Rumeurs autour du rachat de Netflix : Amazon ou Microsoft ?


Le loueur de DVD essaie de développer son activité de streaming vidéo. Ses 10 millions d'abonnés et ses bonnes relations avec Hollywood pourraient pousser un acteur majeur de l'e-business à l'y aider. Reste à savoir lequel.

Lundi, l'action de Netflix gagnait 5 %, suite à des rumeurs autour d'un possible rachat par Amazon de la société de location de DVD, l'une comme l'autre cherchant à développer leurs services de streaming vidéo. Pourtant, le prix de vente de Netflix devrait a priori être bien supérieur à sa capitalisation actuelle de 2,43 milliards de dollars. Autrement dit, un morceau des 35 milliards de dollars de valorisation d'Amazon. Se poserait de plus au site marchand un problème quasi-insoluble en matière de taxes : Netflix dispose de nombreux points de distribution dans différents états alors qu'Amazon évite soigneusement de payer les taxes d'état.

Plusieurs experts, à commencer par Kara Swisher du "Wall Street Journal", estiment par conséquent qu'un rachat de Netflix par Microsoft aurait plus de sens. Le partenariat passé il y a un an avec l'Xbox Live, qui permet aux utilisateurs de regarder films et séries sur leur console Xbox 360, serait un succès d'après les deux sociétés. Elles réfléchissent d'ailleurs ensemble depuis plusieurs semaines à des possibilités d'extension de ce partenariat, qui a donné à Netflix l'accès à 12 millions de possesseurs d'Xbox et à Microsoft une application très populaire.

Netflix dispose de bons liens avec les majors américaines, en particulier en raison de ses achats massifs de DVD. L'entreprise n'a par ailleurs jamais enregistré autant de nouveaux abonnés qu'en 2008. Enfin, elle est significativement profitable, en grande partie grâce à son activité de location de DVD envoyés par la poste. Autant d'atours susceptibles d'aiguiser l'appétit de géants de l'Internet cherchant toujours à renforcer leur présence dans la distribution de contenus.

D'autant que de son côté, le PDG et co-fondateur de Netflix, Reed Hastings - par ailleurs membre du conseil d'administration de Microsoft - prédit le déclin de l'activité DVD d'ici quatre ans. Raison pour laquelle sa société ne cesse de travailler à des partenariats avec les fabricants électroniques, de façon à rendre ses services accessibles depuis des téléviseurs. Toujours dans la même optique, Netflix cherche à rendre disponible en ligne davantage de contenus. La vidéo sur Internet étant encore loin d'avoir trouvé un business model viable, la société pourrait vouloir s'appuyer sur l'aide d'un acteur plus important, alors qu'Hollywood se montre très lent à accorder des droits de diffusion sur Internet.

Les consommateurs se dirigent en effet sans relâche vers la distribution en ligne : 20 % des clients de Netflix utilisent désormais son service de streaming, dont le catalogue ne comporte que 12 000 titres (dont peu de films récents), contre 100 000 titres disponibles à la location en DVD. Pour l'instant, les chaînes payantes, beaucoup plus puissantes, remportent ces droits de diffusion en ligne. Netflix aura sans doute besoin d'un puissant allié pour entrer dans la bataille.

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