "très plausible" la survenue "d’actes hostiles, diversifiés, avec des incursions, peut-être même des prises de gages, ici ou là une action violente sur un pays voisin de la Russie". Il souligne que, même parmi les opposants les plus hostiles au président de la République, "il y a effectivement des menaces et des actes hostiles en cours".

Au Moyen-Orient, Jean-Yves Le Drian pointe les blocages du détroit d'Ormuz par les Iraniens et, plus récemment, de celui de Bab-el-Mandeb par les Houthis, qui provoquent l'augmentation des prix des carburants. Il relie directement cette situation à la politique américaine : "c'est de la responsabilité de Donald Trump", affirme-t-il. Selon lui, "l'attaque contre l'Iran a été menée de manière improvisée, irrationnelle, impréparée et on est aujourd'hui devant cette impasse".

La hausse des prix des carburants, qui frappe durement les consommateurs européens à l’automne 2026, est ainsi directement liée à ces tensions géopolitiques et aux blocages dans les détroits stratégiques. Le gouvernement français fait face à une pression politique et sociale accrue en raison de cette envolée des prix, qui alimente le mécontentement dans l’opinion.

Gaza et Cisjordanie : une crise oubliée

Jean-Yves Le Drian n’oublie pas la situation au Proche-Orient, en particulier à Gaza, où "la situation n’est pas réglée". "Les habitants de Gaza vivent dans la détresse et aujourd’hui personne n’en parle plus", déplore-t-il. Il s’inquiète également de l’avenir de la Cisjordanie, qui "est en train de disparaître comme entité palestinienne autonome et d’être soumise à une annexion".

Enfin, il revient sur la polémique suscitée par la déclaration du président Macron à l’Assemblée générale de l’ONU concernant le Hamas en Cisjordanie, reconnaissant qu’il s’agissait "d’une mauvaise interprétation".