"Le réel nous rattrape", déclare Sébastien Lecornu avant la présentation du budget

"Le réel nous rattrape", déclare Sébastien Lecornu avant la présentation du budget Le Premier ministre alerte sur la hausse historique des taux d'intérêt, ses conséquences budgétaires et appelle à la stabilité politique à la veille de la présentation du budget.

Mardi, "la France a emprunté à près de 4,8% à 10 ans, contre 3,5% il y a un an", a indiqué le Premier ministre Sébastien Lecornu sur le réseau social X, soulignant qu’il s’agissait d’un niveau jamais vu depuis la crise financière de 2008. Le taux d'intérêt à 10 ans auquel la France refinance sa dette sur les marchés a ainsi dépassé ce seuil pour la première fois depuis 2008, à la veille de la présentation du budget en Conseil des ministres prévue jeudi.

Dette sans précédent, taux d'intérêt record, tensions énergétiques et maintenant rebond de l'inflation et baisse de la consommation : "le réel nous rattrape", a alerté mercredi Sébastien Lecornu avant la présentation du budget. Le déficit a dérapé en 2026 à 5,4% au lieu des 5% espérés, et la dette publique s'alourdit et s'annonce record en 2027.

L'écart avec son équivalent allemand, référence en Europe, continue de grimper, s'approchant de 1,20 point de pourcentage, du jamais vu depuis 2012. "Les tensions énergétiques poussent les taux à la hausse dans de nombreux pays" et "en France, l'incertitude politique à l'approche de la présidentielle ajoute à cette pression", souligne-t-il.

Conséquences sur le budget et appel à la responsabilité politique

"Davantage d'intérêts à payer, c'est moins de moyens pour les priorités du pays", prévient le chef du gouvernement, et "cette réalité s'impose à tous", y compris les candidats à l'élection présidentielle, affirme Sébastien Lecornu. Le Premier ministre appelle les différentes formations à ne pas ajouter "de l'instabilité à ces difficultés".

Le chef du gouvernement rappelle qu'il présentera jeudi "un budget de redressement" dont il avait exposé à la mi-septembre les grandes lignes en affichant un "effort" de 54 milliards d'euros. Il restera "à la disposition de chacun pour construire les compromis nécessaires et aboutir" à son adoption. Un vote en bonne et due forme semble quasiment exclu sur le budget à l'approche de la présidentielle qui risque de polariser encore plus les débats.

Le gouvernement ne veut pas, en cas d'impasse, d'une loi spéciale pour reconduire temporairement les crédits de 2026, ce qui selon lui grèverait encore le déficit. Il lui reste donc pour l'adoption du budget l'article 49.3 de la Constitution, qui implique de trouver un texte de compromis que le Parti socialiste ou le Rassemblement national ne censure pas, ou bien les ordonnances, un dispositif jamais utilisé jusqu'à présent.