Le plan de bataille de Carrefour pour se remettre à niveau dans l'e-commerce

Le plan de bataille de Carrefour pour se remettre à niveau dans l'e-commerce Alexandre Bompard a présenté le plan stratégie 2022 du distributeur, qui investira 2,8 milliards d'euros en 5 ans dans le numérique. Au menu : site unique, drive et click & collect.

Carrefour a présenté ce 23 janvier son plan stratégique pour 2022 qui vise à lui faire prendre le virage digital. Il était plus que temps, ce que concède son PDG Alexandre Bompard : "Notre modèle se heurte aux innovations de plateformes mondiales et généralistes, ainsi qu'à des start-up qui facilitent la vie des consommateurs au quotidien. Notre groupe n'a pas suffisamment évolué avec ses clients". Exemple symbolique du retard pris, Carrefour ne détient que 10% du marché du drive, estimé à 5 milliards d'euros en France et détenu à 50% par le leader E.Leclerc. Pire, Carrefour ne pèse que 8% de part de marché dans l'e-commerce français. D'ici 2022, Alexandre Bompard vise les 20%. Pour se faire, le groupe investira 2,8 milliards d'euros en cinq ans dans le numérique. Soit 560 millions d'euros par an. C'est six fois plus que le budget actuel dédié. Voici comment l'ex-PDG de la Fnac compte procéder.

Les investissements marketing passeront de 8 à 50% dans le digital d'ici 2021

Avec près de 5 686 magasins dans l'Hexagone, un Français peut en moyenne trouver un Carrefour à moins de huit minutes de chez lui. "Ces points de vente sont autant d'atouts au service de notre stratégie digitale. Ils serviront de centres de préparation et de livraison, mais aussi aux retraits, aux retours et aux remboursements", promet Alexandre Bompard. En 2018, Carrefour ouvrira près de 170 nouveaux drives. Certains hypermarchés trop grands seront réduits de 100 000 mètres carrés. Ces espaces seront vendus ou utilisés pour préparer les commandes en ligne. D'ici 2019, la moitié des magasins permettront le retrait en click & collect.

Côté livraison, le distributeur a annoncé l'extension de Carrefour livraison express à dix nouvelles villes. Disponible dans quinze métropoles françaises fin 2018, ce dernier permet déjà de livrer dans cinq villes en moins d'une heure, au dernier kilomètre, en partenariat avec la Poste via son service Stuart. La livraison à domicile sera aussi étendue à 26 communes. 

Carrefour dans la blockchain

La galaxie en ligne de Carrefour est complexe. "Aujourd'hui, nous disposons de près de 8 sites et 14 applications. Nous allons refonder le tout en un site marchand unique par pays sous le pavillon Carrefour, pour l'alimentaire comme pour le non-alimentaire", annonce Alexandre Bompard. Le site Ooshop sera intégré et la marque disparaîtra. Cependant, certaines verticales demeureront comme Greenweez pour le bio. Rue du commerce et Topachat s’intégreront à Carrefour.fr mais resteront indépendants. Les investissements marketing passeront de 8 à 50% dans le digital d'ici 2021 afin de gagner en visibilité online et de passer d'une ère de "communication de masse par catalogue à une communication ciblée en ligne".

D'ici 2019, la moitié des magasins permettront le retrait en click & collect

Pour aller plus loin dans le digital, Carrefour mise sur la data. D'une part, le distributeur souhaite mieux connaître ses clients grâce au développement du paiement par mobile Carrefour Pay et grâce à une offre par abonnement. D'autre part, Carrefour misera sur le suivi des produits grâce aux données. "Nous sommes le seul distributeur français à utiliser la blockchain pour améliorer la traçabilité. Nous sommes en test sur la filière aviaire", explique Alexandre Bompard. Concrètement, la blockchain permet de retracer le parcours d'un poulet. De son élevage jusqu'à sa mise en rayon. Une technologie qui sera généralisée à terme à toutes les filières de Carrefour.

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