Ces milliers de thermostats obligatoires vont devenir inutilisables, il faudra les remplacer pour respecter une nouvelle loi

Ces milliers de thermostats obligatoires vont devenir inutilisables, il faudra les remplacer pour respecter une nouvelle loi

Pour régler la température de vos radiateurs, vous ne pourrez plus utiliser ces thermostats connectés. L'entreprise a annoncé sa liquidation.

C'était en 2019. Cette année-là, l'entreprise suisse Tiko, spécialisée dans le pilotage du chauffage électrique, est rachetée par le groupe Engie. Présentée alors comme une "entreprise pionnière", la société promettait d'aider les particuliers à mieux contrôler leur consommation énergétique.

Six ans plus tard, à l'automne 2025, l'aventure s'arrête brutalement. Tiko cesse son activité et met la clé sous la porte. Conséquence immédiate : des milliers de foyers équipés gratuitement de ses thermostats connectés doivent désormais organiser la désinstallation des dispositifs présents dans leur logement.

Que doivent faire les clients concernés ? Rien ou presque, assure Tiko au JDN. "Le client est automatiquement informé par email et doit contacter le service client pour programmer le rendez-vous de désinstallation. S'il ne le fait pas, le service client le contacte par téléphone pour planifier le rendez-vous", détaille l'entreprise. Cette désinstallation est gratuite.

Une fermeture qui a lieu alors que le gouvernement souhaite généraliser l'usage des thermostats programmables. Objectif : améliorer l'efficacité énergétique des habitations et limiter les dépenses liées au chauffage. L'installation de thermostats programmables, lorsqu'elle est techniquement ou économiquement réalisable, sera même obligatoire au 1er janvier 2030 pour les logements anciens et dès 2027 pour les constructions neuves.

Afin d'accélérer l'adoption de ces équipements, l'État avait même instauré une aide financière accessible sans condition de revenus. Cette subvention pouvait atteindre plusieurs centaines d'euros pour l'installation d'un thermostat connecté. Une aide qui a pris fin en 2024 après la découverte de nombreux abus et irrégularités.

Pour les clients de Tiko, la situation est désormais délicate. Ceux qui avaient installé ces thermostats connectés doivent désormais repartir de zéro. Les équipements ne seront pas remplacés, puisque l'entreprise cesse définitivement ses activités, confie Tiko au JDN. Selon les informations communiquées par l'entreprise au JDN, environ 22 000 clients sont concernés par l'arrêt du service.

Les mauvaises nouvelles ne venant jamais seules, les équipements de Tiko font également l'objet d'une vague de rappels. Le 12 décembre 2025, un rappel produit a été lancé concernant trois thermostats connectés Tiko, les modèles D-Box, D-Box Plus et D-Box simple, pour risque d'incendie.

En attendant la désinstallation, Tiko affirme au JDN que "l'utilisation des thermostats connectés n'expose pas à un risque supplémentaire". Un service d'astreinte reste disponible 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7.

Pourquoi Tiko avait attiré le géant Engie ? En un mot : l'automatisation. Concrètement, un boîtier relié aux appareils de chauffage analysait la consommation et ajustait la température en fonction des besoins du foyer et des périodes de forte demande sur le réseau électrique. Cette technologie permettait non seulement de réduire la facture d'électricité des particuliers, mais aussi d'équilibrer la consommation d'énergie à grande échelle. En agrégeant des milliers d'appareils connectés, Tiko pouvait réduire temporairement la puissance de certains chauffages afin de soulager le réseau lors des pics de consommation.

Les raisons précises de la fermeture restent floues. Engie évoque des difficultés réglementaires. Au média spécialisé Energate Messenger, Stefan Dörig, responsable de la réglementation et des affaires publiques de l'entreprise, explique que selon ses calculs, Tiko aurait pu atteindre la rentabilité dans deux à trois ans. "Je suis convaincu que nous y serions arrivés si on nous avait laissé ce temps", regrette-t-il dans cet entretien.