Contre la pollution, Los Angeles investit massivement dans son métro

Avant les JO 2028, Los Angeles se réinvente (2/4) — La pollution de l’air frappe toujours Los Angeles. Pour améliorer sa qualité, le comté mise sur le développement des transports publics, avec des investissements inégalés pour le pays.

Avec ses 1 290 kilomètres carrés, ses 88 communes et plus de dix millions d’habitants, le comté de Los Angeles est le plus peuplé et le deuxième plus vaste des Etats-Unis. Au-delà des limites administratives, ce sont plus de 18 millions d’habitants qui vivent et se déplacent au sein de l’agglomération. Il est nécessaire de trouver des solutions de mobilité propres pour réduire la pollution atmosphérique.

Déjà en 1967, la ville de Los Angeles a subi une grave pollution de l’air. A la suite de cette situation, le gouvernement fédéral a permis à l’Etat de Californie de se doter d’une commission spéciale, le California air resources board (Carb). Elle est née de la fusion du Bureau of air sanitation et du California motor vehicle pollution control board. Dès lors, la Californie est autorisée à définir des règles plus strictes en matière de qualité de l’air en raison de la géographie, des conditions météorologiques et du nombre croissant de personnes et de véhicules.

Un demi-siècle plus tard, la pollution frappe toujours Los Angeles. Les sud-californiens se souviendront de l'été 2018 pour ses vagues de chaleur étouffantes, ses températures record et ses incendies dévastateurs. Toutefois, un autre événement ne devrait pas être oublié : la région a violé les normes fédérales sur le smog pendant 87 jours consécutifs ! En particulier, pour l’ozone, la norme de santé fédérale de 70 parties par milliard a été dépassée du 19 juin au 14 septembre 2018, dans le comté de Los Angeles. C’est la plus longue période de mauvais air depuis au moins vingt ans, selon les données de surveillance de l’Etat de Californie. Par conséquent, le comté de Los Angeles veut réduire l’usage de l’automobile et promouvoir les transports publics.

Premier métro en 1990

La première ligne du métro de Los Angeles a été inaugurée en 1990. En moins de trente ans, plus de 150 kilomètres, six lignes et 93 stations ont été construits ! A titre de comparaison, à Paris, ce sont actuellement 16 lignes et 220 kilomètres de rail qui sont disponibles. L’investissement en faveur des transports en commun, réalisé à Los Angeles, durant ces dernières décennies, est tout simplement prodigieux. Toutefois, des quartiers ne sont pas encore connectés, en particulier les plus accessibles financièrement, et ils ne permettent pas aux jeunes urbains de profiter des transports publics. Même l’aéroport international ne dispose pas encore de desserte en métro… Le comté de Los Angeles a donc décidé de doubler la taille de son réseau, avec 160 kilomètres nouveaux kilomètres de rails, pour la prochaine décennie.

Pour financer le développement des transports publics, en 2016, les habitants du comté de Los Angeles ont voté, à presque 70%, la "mesure M", qui autorise l’augmentation de la TVA d’un pourcent. Ce sont donc plus de 100 milliards d’euros qui vont tomber dans les caisses du comté pour financer les travaux. Les bus aussi bénéficieront de cette manne financière. Le Carb a approuvé l’objectif de voir tous les bus à zéro émission de CO2 (électriques et à hydrogène) d'ici 2040.

Uber et Lyft en complément

Au-delà des transports publics, les sociétés de voitures de tourisme avec chauffeur (VTC) comme Uber et Lyft représentent des solutions abordables pour se déplacer dans la métropole. Depuis octobre 2018, la filiale de Daimler, Moovel, a lancé un service de covoiturage à la demande, avec chauffeur, FlexLA, avec soutien du comté et de l’opérateur de transport public. Il est opéré par SMS Transportation. En fait, de nombreux travailleurs et résidents du centre-ville de Los Angeles ont peu de moyens de transport, en fin de soirée, lorsque le service de transport en commun est moins fréquent. Grâce à la technologie de Moovel, le service sera disponible le soir avec une application mobile en anglais et espagnol. Elle permet aux usagers de planifier et de payer leur voyage. Les covoitureurs sont pris en charge et déposés aux arrêts virtuels désignés et sûrs.

Enfin, plusieurs sociétés ont déployé massivement des trottinettes électriques à Los Angeles. Le maire de la ville, Eric Garcetti, s’est déclaré en faveur de cette nouvelle solution de mobilité car elle permet de supprimer des trajets en voiture. L'édile démocrate souhaite toutefois réguler leur utilisation.

En 2028, les visiteurs du monde entier pourront emprunter le deuxième réseau de métro des Etats-Unis (en taille, après celui de New-York). Il serait cependant bien plus efficient que celui de la Grosse pomme, dont le taux de ponctualité des rames est en chute libre, à environ 70%. Enfin, des VTC, des services de covoiturage et trottinettes et autres moyens de transport seront à la disposition de tous.

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