Volkswagen acte la suppression de 100 000 postes dans le monde d'ici 2030

Volkswagen acte la suppression de 100 000 postes dans le monde d'ici 2030 Le constructeur allemand engage une restructuration historique, supprimant 15% de ses effectifs mondiaux pour s'adapter à la mutation du secteur automobile.

Le conseil de surveillance de Volkswagen a approuvé jeudi à l'unanimité un plan de restructuration historique, portant les suppressions d'emploi dans les cinq ans à un total record de 100 000 postes, soit environ 15% des effectifs mondiaux du groupe aux dix marques (VW, Audi, Porsche, Seat, Skoda...). Cette décision s'inscrit dans le cadre du "Plan d'avenir 2030".

Un plan d’une ampleur inédite

Le plan, baptisé "Plan d’avenir 2030", prévoit la suppression d’environ 50 000 postes supplémentaires dans le monde d’ici la fin de la décennie, en plus des 50 000 déjà décidés en Allemagne depuis 2024 principalement sur VW. Volkswagen justifie sa décision par "une pression concurrentielle croissante".

La surcapacité de production de Volkswagen en Europe est estimée à 500 000 véhicules. Il a été constaté qu’"aucune charge de production ultérieure compétitive" ne pouvait actuellement être garantie pour quatre usines allemandes, à Emden, Zwickau, Hanovre et Neckarsulm, entre 2031 et 2034. Pour ces sites menacés, Volkswagen n’a toutefois pas franchi l’étape politiquement explosive d’une fermeture. Des possibilités d’utilisation alternatives sont examinées, et le groupe veut élaborer d’ici mi-2027 une nouvelle organisation industrielle pour ses usines européennes.

La restructuration a été précédée de près de deux ans de discussions tendues entre la direction et les représentants du personnel. "Nous avons lutté avec acharnement pour obtenir de bonnes solutions dans cette situation de crise", a déclaré Christiane Benner, présidente du syndicat IG Metall et vice-présidente du conseil de surveillance, dans le communiqué. Daniela Cavallo, présidente du comité d’entreprise du groupe, a salué un projet destiné à préparer l’avenir de Volkswagen "sans que les mesures ne se fassent unilatéralement au détriment des salariés".

Les représentants du personnel bénéficient, via la cogestion, d'un poids déterminant au conseil de surveillance, notamment sur les questions touchant aux sites industriels. Le Land de Basse-Saxe détient 20% des droits de vote et dispose d'une minorité de blocage sur les décisions stratégiques. Le système de cogestion chez Volkswagen, souvent critiqué pour sa lourdeur et parfois assimilé à celui d'une "entreprise d'Etat" par des observateurs, a longtemps limité la capacité du constructeur à mener des restructurations rapides.

Au-delà de la réduction des effectifs, le plan vise une refonte en profondeur du constructeur, avec une réduction de moitié de la gamme de modèles d’ici 2035 et une diminution de 75% de la complexité de son offre. Volkswagen vise une marge opérationnelle de 9% en 2030, contre à peine 3% en 2025. Le groupe prévoit 135 milliards d’euros d’investissements dans les usines, la recherche et le développement entre 2027 et 2031. Volkswagen prévoit par ailleurs de "simplifier sa gouvernance".

A l’international, les activités nord-américaines seront recentrées sur les segments les plus rentables, tandis qu’en Chine, le groupe adaptera sa stratégie à un marché dont la croissance ralentit et renforcera ses exportations vers les pays du "Sud global".

Cette annonce survient trois jours avant un scrutin régional très attendu en Saxe-Anhalt (est), où l’extrême droite pourrait obtenir la majorité absolue et gouverner le Land, ce qui serait une première dans l’Allemagne d’après-guerre.