Ce que l'économie et les entreprises françaises doivent aux télécoms

Suite aux annonces de (re)confinement national, des millions de salariés ont dû passer au télétravail du jour au lendemain. Les projecteurs se braquent sur les diverses applications de visioconférence qui, en permettant de " maintenir le lien ", apparaissent comme la condition de possibilité du travail à distance. Cette focalisation masque ce qui fondamentalement permet aux entreprises de continuer à fonctionner : les réseaux de télécommunication.

Pourtant, sans eux, pas d’Internet haut débit chez les particuliers, pas de 4G non plus, et pas plus d’applications métiers dans le cloud que de Zoom, Netflix, WhatsApp et autres services indispensables à nos vies connectées.

Cette spécificité française dont on ne parle jamais

A considérer les télécoms comme un marché de pure commodité, on en oublie que les opérateurs français investissent chaque année de l’ordre de 10 milliards d’euros pour renforcer les infrastructures qui soutiennent la croissance des usages numériques, tant chez les particuliers que dans les entreprises. Pour continuer à étendre leur réseau fibre optique ainsi que la couverture des réseaux mobiles, les opérateurs sont tenus à des investissements lourds qui ne sont rentabilisés qu’à très long terme. Les évolutions technologiques les obligent également à renouveler les équipements télécoms tous les 3 à 5 ans pour offrir toujours plus de bande passante tout en maîtrisant mieux les consommations énergétiques. 

Les investissements permettent aux Français de bénéficier non seulement de réseaux haut débit et très haut débit de qualité, mais aussi des tarifs fixes et mobiles les plus bas d’Europe et même des pays développés. En France, l’abonnement "triple-play" coûte 4,5 fois moins cher qu’aux États-Unis et le forfait mobile standard (50 Go ou +) 5,5 fois moins ! Malgré ces prix bas, le marché grand public représente, grâce au volume, 70% des revenus des opérateurs. C’est ce qui leur permet, d’une part, d’engager de nouveaux cycles d’investissement et, d’autre part, de rester présent sur le marché des entreprises avec des offres à débit garanti, elles aussi très compétitives et favorisant de ce fait la bascule vers des services hébergés dans le cloud. 

Un contexte favorable à l’adoption de services hébergés

La crise sanitaire du Covid-19 a agi comme un révélateur pour de nombreuses entreprises. Celles qui s’appuyaient jusque-là sur des infrastructures déployées sur site ont eu beaucoup plus de mal à s’adapter à la situation que celles qui avaient d’ores et déjà basculé leurs applications et outils métiers dans le cloud. En effet, les premières en étaient encore à chercher comment rendre les applications et les données accessibles à leurs collaborateurs distants, que les salariés des secondes étaient déjà au travail.

En d’autres temps, pour être aussi réactive, l’entreprise devait se doter de sites de secours aussi coûteux à mettre en place qu’à maintenir. Aujourd’hui, les services hébergés et l’omniprésence des réseaux lui donne la possibilité de reconfigurer son organisation tout au plus en quelques heures, en s’affranchissant des contraintes géographiques. Dans le contexte d’incertitude sanitaire actuel, se doter de cette capacité apparaît plus que jamais comme une nécessité tant pour la continuité d’activité de l’entreprise que pour sa résilience économique. Il va de soi qu’une entreprise qui peut – en toutes circonstances –continuer à servir ses clients et à vendre ses produits marque des points sur ses concurrents, protège les emplois de ses collaborateurs et continue à produire de la valeur.