Sten Saar (Zego) "Nous allons monter un bureau en France"

L'assurtech britannique, qui cible les plateformes de livraison et de mobilités, vient d'arriver dans l'Hexagone avec les trottinettes Dott. Son cofondateur en dit plus sur ses ambitions.

Sten Saar, cofondateur de Zego. © Zego

JDN. Pouvez-vous présenter Zego ? 

Sten Saar. Nous existons depuis tout juste trois ans. Nous avons eu l'idée de Zego quand l'autre cofondateur Harry et moi-même travaillions chez Deliveroo. A l'époque, le problème principal de Deliveroo était le manque de livreurs et l'une des raisons de cela était l'assurance de son vélo. Pour travailler chez Deliveroo au Royaume-Uni, un livreur devait avoir une assurance avant même de passer un entretien. Or, une assurance de vélo à titre personnel s'élève environ à 300-400 euros au Royaume-Uni et à titre professionnel c'est trois fois plus cher. On a donc pensé à faire une assurance à la demande. Quand vous travaillez, vous payez une assurance, et quand vous ne travaillez pas, vous ne la payez pas. Nous avons créé l'entreprise en trois mois et demi, trouvé un partenaire assureur et obtenu un agrément de courtier. On a commencé à être contacté par de plus en plus de livreurs mais aussi des chauffeurs de VTC. Puis nous avons signé des partenariats avec plusieurs plateformes comme Uber, Deliveroo, Uber Eats ou encore Quiqup (livraison à la demande, ndlr).

Quels types d'assurance proposez-vous ?

Nous proposons des assurances à titre individuel pour les chauffeurs de VTC, les livreurs à vélo ou en voiture et les détenteurs de trottinettes (pour un usage personnel, ndlr). A ce jour, nous avons assuré 42 000 clients pour un total de 81 millions d'heures. Nous estimons assurer un tiers du marché de la livraison de repas au Royaume-Uni. Au début de l'année, nous avons lancé des produits pour les flottes de véhicules dont les trottinettes électriques comme Lime, Bird ou Dott. Les différentes réglementations en Europe ne requièrent pas forcément une assurance pour ces véhicules mais de nombreux utilisateurs veulent que les opérateurs proposent des services responsables et sécurisés donc assurés. Nous réfléchissons à nous adresser à d'autres types de mobilités comme l'autopartage et les vélos en libre-service.

Qui porte le risque ? 

Nous sommes un courtier, donc c'est un assureur qui porte le risque. Nous travaillons avec cinq assureurs en Europe. Un assureur est derrière le produit pour les trottinettes électriques, un autre est derrière le produit pour les voitures… Nous avons conçu et tarifé les produits nous-mêmes. Nous travaillons avec tous ceux qui nous permettent de proposer des produits qui répondent aux besoins de nos clients. 

Comment établissez-vous les prix vos produits étant donné que toutes ces plateformes sont encore jeunes ? 

Nous nous connectons aux plateformes afin de récupérer les données d'utilisation du véhicule. Contrairement à un contrat annuel, on peut très rapidement développer un scoring précis puisqu'on peut voir les déplacements de nos utilisateurs minute par minute. Nous ne proposons pas de prix fixe car tout dépend du véhicule, du pays, le type de couverture… Les modèles d'assurance sont très complexes.

Pour l'assurance de flottes de trottinettes électriques, les données sont encore plus récentes…

Comme pour les autres véhicules, nous analysons les données d'utilisation des trottinettes fournies par les opérateurs. Je ne peux pas vous donner la tarification exacte car c'est confidentiel. 

Dans combien de pays êtes-vous présents ? 

Dans cinq pays : le Royaume-Uni, l'Irlande, l'Espagne, et depuis peu la France et la Belgique. Nous avons de grandes ambitions de nous étendre en Europe. Nous annoncerons prochainement de nouveaux pays. 

Vous avez annoncé début juillet votre lancement en France et en Belgique avec l'opérateur de trottinettes Dott. Pourquoi misez-vous sur cet acteur sachant que la mairie de Paris va lancer un appel d'offres pour limiter à trois le nombre d'opérateurs dans la ville ? 

"La France sera un de nos plus gros marchés en Europe"

Dott est une entreprise qui priorise vraiment la sécurité de ses utilisateurs et qui veut légitimer l'industrie des micro-mobilités. Nous voulons soutenir toute entreprise qui a ces valeurs. Si un autre opérateur veut marcher dans les mêmes pas que Dott, nous serons ravis de travailler avec lui. Nous discutons avec d'autres opérateurs de trottinettes électriques en France. Le marché de la trottinette électrique a beaucoup évolué ces dernières années. Ce n'est plus un gadget mais un moyen de se déplacer d'un point A à un point B. J'aimerais que tous ces opérateurs travaillent avec le gouvernement français afin de permettre à ces véhicules de devenir la nouvelle norme dans la ville. 

Avec quel assureur français travaillez-vous ? 

La Parisienne Assurances. Nous l'avons choisi car elle s'intéresse aux nouveaux usages  de la mobilité. Si elle continue à proposer des produits dans ce secteur, nous continuerons à travailler avec elle. 

Quelles sont vos ambitions sur le marché français ? 

C'est un pays qui nous intéresse beaucoup et dans lequel nous avons toujours voulu aller. C'est un très gros marché en termes de population et un pays très moderne en termes de nouvelles mobilités. La France sera un de nos plus gros marchés en Europe. Nous allons investir beaucoup de ressources en France pour créer un bureau et monter une équipe. Nous avons déjà quelques français qui travaillent sur ce marché depuis Londres. Nous sommes en train de recruter, certains sont déjà confirmés mais je ne peux pas vous dire combien. Nous discutons avec une dizaine d'entreprises en France. Je ne peux pas vous dire le nom mais je peux vous assurer qu'il y aura prochainement des annonces.

Vous avez levé 42 millions de dollars en juin dernier. A quoi vont-ils vous servir mis à part investir en France ?

Nous allons doubler l'équipe et recruter des ingénieurs, data scientists, commerciaux et des opérations. Cela nous permettra de soutenir notre croissance. Depuis un an, nous enregistrons une croissance de 900% en revenus, ce qui fait que nous doublons chaque trimestre. Nous voulons être dans plus de dix pays dans un futur proche. Nous allons lancer de nouveaux produits dans les mois à venir, y compris en France.

Sten Saar a cofondé l'assurtech Zego en 2016. Auparavant il était directeur des opérations chez Deliveroo au Royaume-Uni. De 2012 à 2015, il occupait le poste de responsable des opérations chez Onefinstay (qui appartient depuis 2016 au groupe Accor), site de locations de maisons et villas. 

Et aussi :

"Nous allons monter un bureau en France"
"Nous allons monter un bureau en France"

Sten Saar, cofondateur de Zego. © Zego JDN . Pouvez-vous présenter Zego ?  Sten Saar . Nous existons depuis tout juste trois ans. Nous avons eu l'idée de Zego quand l'autre cofondateur Harry et moi-même travaillions chez Deliveroo. A...