Trois collectivités et un dessein : convertir la région nantaise à l'open data

Trois collectivités et un dessein : convertir la région nantaise à l'open data Nantes Métropole, le département Loire-Atlantique et la région Pays de La Loire veulent faire profiter les petites communes de leur portail de données commun pour les aider à respecter la loi.

Depuis le 7 octobre, l'open data par défaut fait loi. Pourtant, à peine 400 des 4 000 communes concernées respectent la réglementation sur les données ouvertes, votée en 2016 et entrée en application deux ans plus tard. Parmi ces 90% de mauvais élèves, beaucoup de petites communes (la loi descend jusqu'à des collectivités de 3 500 habitants) qui ne savent pas comment s'y prendre, voire ne sont pas au courant de leurs obligations légales.

Comme de nombreuses grandes collectivités, la métropole nantaise, le département Loire-Atlantique et la région Pays de la Loire essaient d'aider ces villes à se mettre en conformité avec la loi. Mais pour y parvenir, elles possèdent un avantage dont peu d'autres territoires peuvent se prévaloir : une stratégie de mutualisation de l'open data entre métropole, département et région. Une première en France

Portail 3 en 1

Reconnue comme l'une des villes pionnières des données ouvertes en France avec Rennes, la métropole nantaise a entamé sa démarche open data en 2011. Rapidement, elle a monté une convention avec son département, puis avec sa région. Les trois collectivités ont effectué un travail de standardisation et d'agrégation. Un portail commun est ouvert depuis 2012. Chacune des collectivités peut le présenter comme le sien sur son propre espace en ligne, mais les usagers profitent en réalité d'une base de données commune. Et pour les entreprises qui souhaiteraient mettre à profit ces données ouvertes, nul besoin d'aller chercher les informations sur trois portails différents, dans des formats variables, en se connectant à trois API, comme c'est le cas sur d'autres territoires.

Afin de se préparer aux nouvelles exigences de la loi, les trois collectivités ont dépoussiéré leur infrastructure open data. Les trois collectivités ont terminé en juin dernier leur migration chez OpenDataSoft, très populaire parmi les collectivités françaises. "L'une des principales raisons de ce renouvellement était de nous donner les moyens d'accompagner les communes de nos territoires dans leur démarche open data", explique Gérard Le Berre, responsable du management de la donnée chez Nantes Métropole.

Chacun s'occupe de ses petits : la métropole des communes qui la composent, le département des intercommunalités et la région des quatre autres départements

Le trio s'est en effet lancé dans un vaste projet visant à mailler en open data tous les territoires  concernés par la loi et qui dépendent d'elles en leur faisant profiter gratuitement de leurs efforts de mutualisation. Chacun s'occupe de ses petits : la métropole des petites communes qui la composent, le département des intercommunalités (EPCI), et la région des quatre autres départements qu'elle englobe. Concrètement, les nouveaux venus peuvent verser leurs données dans la base mutualisée et créer, s'ils le souhaitent, leur propre portail open data à destination de leurs administrés. Ce dernier regroupera leurs données ainsi que celles de tous les autres territoires.

L'avantage est évident pour les collectivités comme pour les réutilisateurs de données : les petites collectivités ont peu de données à leur échelle, ou bien celles-ci ne sont pas pertinentes individuellement, par exemple dans le cas d'une ligne de transport traversant plusieurs villes. Elles ont donc tout intérêt à se fondre dans un ensemble plus grand. Ainsi, le département Loire-Atlantique a signé fin octobre une convention avec communauté de communes du pays d'Ancenis, qui a choisi de simplement verser les données de la vingtaine de communes qui la compose sans créer de portail. De leur côté, les agglo de Saint-Nazaire et celle de la Presqu'île de Guérande disposent bien de leurs propres portails depuis septembre.  Autres exemples au niveau de la région: La Roche-sur-Yon a versé ses données  et créé son portail, tandis qu'Angers Loire Métropole discute de la signature d'une convention pour rajouter sa vaste base open data. De là à réussir à faire respecter la loi par l'ensemble des territoires, il y a un monde. Mais la mutualisation rend la mission moins impossible qu'ailleurs.

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