Yuka, Kwalito, ScanUp… Les nouveaux éclaireurs du "mieux consommer"

Yuka, Kwalito, ScanUp… Les nouveaux éclaireurs du "mieux consommer" Ces applications de transparence alimentaire informent le consommateur sur ses achats. Leur essor bouscule marques et distributeurs, qui essayent de reprendre la main.

Ces lasagnes sont-elles nocives pour moi ? Pour répondre à ce genre de questions et juger de la qualité d'un aliment, 8% des consommateurs utilisent désormais une application mobile de transparence alimentaire, selon une étude de Kantar Worldpanel publiée en septembre dernier. Yuka, Kwalito, ScanUp, Y'a quoi dedans, Scan Eat, Wiji… Ces apps scannent le code-barres d'un article puis avertissent de la présence d'additifs controversés, traduisent le nutriscore, valorisent le bio ou encore traquent le trop gras et le trop sucré. L'objectif : éclairer le consommateur perdu dans l'obscurité nutritionnelle.

Avec plus de 6 millions de téléchargements sur iOS et Android, Yuka domine ce marché. L'application surfe sur la défiance des consommateurs à l'égard des marques, inquiets des méfaits de l'agriculture extensive et ébranlés par des scandales alimentaires à répétition. "Notre nombre d'utilisateurs grandit de manière exponentielle. Avec zéro euro investi en marketing, le succès s'est construit via le bouche-à-oreille, les réseaux sociaux et les retombées médiatiques", se réjouit Julie Chapon, cofondatrice de Yuka. Une réussite telle que Système U a aussi lancé son appli en septembre 2018, nommée Y'a quoi dedans, téléchargée près de 200 000 fois le premier mois.

"Des marques engagées dans l'amélioration de leurs produits nous envoient directement les datas"

Aucune de ces applications n'aurait vu le jour sans la base de données Open Food Facts. Libre d'accès, cette dernière répertorie les informations légales de plus de 460 000 produits en France, du label aux logos en passant par la valeur nutritionnelle et les additifs. Cette base est majoritairement alimentée par des internautes bénévoles. "Mais depuis peu, des marques engagées dans l'amélioration de leurs produits nous envoient directement ces datas", explique Stéphane Gigandet, fondateur d'Open Food Facts. Par exemple, Sodebo et Fleury Michon. Les principaux distributeurs français ont aussi donné un accord de principe, soucieux de reprendre le contrôle avec des données à jour et d'éviter les imprécisions des bénévoles, confie Stéphane Gigandet. Open Food Facts dispose également d'une appli sur Android et IOS qui revendique 500 000 utilisateurs actifs chaque mois et reste un des plus sérieux challenger de Yuka.

Malgré leur réussite en termes d'usage, ces applications peinent encore à trouver la rentabilité. Toutes ont cependant à cœur de faire bouger le mammouth agroalimentaire, et parfois de l'intérieur. "Il faut travailler avec les industriels et la grande distribution pour changer les choses. A terme, l'un de nos objectifs est de co-créer des produits avec des cahiers des charges éthiques définis par nos utilisateurs", affirme Caroline Péchery, cofondatrice de l'application ScanUp, utilisée par plus de 60 000 personnes. Même son de cloche chez Kwalito, qui souhaite accompagner les marques vers l'éthique via des analyses statistiques anonymes issues de ses 150 000 utilisateurs.

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