Des "propos délirants" : accusé d'écrits antisémites, Jordan Bardella poursuit Mediapart en diffamation
Le président du Rassemblement national (RN) et eurodéputé Jordan Bardella a annoncé avoir déposé plainte pour "diffamation" contre Mediapart, après la publication d’un article lui attribuant des écrits antisémites et complotistes datant de 2013, alors qu’il était adolescent et déjà adhérent au Front national, devenu depuis le Rassemblement national.
Confronté à ces révélations, Jordan Bardella juge les propos qui lui sont attribués "parfaitement délirants" et conteste les avoir tenus. Il qualifie les documents publiés par Mediapart de "faux grossiers" et affirme n'avoir "jamais tenu ces propos, ni même de les avoir pensés d'ailleurs". Selon lui, cette affaire s'apparente à "une opération de barbouzerie", destinée à "déstabiliser la campagne" du RN et à "tenter de l'abattre politiquement".
Jordan Bardella avance deux hypothèses sur l’origine de l’affaire : "Soit Mediapart en est à l’origine, et (comme) ça ne repose sur rien, c’est extrêmement grave ; soit Mediapart se fait enfumer par des gens qui ont un intérêt à cette opération de déstabilisation, et c’est encore plus grave".
Mediapart revendique une enquête de plusieurs mois
Mediapart affirme s’appuyer sur une enquête de plusieurs mois, reposant sur des "dizaines de conversations écrites" "authentifiées de manière indépendante", ainsi que sur des témoignages.
Pour appuyer sa défense, Jordan Bardella rappelle avoir été invité par le gouvernement israélien en mars 2025 à une conférence internationale sur la lutte contre la haine anti-juive, et avoir participé à la grande marche contre l'antisémitisme à Paris après le 7 octobre. Il affirme qu'il n'existe pas "la moindre ambiguïté de (sa) part" sur ce sujet. Il déclare également : "Ce qui (les) menace aujourd'hui, ce n'est pas le RN, ce n'est pas Jordan Bardella et ce n'est pas Marine Le Pen".
Jordan Bardella déclare qu'il "compte bien utiliser la justice pour protéger (son) honneur et pour démontrer (sa) totale probité". Il a averti que toute nouvelle publication de documents qu'il considère comme des faux serait poursuivie en justice.
Marine Le Pen, en marge du salon Batimat, a réagi à l'affaire en déclarant qu'"aucune personne normalement constituée ne peut croire à cette dinguerie".