En un an, GoFundMe s'est fait un nom dans le crowdfunding français

En un an, GoFundMe s'est fait un nom dans le crowdfunding français La plateforme de financement participatif US dédiée aux projets sociaux a décidé de supprimer sa commission pour tous les donateurs français.

Ces dernières semaines, le Kasaï, cette province de la République démocratique du Congo, a fait l'objet de plusieurs reportages sur le site Konbini, accompagnés d'un appel aux dons sur la plateforme GoFundMe pour le compte d'Action contre la faim. En une vingtaine de jours, la campagne a récolté plus de 520 000 euros auprès de plus de 24 000 donateurs. Un joli succès pour ce projet et pour la plateforme américaine présente en France depuis un an.

GoFundMe, qui a déjà permis de collecter plus de 5 milliards de dons auprès de 50 millions de donateurs dans le monde en huit ans, a choisi l'Hexagone car "nous nous sommes aperçus qu'il y avait déjà beaucoup de donateurs français sur notre plateforme", indiquait alors au JDN David Hahn, son président  (qui a depuis quitté la société). L'exemple du Kasaï n'est pas un cas isolé. La campagne "Love Army for Rohingya", lancée en novembre dernier par l'influenceur Jérôme Jarre, fait partie des plus gros montants levés sur la plateforme, tous pays confondus. Elle a déjà permis de lever 2,2 millions de dollars auprès de 60 000 personnes répartis dans 115 pays.

"Nous enregistrons beaucoup de micro-dons, c'est-à-dire 5 euros"

Et parmi eux, beaucoup de jeunes, d'après la plateforme. "Cela montre que l'on peut être jeune, passer beaucoup de temps sur les réseaux sociaux et les utiliser pour des causes nobles, en se mobilisant pour des projets humanitaires à l'autre bout du monde", se félicite Pierre Valentin, France region manager de GoFundMe. Sur la version française du site, 40% des donateurs ont moins de 24 ans, 49% ont entre 25 et 54 ans. Ces statistiques nagent à contre-courant des campagnes de dons plus traditionnelles. D'après une étude réalisée par Kantar Public pour le compte du syndicat France Générosités, 12% des donateurs fidèles (qui représentent 92% de la collecte globale) sont âgés de 25 à 34 ans. Et ces derniers donnent davantage des petits montants. C'est aussi le cas sur GoFundMe France. "On a énormément de petits dons sur les grosses campagnes comme celles du Kasaï. Nous enregistrons aussi beaucoup de micro-dons, c'est-à-dire 5 euros", assure Pierre Valentin. C'est d'ailleurs le montant minimum pour faire un don sur la plateforme. Le montant moyen de dons en France n'est pas communiqué.

Suppression de la commission

GoFundMe assure que le nombre de campagnes créées depuis son lancement dans l'Hexagone est "satisfaisant" mais ne donne aucun chiffre. Lors de son passage en France en juin 2017, son président David Hahn déclarait au JDN avoir collecté plus de 1 million d'euros en cinq mois (via 50 000 dons), avant le lancement officiel de la plateforme. Pour tenir ce rythme, le bureau français a recruté deux collaborateurs (en plus des deux permanents) qui viennent en appui des grosses campagnes comme "Urgence Kasaï".  Quand la campagne a un retentissement international, le bureau français fait également appel aux équipes des différents pays où est implantée la société. GoFundMe compte actuellement six bureaux dans le monde, deux aux Etats-Unis et quatre en Europe (Berlin, Dublin, Londres et Paris).

Maintenant que la plateforme s'est fait un nom dans le milieu du crowdfunding français, elle a décidé de supprimer sa commission pour les donateurs. Celle-ci avait déjà été actée fin 2017 aux Etats-Unis et début 2018 au Royaume-Uni. Auparavant, 5% du montant donné était prélevé par la plateforme, à laquelle il fallait ajouter 2,9% du montant et 30 centimes pour les frais de transactions. Aujourd'hui, seuls les frais de transactions sont à régler. Les donateurs peuvent toutefois laisser un pourboire du montant qu'ils souhaitent à GoFundMe.  

"Aujourd'hui, on est suffisamment confiant pour se dire que les gens nous laisseront un pourboire"

 

La plateforme ne tire aucun autre revenu de son activité. "Avec ce changement de business model, on est 100% en phase avec notre ADN", estime Pierre Valentin. Pourquoi ne pas avoir supprimé plus tôt la commission ? "Il fallait qu'on fasse nos preuves en France. Il y a encore quelques mois, personne ne nous connaissait ni ne nous faisait confiance. Si on avait tout de suite mis le pourboire, personne ne l'aurait fait. Aujourd'hui, on est suffisamment confiant pour se dire que les gens nous laisseront un pourboire." D'après GoFundMe, le passage au pourboire a très bien marché aux Etats-Unis mais aucune donnée ne le confirme.

GoFundMe France espère maintenant multiplier les projets avec les médias. "De plus en plus de médias vont au-delà de leur métier et font des actions pour aider des populations. Ce qui s'est passé avec Konbini a été une super expérience. Mais évidemment, il reste encore beaucoup à faire", conclut le dirigeant.s

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