Le gouvernement réaffirme que le retour à l'ordre public reste sa priorité

Le gouvernement réaffirme que le retour à l'ordre public reste sa priorité L'exécutif privilégie le maintien de l'ordre, suscitant la colère de la gauche et la satisfaction du Rassemblement national.

La réunion des partis politiques à Matignon s'est tenue jeudi 22 octobre 2026, sous la présidence du chef du gouvernement Sébastien Lecornu, et portait sur le maintien de l'ordre. A l’issue de cette rencontre, le gouvernement a réaffirmé sa ligne : le "retour à l’ordre public" demeure la priorité, avant toute "prise en compte" des revendications sociales exprimées lors des récentes mobilisations. Cette orientation a provoqué la déception et la colère de la gauche, tandis qu’elle a rassuré le Rassemblement national (RN).

Le maintien de l’ordre, "priorité" du gouvernement

La porte-parole du gouvernement a précisé que "la priorité [pour] la prise en compte de ces revendications" était "le retour au calme" et le "retour à l'ordre public". Elle a souligné : "Sans ordre public, il ne peut pas y avoir de discussion sereine, apaisée, contradictoire sur des revendications." Selon la porte-parole, le chef du gouvernement a rappelé qu'il n'y avait "aucun amalgame" de fait entre les manifestants "de manière pacifique, qui ont des revendications à porter légitimement" et "les casseurs, les pilleurs, les délinquants, certains groupuscules aussi d'ultragauche ou d'extrême gauche radicalisés".

Le gouvernement doit annoncer de "premières décisions" lundi aux lycéens, mais n’a pas donné de précisions sur la nature de ces mesures.

Manuel Bompard, coordinateur national de La France insoumise (LFI), a déclaré que la réunion avait "fait perdre" du temps au pays, en raison du refus du Premier ministre d’aborder les revendications sociales des manifestants. Il a dénoncé que le chef du gouvernement, "à aucun moment, n’est rentré dans le débat précis sur les revendications des jeunes, sur les revendications du pays, sur la colère, sur la souffrance sociale", pointant une "stratégie qui consiste à perdre du temps".

Jean-Luc Mélenchon, candidat de LFI à la présidentielle, a fustigé sur le réseau social X un Premier ministre qui "convoque des réunions de bavardages sans objectif".

Marine Tondelier, patronne des Ecologistes, a déclaré : "On sort avec beaucoup de colère". Elle a estimé que, "plus il attend, plus ça va lui coûter cher" et que "le fait de parier sur le pourrissement du mouvement est une erreur impardonnable".

Raphaël Glucksmann (Place publique) a jugé "inquiétant" de n’avoir pas eu de réponse sur le "fiasco sécuritaire" du 17 octobre ni sur le "mouvement social". Il a ajouté : "Si le gouvernement croit, en ne répondant pas aux revendications de la jeunesse française, que le mouvement s’essoufflera, il se trompe".

Fabien Roussel, leader du Parti communiste, s’est dit "extrêmement déçu" et a invité le gouvernement à "traiter les causes de ces manifestations et pas les symptômes", évoquant des "dérives dangereuses" à propos des interdictions de manifester pour samedi.

Le RN rassuré, la majorité défend sa ligne

Du côté du bloc central, Christophe Béchu, président par intérim d’Horizons, a estimé que "le préalable, c’est la condamnation sans retenue de la violence" pour "ensuite être capable d’écouter et de répondre à ceux qui manifestent".

Edwige Diaz, sénatrice et vice-présidente du RN, a assuré que le congrès de son parti à Orléans, où sont attendus 20 000 à 30 000 manifestants selon la préfecture du Loiret, "pourrait se tenir dans de très bonnes conditions" de sécurité. Louis Aliot, maire de Perpignan (RN), a assuré que "s'il y a de la casse" en marge du congrès, "c'est M. Faure, Mme Tondelier et tous les autres qui en porteront la responsabilité".